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Tome cinquième.
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OCCIDENTALES Dr vAFRIQ2UE, Lwv. IX. Cuar. VII. 195

droit où elles ſe trouvent. Chaque famille a ſon grenier ou ſon Magazin horsde Ja Ville, où le bled d'Inde, le millet& le riz ſe renferment pour la pro-viſion de l'année(). 2LEs plus diſtingués& les plus riches ont peu de délicateſſe Pour l'ameu-blement. Tous leurs meubles conſiſtent dans un petit nombre dg bancs& deſellettes de bois, quelques pots de bois ou de terre, quelqugs taſſes de lamême matière,& leurs armes, qui ſont ſuſpendues aux murailles. Cependantquelques-uns ont des tables. Mais pour lit, ils n'ont, au-lieũ de matelats,que des feuilles de Palmier, ou de la paille de riz, qu'ils cquvrent de deuxnattes, entre leſquelles ils ſe couchent. Leur oreiller eſt une natte roulée,& pendant la nuit ils ont tojours près d'eux un grand baſſin de cuivre, avecde l'eau pour ſe laver. Les pauvres ſont couchés ſur une ſimple natte,& n'ontque leur bras, ou quelque bloc de bois pour oreiller. IIs ſe lavent(p) horsde leurs maiſons. Villault, contraire ici à Barbot, dit qu’'ils ont des peauxStendues ſur des matelats de paille,& qu'ils en ont auſſi pour leur ſervir decouverture; mais qu'il n'y a que les riches& les grands qui ſe ſervent d'o-reillers. Il ajoũte que dans la faiſon des pluies on trouve teoüjours un fort bonfeu dans leur chambre de lit(4), pour la garantir de l'humidité,& qu'ils ſecouchent, les pieds tournés vers le foyer. Suivant Barbot, tous les meublesdes perſonnes riches ſont raſſemblés dans l'appartement des femmes;& leshommes(r) n’'ont dans leur chambre que des nattes, des ſellettes& leursarmes. Mais chez les perſonnes du commun, tout eſt mêlé confuſément avecles inſtrumens de leur profeſſion(C). 3CEzTTE pauvreté univerſelle,& cette privation de meubles& de commo-dités, qui paroit dans toutes les habitations des Négfes, joint au penchantqu'ils ont au largin, eſt expliqué d'une maniere aſſe? bizarre par les MarbutsMahométans. IIs vous diſent, d'un air grave& ſérieux, que les trois fils deNoé, tous trois de couleur différente, comme on''a déja rapporté ſur lesmémes témoignages, s'aſſemblêèrent apres la mort de leur Père pour faire en-tr'eux le partage de ſes biens. C'etoit de l'Or, de Pargent, des pierres pré-cieuſes, de l'yvoire, de la toile, des étofes de ſoie& de coton, des che-vaux, des chameaux, des bœufs& des vaches, des moutons, des chévres,& g'autres animaux; ſans parler des armes, des meubles, du bled, du tabac& des pipes. Les trois frêres ſoupèrent enfemble avec beaucoup d'affection,& ne ſe retirèrent qu'après avoir fumé leur pipe& büú chacun leur bouteille.Mais le Blanc, qui ne penſoit gueres à dormir, ſe leva aufſi-tôt qu'il vit lesdeux autres enſevelis dans le ſommeil;& ſe ſaiſiſſant de l'Or, de F'argent,& des effets les plus précieux, il prit la fuite vers les Pays qui ſont habictésaujourd'hui par des Européens. Le More S'appergut de ce larcin à ſon réveil.Ilſe détermina fur- le champ à ſuivre un ſi mauvais éxemple;& prenant lestapiſſeries, avec les autres meubles, queil chargea ſur le dos des chevaux&des chameaux, il ſe hàta auſſi de s'éloigner. Le Négre, qui eut le malheurde s'veiller le dernier, fut fort étonné dé la trahiſon de ſes frêres. IIl ne luireſtoĩt

(„) Barbr. 8 5 1 3..„, A0⁰) Barbot, pag. 253. 8 de cuivre dans des armoires qu'ils achétene(b) Le méême, pag.

(2) Villault, pag. 164. b

(r) Artus dit qu'ils enferment jeurs pots

254.. des Hollandois.

(£) Barbot, pag. 254.

NEGRRSDE I. ACorzk D'On.

Meubles.

Lits.

Commentes Marbutsexpliquent lapauvreté des