Band 
Tome cinquième.
Seite
152
JPEG-Download
 

Comment

es Hollan-

dois pe

dirent

lour Fort

d'Aga.

152 VOYAGES AULONG DES C’OTES

ble,& toute la figure ſi fine, que l'Auteur en apporta quelques-uns à Paris,comme un préſent digne du Roi. Ces Oiſeaux ne ſe vendent qu'un écu ladouzaine. Mais il eſt ſi difficile de les conſerver vivans, qu'à peine en ſauve-t'on un ſur vingt, dans le Voyage de l'Europe. Les choux verqds ſont excel-lens autour d'Anamabo. Les papas y ſont auſſi fort eſtimés. C'eſt un fruitverd de la groſſeur d'un petit melon, qui a le goũt du choux-fleur. La plusgrande incommodité pour la culture des jardins eſt la rareté de l'eau fratche,qu'on eſt obligé de faire apporter de deux lieués par les Eſclaves. Le maiz,ou le bled d'Inde, ſe vend ici par caiſſes, dont chacune contient environtrois boiſſeaux. Le prix commun eſt d'un aki d'Or par caiſſe; mais dans lesmauvaiſes années il monte juſqu'à deux ou trois akis. On a vü des tems d'a-bondance, ou la caiſſe de maiz ne valoit pas plus de huit tabos dOr(x),qui ne font pas trois Schellings d'Angleterre. Le Fort d'Anamabo fut aban-donné en 1733. Mais on a ſenti qu'il eſt néceſſaire de le rétablir.

UNE demi-lieus, ou deux milles, au-delà d'Anamabo, on trouve ſur lerivage un Village nommé Aga, ou Adja(). Les Hollandois y avoient au-trefois un Fort, d'où ils furent chaſſés par la trahiſon des Anglois, qui ayantobtenu d'eux la permiſſion d'y demeurer, traitèrent leurs hôtes avec la der-nière barbarie. Aujourd'hui la Compagnie de Hollande n'entretient qu'unFacteur, dans la maiſon d'un Négre, où le Pavillon Hollandois ne laiſſe pasd'être arboré. On pourroit rendre ici à Boſman la raillerie qu'on a lüe ſur unComptoir Anglois. Quel appui que celui d'un ſeul Facteur pour l'honneurdu Pavillon Hollandois?

PHILLIPS neparle point d-Aga comme d'’une Ville ou d'un Village. Ceſt,dit-il, une petite maiſon couverte de chaume, un mille& demi a'Eſt d'A-namabo, für le rivage de la Mer., ſans autre défenſe que celle de quel-ques mouſquets. II ajonte qu'elle a néanmoins un fort grande cour& un bel-Stang pour les Canards. Mais il eſt clair que Phillips ne repréſente ici qu'unComptoir.

BARBoOT dit que le Village eſt diviſé en trois parties, dont chacune eſtcompoſée de vingt-cinq ou trente maiſons. Ceſt un lieu, dit-il, qui n'eſt pasfavorable au Commerce, parce que le débarquement y eſt fort dangereux.Le Pays aux environs produit de fort bon coton.

LEs Danois avoient auffi dans ce Canton, un Comptoir, ſur les ruinesduquel les Anglois ont bàti un petit Fort de terre, gardé par deux Blanes&quelques Gromettes, ſous le commandement d'un Facteur. Le Fort Hollan-dois n'étoit qu'une ſimple redoute, qui fut détruite en 1665 par les Angloiss,le jour même que Ruyter, Amiral de Hollande, entreprit de deſcendre à

Anamabo. II y trouva des obſtacles invincibles[tant de la part des flots de e

la Mer qui briſoient avec trop de violence contre les Rocs, que de la part desAnglois, qui aidés par les Habitans de Fantin, l'empéchéerent par leur feud'approcher du rivage;] mais les Anglois d'Aga ne doutant point qu'il ne re-vint victorieux& qu'il ne les viſitat à ſon retour, minèrent ſecrettement leFort de Hollande,& laiſfèrent une mêche allumée qui devoit le faire ſauter

lorſque(x) Barbot, pag. 176.& ſuiv. Parbot Agga& Adja, chacun apparemmem(y) Phillips écrit Aga, Boſman Adja,& ſuivant le genie de ſa Langue.