338 VOYAGESDES ANGLOIS AUX
Cçoungzsa- amis, pour s'en rendre maitres,& pour séloigner dans l'obſcurité. Le Com-
LAND. te, occupé d'un objet plus important, négligea de les pourſuivre.]
1589. IIr ne penſoit point à ſe préſenter aux Eſpagnols, dont ſes propres yeux gmni avoient appris les forces(); car de leurs vingt voiles, huit étoientdes Vaiſſeaux de guerre, qui ſervoient d'eſcorte à douze Galions richement
Ruſe des An- chargés.] Mais ayant recours à l'artifice, il envoya une Pinaſſe ſur la Cõtede Tercère, avec ordre de ſe tenir cachée au long du rivage,& de le re-joindre promptement au départ de la Flotte, La Pinaſſe revint quelques joursaprès. Elle avoit vü les Eſpagnols plier leurs voiles,& baiſſer leurs màts;
ce qui lui avoit fait conclure que ſur les informations qu'ils avoient regues à
Tercêre, ils ne vouloient point s'expoſer à la rencontre des Anglois,&
qu'ils étoient réſolus de ſe tenir à couvert dans le Port d-Angra. Cet avis fit
Iever Pancre au Comte, pour continuer ſes courſes.
LE nombre des Priſonniers, joint à celui de ſes propres gens le mettant ſou-vent dans la néceſſité de renouveller ſes proviſions, il ſe rendit à la Baye deSaint-Micbel, où il comptoit de ſe procurer de l'eau& des vivres. II n'yfut pas mieux regu que dans celle de Villa-Franca, o0uù il ſe préſenta ſucces-fivement. Mais il trouva dans celle-ci trois Batimens Ecoſſois, auſquels ilenleva cinq ou ſix tonneaux de vin,& quelques barils d'eau. Ce ſecoursétoit fort Gloigné de lui fuffire. Il envoya une barque longue au rivage,vers'embouchure d'un torrent qui ſe déchargeoit dans la Baye; mais les Ha-bitans s'y firent voir au nombre d'environ deux cens,& les Anglois de laBarque, après avoir inutilement épuifé leur poudre, revinrent ſans avoir ofédeſecendre. Toutes les autres parties de la Côte, ne paroiſſant pas plus fu-res, le Comte fit tourner les voiles vers Sainte-Marie, ouù il étoit informéqu'on étoit moins capable de lui réſiſter,& prit la réſolution de retournerde-là vers les Côtes d'-Eſpagne.
LEs Capitaines Liſter& Preſten, furent envoyés dans une Pinaſſe,&dans la Chaloupe de la Victoire, avec cinquante ou ſoixante Soldats pour de-mander honnétement aux Infulaires la permiſſion de prendre de'eau& d'a-
Attaque qui cheter des vivres. Mais le deſir du pillage, qui animoit tous ces Avantu-
veutmal aux riers, leur fit oublier leur commiſſion à la vüge de deux Vaiſſeaux qu'ils ap-
AMhaben pergurent à vancre fort près de la Ville(b). IIs ſentirent redoubler leur ar-deur en voyant pluſieurs perſonnes nues, qui travailloient à tirer ces deuxBatimens à ſec,& Pagitation de quantité d'autres habitans, qui ſembloientſe préparer à ſe défendre. Liſter, ne doutant point qu'on ne le regt fortmal, rompit auffi-tôt toutes meſures. Il donna ordre à ſes trompettes de ſon-ner TYattaque,& les Anglois des deux Baàtimens firent bruſquement leur dé-charge(i). La maniére dont on leur répondit, fit connoitre aux deux Capi-
tainesparler de ce Bätiment, juſqu'à ſon retour en(b) LOriginal dit ſimplement que les An-Angleterre, oùu ce même Vaiſſeau étoit arrivé glois, fatigués à force de ramer, s'approchè-heureuſement. K. d. E. rent de ces Vaiſſeaux qu'ils virent à Pancre.
50 L’'Original dit que le Comte ayant ré-(i) Angl. il commanda à ſes Trompettesflechi ſur la force du poſte qu'occupoit᷑ la ffotte de ſonner,& défendit à ſes gens de tirer juf-Eſpagnole,& ayant fait inutilement diverſes qu'à ce qu'il en eut donné l'ordre; mais quel-rentatives pour l'obliger àl'abandonner, prit le ques-uns, qui n'avoient peut-être pas entenduparti d'envoyer la Pinaſſe, avec ordre de le ce qu'il avoft dit firent une decharge de leursrejoindre dés que les Eſpagnols paroitroient Arquebuſes, dès qu'ils entendirent le bruit desvouloir prendre le large. R. d. E. Trompettes. R. d. E.