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Tome cinquième.
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OCCIDENTALES Dz UAFRIQUE, Lw. IX. Cnab. III. 73

mais leur phyfionomie eſt effrayante au premier coup-d'qæil. Cependant,malgré le préjugé d'une figure barbare,'Auteur les donne(⁷) pour le Peuplede toute la Guinée le plus civil& le plus raiſonnable. Ils jouiſſent même decette réputation parmi leurs Voiſins(m).

ꝙ& Irs paroiſſent rudes& ſauvages,[dit un autre Voyageur;] mais, dans Quac-le Commerce, on les trouve doux, ſociables, de bonne-foi,& les plus hon-nêtes Négocians de la Côte. Quoiqu'ils ayent du vin de Palmier en abondan- Leur ſobrié-ce, ils ſont fort ſobres,& vendent cette liqueur à leurs Voiſins, qui ſont es. Loicontrec'inſignes yvrognes. IIs boivent une forte de bierre, qu'ils nomment Pito, rosnens.dans laquelle il entre beaucoup d'eau,& qui eſt d'un goũt fort agréable,

G-mais qui ne(n) laiſſe pas d'être aſſez forte pour enyvrer.[Elle eſt auſſi faine quenôtre bierre d'Angleterre.] En général, ils ont tant d'averſion pour l'Vvrogne-rie, que la Loi impoſe des punitions publiques à ceux qui s'enyvrent juſqu'àperdre la raiſon. Auſſi marquent-ils peu d'empreſſement pour les liqueurs dePEurope. Leur maxime eſt qu'elles altérent la ſanté ou la raiſon,& qu'ellesrendent Phomme bête ou qu'elles le tuent. S'ils boivent du vin de bourdon(°), qu'ils appellent Tombe, c'eſt en y mêlant toũjours de Peau, quoique cevin ſoit foible par lui-même& rafraichiſſant(p).

QurLaugs Voyageurs ont fait des Quaquas un portrait fort différent. Portrait dif-Smith les repréſente comme des voleurs& des brutaux, qui n'ont pas leurs férent de lapareils au monde. Sils voyent quelque choſe à bord qu'ils ne puiſſent trouver meme Agn.Poccaſion de voler, ils ne manquent pas du moins de le demander avec im-pudence. Les refuſe-t-on? ils retournent en colère au rivage,& ne ſouffrentpoint qu'il en vienne d'autres pour le Commerce. La Chaloupe de Smith n'al-loit jamais acheter ſes proviſions, ſans être bien armée;& le plus ſouvent,elle avoit la précaution de jetter l'ancre à cent pas du rivage(q), ou elleattendoit les Négres dans leurs Canots.

SuIVvANT Villault, ils étoient accuſés de manger les Blancs. Ce Voya- IIs ſont ac-geur ajoüte, que depuis moins de treize ou quatorze ans ils avoient tué& cufes d Antre-mangé quatorze Hollandois, qui prenoient de Peau fraiche à la Riviêre de““Saint André,& qui ne leur avoient pas donné le moindre ſujet de plainte.

Cependant, dit-il, il n'y a point de Nation ſur toute la Côte qui craigne tantles armes à feu(r).

SuITH les appelle une race maudite de Cannibales. II avoit pris, dit-il,la même idée des autres Nations de Guinée, en leur voyant manger desChiens, des Alligators, du poiſſon puant,& d'autres alimens encore plus hor-ribles; mais il ne trouva que les Quaquas aſſez barbares, pour faire J'aveu dugoüt qu’ils ont pour la chair humamne(5). 1—

Irs ne peuvent ſouffrir l'ufage établi parmi les Européens, de s'embraſſer Leurs uſagesaprès une longue abſence ou lorſqu'ils ſont prêts à ſe quitter. IIs regardent les dn 58embraſſemens comme un affront. Leurs dents ſont fort pointues, par le ſoin8qu’'ils prennent ſans ceſſe de les aiguiſer; mais la plüpart les ont crochues&

mal

F1

(1) Angl. les Auteurs s'accordent àles don- de bourdon, qu'ils. R. d. E.ner pour&c. R. d. E.(p) Barbot, ubi ſup.(m) Villault, pag. 115.& Barbot, pag. 143.(2) Smith, pag. I11.(n) Des-Marchais. pag. 185.(r) Villault, pag. 114.& 119.(°) Angl. Leur beifſon ordinatre eſt du vin(5) Smich, pag. 112.

V7. Part. K