OCCIDENTALES Pz vAFRIQOUE, Lrv. IX. CHar. IV. 167
gres, que leur Pays étant expoſé aux courſes continuelles des Aquambos,ſeurs mortels Ennemis, leur propre süreté devoit leur faire ſouhaiter de voirles Comptoirs changés en Forts, pousr mettre leurs biens& leurs famillesſous la protection d'une bonne Artillerie. IIs réufſirent enfin à former les Eta-bliſſemens qui ſubſiſtent aujourd'hui.
LEs Hollandois furent les premiers qui choiſirent un lieu convenablepour un Fort,& qui y bätirent un Magaſin de pierre de Roc, long de ſoi-xante-deux pieds, ſur vingt-quatre de largeur. L'édifice fut environné deboulevarts& de murs, avec des Embraſures pour le canon. Bien-tôt les Da-nois obtinrent la même permifſion,& les Anglois(†) ſe la procurèrent àleur éxemple. Cependant les Portugais avoient eu long-tems auparavant unFort dans le Pays d'Akra, d'ouù leur cruauté les avoit fait chaſſer par les Ha-bitans, comme on l'a déja rapporté.
Av fond, les trois Forts Européens ont été, dans quelques occaſions, d'u-ne extrême utilité pour les Habitans, ſur-tout en 1680, lorſque le Roi d'A-kambo fit la Conquête d'Akra. Sans le ſecours qu'ils trouvêèrent dans ces troisaſiles, il n'en ſeroit pas échapé un ſeul à la furie du Vainqueur;& ceux quiauroient ſurvécu à la perte de leur Pays, ne ſeroient point en état de fairele riche Commerce qu'on leur voit éxercer aujourd'hui. Cependant il y eutun grand nombre de familles qui cherchêrent une retraite dans les Contréesde Lay, de Papa& de Juida; comme leur Roi() s'étoit retiré dans cellede Fétu, pour ſe délivrer entiérement du pouvoir arbitraire des Aquambos,
gque leur Roi excitoit à piller les Pays voiſins.]
LEs trois Forts d'Akra regoivent leurs proviſions du Cap-Corſe, de Man-fro, d-Anamabo,& de Cormantin. Depuis que les ravages de la guerre ontdépeuplé le Pays, les grains y ſont devenus ſi chers, que la caiſſe de maiz,de deux boiſſeaux, eſt montée juſqu'à dix piéces de huit(b).
LE Roi d'Akra& ſes Nobles, ou plütôt ſes Favoris, étoient ſi riches enOr& en Eſclaves, que Böſimnan ne faiſoit pas difficulté d'attribuer plus dericheſſes à cette ſeule Contrée qu'à tout le reſte(i) de la Côte d'Or. Des-Marchais dit qu'elle étoit tout-à la-fois riche& ſi puiffante, qu'elle pouvoitlever en peu de tems une Armée de quinze ou ſeize mille hommes(²).
LEs principales occupations des Habitans ſont le Commerce,'agricultu-re& ſur-tout la guerre. Quoique le terroir ſoit aſſez fertile, les proviſionsleur manquent ordinairement vers la fin de rannée; ce qui les met dans laEnéceſſité d'avoir recours aux Pays voiſins,[—& d'enlever quelquefois à forceouverte, ce qu'ils ne peuvent obtenir par des échanges.] IIs s'embarraſſentpeu de la péche ou de la fabrique du ſel, quoique le ſel& le poiſſon ſoienten abondance dans le Pays. IlIs abandonnent ce ſoin aux Néegres de la Còôte,ou à ceux qui viennent chercher leur vie parmi eux,& qui ſont en aſſezgrand nombre pour ſervir à peupler pluſieurs Villes. Ces Etrangers ne ſe bor-nant point aux profits du ſel& de la peche, font un Commerce conſidéra-ble avec les Vaiſſeaux Etrangers. II n'y a point de Canton, ſur toute la Cête
d'Or,
4 ₰ 07)„ pag. 181.
F'avons nommé Fourri, d'aprèsman, qui raconte ſon Hittoire,
(5) Barbot, pag.(1) Boſman, pag. 70.(*) Des Marchals, Vel. I. pag.
g).
182.&Barbot. 1
BarNoBo
CorE D'On.GrockAPHIE.
Utilité queles Négres enont tiré.
Occupationsde ſes Habi-