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Tome cinquième.
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Les Villesintérieuresplus bellesque les Mari-times.

192 vOYAGES AU LONG DES COÖOTES

leur deſcend de deſſous les bras, juſqu'aux hanches,& qui eſt attaché pardeſſus l'épaule.] Sur la téte elles portent pluſieurs bonnets P'un ſur l'autre;

[& dont celui qui eſt au deſſus eſt de ſoie,& pliſſé par devant,& autour&

du ſommet pour qu'il tienne mieux. Par deſſus tout cela elles ont encore uneeſpèce de ruban, qui fait deux ou trois fois le tour de leur téte,] cette paru-re n'eſt pas ſans agrément. Depuis les reins juſqu'en bas elles ſont vétues com-me les Négres. Les plus pauvres ſont nues au deſſus de la ceinture(t).

LEs Villes& les Villages de la Côte d'Or ſont compoſés d'une multitudede cabanes, diſperſées en groupes, ſans aucun ordre. Elles forment entr'el-les des rues étroites& tortueuſes, aboutiſſant à quelque grande Place, quieſt ordinairement au centre de l'habitation, pour ſervir tout-à-la-fois de Mar-ché& de lieu d'aſſemblée aux Habitans. Les Villes intérieures ſont mieuxbäties que celles des Côtes, quoiqu'elles n'ayent(v) ni murs ni paliſſades.Leur principale deffenſe conſiſte dans leur ſituation, qui eſt preſque toũjoursquelque lieu marécageux ou quelque Rocher fort élevé. Elles ne font acceſſi-ples que par quelque ſentier eétroit& difficile, ou par quelque bois épais. LesVilles de la Côte ſont généralement ſituées dans un terrain ſec& ſtérile, ſurquelque Rocher plat, ou dans un Canton de ſable& de gravier(x†). Artusobſerve que les Villes intérieures ſont non ſeulement mieux bàties, mais plusgrandes, plus nettes,& mieux peuplées; quoique n'ayant point de portes,ni de murs, elles ſoient ſans ceſſe ouvertes à l'invaſion. II ajoüte que leursMarchands font un Commerce beaucoup plus conſidérable que ceux de la Cô-te, où la plüpart n'ont pas d'Offices plus relevés que ceux d'Interprétes,de Facteurs, de Porteurs, de Pécheurs, enfin de Valets ou d' Eſclaves despremiers(y).

Cxr qui rend les Villes Maritimes fort inférieures aux autres, c'eſt qu'outrela mauvaiſe diſpoſition des rues, elles ſont tosjours d'une ſaleté& d'unepuanteur inſupportable. Les ordures des Négres,& le poiſſon à demi-pourridont ils font des amas dans leurs maiſons, jettent une odeur qui ſe fait ſentirjuſqu'en Mer, à la diſtance de deux ou trois Milles, ſur-tout pendant la nuit,loriqu'elle eſt portée(2) à bord par les vents de terre. Ceſt ce qui fait choi-ſir aux Rois du Pays, pour le lieu ordinaire de leur réſidence, quelque placeun peu éloignée de la Cête; quoique le foin qu'ils ont d'entretenir des Gou-verneurs dans les Ports,[& les relations qu'ils y ont continuellement c8.avec les Marchands de l'Europe, marquent aſſez qu'ils(a) en trouveroientle ſéjour préférable ſans cet inconvénient.] Une autre incommodité des Vil-les Maritimes, c'eſt que n'étant point pavées, à la réſerve des Marchés de

Mina& du Cap-Corſe, les rues] qui ſont fort étroites, Ten ſont impratiqua-s

bles dans les tems de pluie. Ajoſtez que les Habitans, moins curieux que dansFintérieur des terres, ne plantent point d'Arbres autour de leurs maiſons,pour s'y procurer une fraicheur que le climat rend ſouvent néceſſaire. Aximeſt le ſeul endroit ou la Ville regoive ainſi'ombre d'une infinité d-Arbres(c.).

Bos MAN(t) Le méême, pag. 142. Porto-Bello& dans les autres Ports Eſpagnols(v) Différentes en cela de celles du Séné- de l*'Amerique.Zal& de la Gambra.(2) Barbot, pag. 253.

(x) Barbot, pag. 242.& ſuiv.(a) Artus, ubi ſup.

24(y) Artus, pag. 46. Il en eſt de même à(5b) Barbot, pag. 254.