OCCIDENTALES PDETAFRIQOUE, Lv. IX. Cuar. IV. I5r.
Fantin& d'Anamabo ſont les plus hardis& les plus turbulens de toute laCòôte. En 1701, ils déclareérent la guerre aux Anglois,& les Hollandoisfurent ſoupgonnés de leur avoir fourni de la poudre. Le Dimanche 4. deSeptembre, ils s'approchérent tumultueuſement du Chateau; ils tirérent plu-ſieurs coups, mirent le feu aux édifices extérieurs,& n' auroient pas fini ſi-tôt leurs outrages, ſi pluſieurs décharges d'artillerie ne les euſſent forcés deſe retirer. Mais les Anglois ſe vengèrent dés la nuit ſuivante, en brülant laplus grande partie de leur Ville. Aprés vingt jours de guerre ouverte, quel-ques-uns de ces Barbares vinrent propoſer une tréve, en offrant au Gouver-neur la diſpoſition des articles. Le Roi de Sabu ſe chargea de la qualité deMédiateur. IIs ne firent aucune objection aux demandes des Anglois;&s'étant engagés à payer le dommage qu'ils avoient fait au Fort, non-ſeule-ment ils prirent les Fétiches à témoin de leur fidélité, mais ils donnêrenten ötage pluſieurs de leurs Enfans. Cependant Parrivée d'un Vaiſſeau An-glois dInterlope, qui leur offrit un gain de dix pour cent pour la traite desEſclaves, eut le pouvoir de leur faire oublier leurs ſermens. On apprend,dans les Mémoires de Bloom, que le Gouverneur& quelques-uns des princi-paux Facteurs, furent ſaiſis d'une crainte ſi vive, qu'ils ſe ſauvérent en che-miſe au Cap-Corſe().
Lr Fort Anglois avoit été rebâti depuis peu(t), à la place d'une vieillemaiſon, qui ſubſiſtoit entière en 1079, mais dont il ne reſte aujourd'hui queles ruines. C'eſt un grand édifice, flanqué de deux Tours d'un cêté(v)&de deux Baſtions vers la Mer. Tout eſt de brique ou de pierre, liées avec duciment. Sa Situation eſt ſur un Roc, à trente pas du rivage. On y a mis douzepiéces de canon& deux pédereros. La Garniſon eſt ordinairement compoſéede douze Blancs& de dix-huit Négres, ſous les ordres d'un principal Fac-teur. Les logemens intérieurs& les magazins ſont commodes. Mais la diffi-culté eſt pour le débarquement, ſur un rivage parſemé de Rochers, où la Mereſt dans une agitation continuelle. Les Chaloupes viennent jetter l'ancrecontre les Rochers;& les marchandiſes, avec les paſſagers, ſont portéesde-là au rivage dans des Canots, ſur une pointe de ſable, entourée d'un murde terre haut d'environ huit pieds, où la Compagnie a fait bàtir quelques lo-gemens pour les domeſtiques Négres, ſous le canon du Chäteau. On ſe pro-poſoit, dit*Auteur, d'abbatre ce mur& d'en faire un de brique auſſi-tôt queje Fort ſeroit achevé. La terre eſt ici fort propre à faire des briques. Les é-cailles d'huitres ſervent à compoſer un tres-bon ciment;& le Pays fournit a-bondamment du bois de conſtruction. 1
IE eſt montagneux autour d'Anamabo, mais les montagnes ſont aſſez éloi-gnées de la Ville. On en diſtingue cinq, qui ſont plus hautes que toutes lesautres,& qui peuvent ſervir de marques de terre pour reconnoitre le Can-ton du côté de'OQueſt. La muͤltitude& la variété des arbres forment uneperſpective agréable. Le vin de Palmier eſt ici le meilleur de toute la Côte,ſur-tout celui qui ſe nomme Quaker. Le maiz y eſt dans une abondance extrè-me. On y trouve un nombre infini de perroquets de la groſſeur des moineaux.Iz ont le corps d'un fort-beau verd, la téte& la queué d'un rouge admira-
ble,
(5) Le méme, pag. 446. 19) Voyez la Figure,†) L'Auteur voyageoit en 1082. 8 G
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Côrz p'Oa.
Guerrequ'’ils décla-rent aux An-glois
glois.
ſent du Fortd'Anamabo.-
Perrquetsfort vontés,