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Tome cinquième.
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108 vOYAGES AU LONGDES C5TES

Chrr v'Oa. gination ne peut rien ſe repréſenter qui en ſurpaſſe l'agrément. BoſmanGrocharHIE. fait la peinture d'une plaine qu'il regarde comme le chef-d' œuvre de la na-ture. Mais de ſi beaux lieux étant mal habités depuis la guerre, on n'yrencontre que des traces de cerfs, d'éléphans, de tigres, de chats ſauvages,& q'autres animaux féroces(r).—— 1 4Ox trouve prês de Sukkonda une chaine de Rocs, qui partant de la poin-te Oueſt s'avance l'eſpace d'une lieué dans la Mer,(F)&X rend l'eau fortpaiſible& fort unie dans toute cette étendue.Forts Anglois LEs François y avoient autrefois un établiſſement. Aujourd'hui les An-KHollandois. glois& les Hollandois y Ont bâti deux Forts, c'eſt-à-dire un pour chaqueNation. Celui de Hollande, qui fe nomme Orange, fut élevé avant l'an-née 1682;!'autre, quelques années après. IIs ſont de la même forme, àla portée du moufquet l'un de l'autre. Au mois de Septembre 1694, le Fortd'Orange fut ſurpris& pillé par les Négres, qui maſſacrérent immédiate-ment l'équipage d'un petit Bätiment Hollandois que ſon malheur avoit ame-né dans cette Rade. En 10698, le Fort Anglois eſſfuya(¼) le même ſort.Ilavoit été conſtruit(v) par le Capitaine Henry Nurſe, Agent de la Com-pagnie d'Afrique;& le nom de cet Officier en faiſoit foi dans une inſcriptionqu'il avoit placé fur le mur. Phillips, qui rend témoignage de cette cir-conſtance(x+) décrit le Fort, tel qu'il éStoit en 1599. Ce n'étoit, dit-il,qu'une petite maiſon blanche, au milieu d'une grande cour,& ſans autredefenfe que huit ou dix canons de fer dont les affuts tomboient en pourritu-re. II ne lui parut pas ſurprenant que les Négres euſſent pü s'en faiſir danscet état. Mals il joint, à cette peinture, PHiſtoire même de la diſgracedes Anglois.

LeFort an-. IL. y avoit cinq ou ſix ans que le Commerce étant fort affoibli, les Off-glois de Suk- ciers des Forts Anglois& Hollandois de Sukkonda[devinrent ſi jaloux les uns.konda pris& des autres, qu'ils] vivoient dans un état miſérable, quoiqu'aux dé dpillé par les 82 8.„ quoiqu aux dépens desNegres. Compagnies de Hollande& d'Angleterre. Ce fut dans ces circonſtances que

les Négres d'Anta prirent Poccafion d'attaquer les Anglois. IIs en tuêerentpluſieurs avec leur Commandant. Ils pillerent le Fort,& chaſſèrent le

reſte de la garniſon..

Ons Barbares étoient venus ſecrétement de Mina, les uns dans leurs Ca-nots, d'autres par terre. IIs s'approchèrent du Fort Anglois, ſous prétextede demander le payement d'une vieille dette. Les Anglois informés d'ou ils6toient partis, firent porter leurs plaintes au Général Hollandois. II ne dé-favoua pas qu'ils meuſſent marché avec ſa participation; mais feignant d'i-gnorer leur deſſein, il ne leur en attribua pas d'autre que celui de ſe faire

payer. En vain les députés Anglois lui repréſentéerent que leur Fort étoitmeéenacCé des dernières violences,& que ces hoſtilités bleſfoient ouvertementle dernier Traité. Dans leur route même, ſe trouvant fort preſſés du mau-

vais tems, ils implorêrent le ſecours d'un Vaiſſeau Hollandois qui étoit à

Pancre dans la Rade de Sukkonda. Mais le Capitaine leur répondir: Croyez-

vous que nous prenions beaucoup d' intérét à votre ſituation? Ne voyez- vous

pas

Beauté duPays.

(r) Boſman écrit Zaconde; d'autres Suk-(t) Atkins, pag. 140.konde, Sukondi. 1 G(*) Zarhee. 152.& 438.(C) Boſman, pag. 19.() Philips, pag. 203..