LANCASTER.1591.
Ilſe lient avecle Roi& laNation.
Situation duPort de Zan-
Jalonſie desPortugais
vovYvAGEISDISANULODIS Aux
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gut point d'autre explication. Quelques jours après, on ſe faiſit d'une Pan-gaie chargée de Mores, qui accompagnoient un de leurs Prêtres(b). Lancaſterle traita civilement. Cette conduite fut ſi agréable au Roi de la Nation, qu'ilfit offrir aux Anglois des témoignages de ſa reconnoiſſance. Ils acceptèrentdes vivres pour deux mois; mais ils prirent le parti, dans cet intervalle, degarder le Prêtre à bord, en continuant de lui faire les mêmes careſſes. LesMores, qu'’'ils virent alors plus familiérement, leur racontèrent que les Por-tugais du Comptoir n'avoient rien épargné pour leur inſpirer d'affreuſes idéesde la Nation Angloiſe. IIs avoient repréſenté l'Equipage du Vaiſſeau com-me une troupe de monſtres qui ne ſe nourriſſoient que de chair humaine,&qui s'étoient approchés de la Cêote pour dévorer les Habitans. Lancaſter com-prit que n'ayant rien à craindre de lui dans la Ville, ils vouloient ſeulementlui öter le moyen de s'informer de leur commerce.
LE Port de Zanzibar peut recevoir des Bâätimens de cinq cens tonneaux,& les mettre à couvert de toutes ſortes de dangers. Il ſe trouve d'excellen-te eau ſur la Côte, avec une grande abondance de beſtiaux, de volailles,de poiſſon& de fruits. LAuteur recommande aux Anglois qui doivent fai-re le même voyage apreés lui, de relächer dans un lieu ſi commode, mais des'y défier beaucoup des Portugais. Tandis que le Vaiſſeau étoit à l'ancre,&qu'on ſe contentoit d'envoyer la Chaloupe pour viſiter les Bayes voiſines,PInſpecteur Portugais des Còôtes depuis Mélinde juſqu'à Mozambique, s'ap-procha furtivement dans une Frégate de dix tonneaux,& chercha l'occaſiond'enlever la Chaloupe aux Anglois. Lancaſter regut cet avis d'un More Ara-be(c), que le Roi de Zanzibar envoya pluſieurs fois viſiter ſon Préêtre.[Ce-x.pendant il paroit aſſez douteux ſi Partifice n'étoit pas du cõté même des Mo-res, qui ſe flattoient peut-être de contenir les Anglois par de fauſſes infor-mations.] Lancaſter ne pouvant approfondir ce ſoupgon, parce que ſes for-ces ne lui permettoient pas de chercher querelle aux Portugais, ſe contentade retenir, avec le Préêtre du Roi, les principaux Mores qui tombèrent en-tre ſes mains,& de les traiter avec aſſez de civilité pour mettre le Roi&toute la Nation dans ſes intéréèts.
IIE obtint ſi parfaitement leur confiance, que malgré la jalouſie des Fac- s.teurs Portugais, les Habitans de la Côte lui apportérent ce qu'ils avoient deplus précieux. Il ne regut rien d'eux qu'il ne payàt de quelques marchandi-ſes de l'Europe;& leur faiſant eſpérer beaucoup plus qu'il n'Stoit en état deleur offrir, il les mit dans la diſpoſition de voir deſcendre parmi eux lesAnglois,& de leur laiſſer prendre quelque connoiſſance du Pays. Lancaſterne fit pas difficulté lui-méême de pénétrer à quelques milles dans les terres.Il trouva les champs cultivés,& des beſtiaux en fort grand nombre; maisnulle induſtrie pour chercher des mines, quoiqu'en apparence les montagnesne doivent pas être ſans or, à fi peu de diſtance de pluſieurs endroits où lesPortugais en ont de fort riches. II fut conduit par les Mores dans une eſpe-ce de Ville, nommée Paraygone, où les maiſons ſont de fort belles pierres,mais ſans aucune liaiſon de chaux ou de ciment. Les Habitans ont Part de les
rendre
2 b) Ces Prétres ſe nomment Sberifs; mot(c) Les Européens appellent mal-à-proposArabe qui ſignifie un homme qui eſt de la fa- Mores, tous les Mahométans qui habitent lesmille de Mahomer. Côotes& les Iles des Indes.