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Tome premier.
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371
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INDES ORIENTALES, Lrv. II. CMAr. XVI. 271

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LàA mer étant devenue plus tranquille, Lancaſter continua ſa navigation auNord-Eſt,& tomba quelques jours après à extrémité Nord-Oueſt de P'IfleSaint-Laurent. II ne s'en croyoit point ſi proche,& ce fut par hazard qu'unde ſes gens découvrit pendant la nuit à la clarté de la Lune, une blancheurextraordinaire, qu'on reconnut bientôt pour l'écume des vagues qui ſe bri-ſoient contre les rochers de l'Ifle. On gévita heureuſement le danger dansune mer encore ignorée des Anglois. On paſſa de même près de Mozambi-quc ſans s'en étre appergu,& l'on alla tomber deux licués au deſſus dansun Baye nommée Quitangone, où Fon prit trois ou quatre barques du Pays,qui s'appellent Pangaies. Elles étoient chargées de millet, de poules, de ca-nards;& les Négres avoient parmi eux un jeune Portugais, qui conduiſoitcette proviſion à Mozambique. Lancaſter profita de cette rencontre commed'une faveur du Ciel,& remettant à la voile aufſi-tôt, il ne fut pas long-temsà gagner l'Ifle de Comore, qui eſt à cent lieués de la même Baye, au Nord-Eſt de Mozambique. II y fut regu par un grand nombre de Mores,& l'Iſlelui parut extrémement peuplée. Seize hommes qu’'il y envoya dans ſa Cha-loupe, obtinrent tranquillement la libercé de prendre de l'eau. Le Roi del'Ifle lui fit demander celle de ſe rendre ſur ſon bord. II y vint, accompa-gné de pluſieurs Mores d'une belle taille,& vêtu d'une robe de fatin cra-moiſi. Les Anglois le traitérent civilement;& le jeune Portugais qu'ils a-voient pris leur ſervant d'interpréte, ils eurent avec lui une longue confé-rence fur'état de ſon Pays,& ſur la nature de ſes marchandiſes. Mais cesapparences d'amitié couvroient un noir deſſein de la part des Mores. UnOccier Anglois nommé Mace, prenant confiance aux offres du Roi, deſ-cendit au rivage avec trente hommes, contre le ſentiment de Lancaſter. Apeine eut-il fait-cent pas ſur la terre; qu'une troupe de Barbares fondantſur eux avec toutes fortes d'armes, les tuérent à la vüe du Vaiſſeau, d'oùPl'on ne pouvoit leur donner aucun ſecours,[& ſous les yeux mêmes du Roi

qui ſembloit n'étre retourné à terre, que pour autoriſer cette perfidie par

ſa préſence.]

LEs Anglois partirent, avec la douleur de ne pouvoir ſe venger d'un ſicruel outrage, mais bien inſtruits de la défiance qu'ils devoient garder ſansceſſe avec les Mores. Ils prirent le 7 de Septembre vers Zanzibar; ou ils ar-rivèrent bien-têôt, avec la précaution de reſacher à quelque diſtance du Port.Ils avoient perdu leur Chaloupe à Comore. Quelques planches qu'ils avoientfur le Vaiſſeau, ſervirent à réparer cette perte. Le Port de Zanzibar nepréſentant rien qui fùt capable de les effrayer, ils croiſèrent ſur cette Còtependant plus d'un mois, en donnant la chaſſe à toutes les Barques ou les Pan-gaies qu'ils pouvoient découvrir. IIs ſe trouvêrent ainſi dans Tabondance detoutes ſortes de proviſions, ſans s'expoſer au riſque de les chercher dans l'in-térieur du Pays. Mais ils virent un jour ſortir du Port une Barque Portugai-ſe, de laquelle il ſe détacha un More dans un Canot, avec une lettre pourle Capitaine Anglois. Elle venoit de quelques Portugais qui avoient un petitcomptoir dans cette Ville. Ils demandoient de quelle Nation étoit le Vaiſ-ſeau qui s'arrétoit ſi prês d'eux, ſans leur donner aucun avis de ſon arrivée,& quelles étoient ſes intentions. Lancaſter répondit qu'il étoit Anglois, amide leur Roi Dom Antoine,& chargé de ſa part d'une commiſſion dans lesIndes. La Barque rentra dans le Port, après cette réponſe,& l'on n'en re-

Aaa 2 Fut

LXNCASTRR

continue ſivigation.

Iſle de Comore.

Douleur desAnglois.

IIs croiſentaux environsde Zanzibar.