vVOYAGES AULOU N
Ccorr mal rangées. IIs regardent comme un grand ornement de»vvomg. leurs ongles,& de porter leurs cheveux en treſſes plates,'huile de Palmier& de terre rouge. Ce ſoin de leur chevelure v-aire emprunter une partie des cheveux de leurs femmes, qu'ils onen les joignant enſemble& dont ils ſe font une ſoörteDuelques-uns les relèvent autour de leur téte,& leur donnent la fbönnet. Chaque jour ils s'oignent le corps du même enduit qui fuſa- te. On leur voit mâcher continuellement(t) du Betel,& prerlive, qui ſe teint de cette couleur, pour s'en frotter les joues& le menton.s ſe chargent les jambes de gros anneaux de fer;[comme s'’ils faiſoient gloi-x&.re de leur peſanteur.] Barbot vit au Cap-Laho quantité de Négres qui en por-toient ſoixante livres peſant, au long d'une ſeule jambe. IIs paroiſſent char-més du bruit qu'ils font en marchant, avec cette multitude d'anneaux(v);& les gens de qualité affectent de ſe diſtinguer par le poid
re leur ſa-
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oids&] par lenombre. En un mot, conclud!l'Auteur, c'eſt une Nation dont la ſeule vüeeſt capable d'effrayer,& qui joint à cette figure hideuſe beaucoup de puan-teur(x).
LEs gens du commun ne portent qu'une petite piéce d'étofe pour cacherleur nudité. Mais les Grands ſe diſtinguent par une eſpêèce de manteau, oude grand ſurplis, dont ils ſont couverts. Ils portent un cimeterre au cêôté. Leursfemmes ſe coupent les cheveux, dont les hommes ſe ſervent pour allonger
u groſſir leur chevelure(„).
SvR la Côte de Giron& du Petit-Drevin, les femmes avoient la curioſi-té de s'approcher du rivage avec leurs filles,& ſembloient regarder les Mate-lots avec beaucoup de complaiſance tandis qu'ils faiſoient la proviſion d'eau.
Beauté de Villault rend témoignage, qu'à l'exception de la couleur, elles ont les traits
leurs femmes. ſi réguliers, qu'elles paſferolent, en Europe même, pour des beautés parfai-tes. Il en vit plus de cinquante, entre leſquelles il n'y en avoit pas une quine fũt d'une taille fine& légère, au-lieu que la plüpart des hommes ſont fortgros& fort grands. L habillement des femmes eſt un ſimple morceau d'étofeſur le devant du corps. II m'y a point de Nation où elles ſoient ſi nues danstoute l'étendue de la meme Côte(z).[Les hommes ſont méchans& vin-x*dicatifs.]
DEs Marchais obſerve qu'elles ont les cheveux entrelaſſés de petits brinsd'Or pur,& que les Ouvriers du Pays marquent à lenvi leur habileté dansla forme qu'ils donnent à ces petits ornemens. I! les confondent tous ſous lenom de Manillas, terme auſſi général parmi les Négres, que celui de joyauxen Europe,[ ils ſont de différentes formes; mais en général minces& derepeu de valeur. Cependant] les femmes des Négres riches en ont la tetechargée,& leur parure monte à des ſommes conſidérables. Une jeune&belle fille n'eſt pas ſans agrément dans cet état. Cependant les maris, quiont une autorité abſolue(a) fur leurs femmes, ne font pas difficulté de leur
8 enlever quelquefois leurs bijoux, pour les échanger contre les marchandiſesdont ils ont beſoin. LEs
) Barbot, pag. 143.
) Villault, pag. 119,& Barbot, pag. 143.) Villault, pag. 115.
) Des-Marchais, pag. 188.
(t) Les Indiens Orientaux ont le même u-(ſage. -„(v) Villault dit qu'ils joignent des grelots(leurs braſſelets, pag. 112.(
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