INDES ORIENTALES, Lrv. H. CHxr. XII. 339
taines qu'ils étoient attendus. IIs eurent deux hommes de tués,& ſeize bleſt Cuwnen
ſés de ce premier feu; ce qui ne les empescha point de monter comme au- Laxo.
rant de furieux ſur les deux Vaiſſeaux,& d'en chaſſer quelques Eſpagnols 15 89.
qui gagnéerent la terre à la nage. Ils comptoient d'emmener ces deux priſes,
malgré les coups qui tomboient ſur eux de toutes parts. Mais un des Vaiſ-
ſeaux ſe trouvoit déja ſi engagé dans le ſable, qu'ils furent ohligés de l'aban-
donner. IIs ſe retirérent avee l'autre& leurs propres Bàtimens, ſur leſquelsils continuérent d'eſſüyer une gréle de bales,[qui leur tuérent encore huithommes;]& dans leur retraite méme, ils regurent, de la batterie de la Vil-le, un baulet qui perga leur priſe. Ce Vaiſſeau étoit arrivé nouvellement duBréſil, avec ſa cargaiſon de ſucre.—
&Æ I[LE Comte reconnut, à cette vigoureuſe défenſe„ qu il avoit été trompspar ſes informations.] Cependant le beſoin d'eau ſe falloit ſentir particuliére- 8ment fur ſon propre bord. II reſolut de s'approcher, pendant la nuit, de l'lſe Ala revolec.
Ple de Saint-Georges,[ou la pauvrgté des habitans ne devoit pas faire ſoup-gonner qu'il penfaàt au pillage JIX& d'aborder, avec ſa Chaloupe, deès la poin-te du jour, avant qu'ils fuſſent préparés à le recevoir. Cette ruſe() lui-réuſſit pour ſix tonnes d'eau; mais les habitans, qui n'étoient pas moins foup-çonneux ni moins armés, pour 6tre pauvres, furent bien-tôt raſſemblés, aupremier bruit d'une deſcente fur leurs Cõotes;& les Anglois de la Chaloupene ſe ſauverent qu'avec peine. Toutes ces difficultés ſe joignant avec le de-ſir qu'ils avoient de retourner dans leur Patrie, ils commencérent à ſe plain-
FRdre du Comte,[dont l'avidité ne ſe propoſoit pas de bornes,&] qui neleur faiſoit chercher de l'eau avec tant de riſques, que pour les engager dans
X de nouvelles fatigues ſur les Cêtes d'-Eſpagne.[N'étoit-il pas tems de tirerquelque fruit des richeſſes qu'on avoit amaſſées,& d'aller prendre un peu derepos dans les plaiſirs de l'Angleterre? Le Comte de Cumberland ſentit l'effetde ces murmures par la réſiſtance qu'il trouva bien-tòôt à ſes ordres. En vain Le Comte depreſſa-t'il les mêmes Soldats de retourner, pendant la nuit, au ruiſſeau qu'ils EE“devoient connoitre,& dont il n'y avoit pas d'apparence que les bords fuſ- qans leur de-ſent gardés dans les ténébres. II s en trouva d'aſſez hardis pour lui répon- voir.dre, qu'on avoit aſſez d'eau juſqu'en Angleterre.] Dans la réſolution où il é-toit de n'y pas retourner ſi-tôt, il ne trouva point d'autre reméde à ces com-mencemens de fédition, que d'aſſembler tous les Officiers de la Flotte,&
de leur propoſer ſon deſſein.[(II feignit de les conſulter; mais il donna tantde force à ſes exhortations& à ſes motifs, que les ayant fait entrer danstoutes ſes idées, il ne reſta plus qu'à trouver le moyen de ſuppléer au dé-faut des proviſions.] Comme il n'y avoit point d'eſpérance de forcer les Iſlesà la vüe de la Flotte Eſpagnole,& que ſa nouvelle courſe ne devoit pas êtred'une longueur infinie, il demanda le conſentement de l'Afſemblée pour ré- Aquolle be-quire tout le monde à la moitié de la ſubſiſtance ordinaire, n'exceptant que ſoin 8—
Fles malades,[& promettant de donner'exemple.] Perſonne n'ayant ofé le*0unr.contredire, le réfultat du conſeil fut auſſi-têt publié ſur toute la Flotte. Onſe détermina, le 31, à renvoyer en Angleterre le Mog, auquel il hg2g
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(†) Hl weſt point de parlé de cette ruſe dans habitans la permiſſion de ſe pourvoir d'Eau.''Original, qui dit que le Comte envoya la Pinaſ- R. d. E.ſe avec unc longue barque, pour demander auxVV 2