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NEGRDE1CorE DP'
Négres de la
COte d'Or.
Leur ſobrié-té vient deleur avarice.
Nourrituredes Négres ri-ches.
Avidité d'unjeune Négre.
Divers ra-gouüts des Né-
gres.
4A195 VO. XAGESAULONGDESCGCOTESreſtoit que des pagnes de cotton, des pipes, du tabac& du millet. Aprèss'étre abandonné quelque tems à ſa douleur, i] prit une pipe pour ſe conſo-ler,& ne penſa plus qu'à la vengeance. Le moyen qui lui parut le plus ſur futd'employer les repréſailles, en cherchant l'occaſion de les voler à ſon tour.C'eſt ce qu'il ne ceſſa point de faire pendant toute ſa vie;& ſon éxempledevenant une régle pour ſa poſtérité, elle a continué juſqu' aujourd'hui laméême pratique(t).
LàX diéte des Négres de la Côte d'Or n'eſt pas fort recherchée, ſur-toutcelle des Négres du commun;& les plus riches mêmes ont ſi peu de godtpour la dépenſe, qu'ils vivent ordinairement de légumes& de poiſſon. Lebœuf, le mouton& la volaille ſont réſervés pour les jours de féte. Deuxſols par jour ſuffiſent pour Fentretien d'un Négre. Cependant'Auteur remar-que que cette ſobrieté ne vient pas de leur averſion pour la bonne chère. IIs ſont'une gourmandiſe extréme lorſqu'ils vivent aux dépens des Européens. Ainſila ſimplicité de leur diéte m'eſt qu'un effet de leur avarice(v).
DES-MARCHA1s dit qu'ils mangent plus de poiſſon que de viande,& plusde légumes que de poiſſon. Artus obſerve qu'ils ont une eſpèce de féves dé-licieufes; ſans compter les ignames, les patates, les bananes& d'autres fruits,qui font la plus grande partie de leurs alimens. Mais il prétend que les no-ples& les riches ſe nourriſſent de volaille, de bœuf, de porc& de che-vreau, dont la cherté ſeule empêche les pauvres de ſe nourrir auſſi. Le mêmeAuteur affüre que les Négres ſont fort frlands de poiſſon(x), juſqu' à le man-ger crô, ou ſeulement trempé dans l'eau chaude, avec pluſieurs poignées depoivre; après quoi ils font leurs délices d'avaller un grand verre d'eau-de-vie d'un ſeul trait. IIs mangent auſſi de la chair de chien, de chat, d'élé-phant& de buffle, ſouvent puante& remplie de vers. On rapporte que dansPintérieur des Terres ils mangent des lézards féchés au ſoleil. Ceux qui habi-tent les Cêtes, quoique plus civiliſés& mieux fournis d'alimens, ſont d'uneavidité qui leur fait avaller Jes inteſtins de la volaille. Boſman raconte qu'un jeu-ne Négre, qui étoit demeuré en ôtage ſur un Vaiſſeau Hollandois, avoittant de paſſion pour la chair crue,() que n'Etant jamais raſſaſié de cellequ'on lui donnoit avec aſſez d'abondance, il tuoit les poules au travers desbarreaux de leur cage, avec une aiguille de fer au bout d'un bäton, dans laſeule vüe d'en obtenir les boyaux. Le Pays eſt rempli de certains petits oi-ſeaux, de la groſſeur de nos(z) rouge-queués, qui ont le plumage brun&la téte rouge(a), qui batiſſent leurs nids à'extrémité des branches d'ar-bres, pour ſe garantir de la ſurpriſe des ſerpens. Lorſque les Négres en peu-vent attraper quelqu'un, ils le mangent vif, plumes& inteſtins. Is montpas moins d'avidité pour le poiſſon puant& ſéché au ſoleil. Leurs autresmeêts(Lb) ſont todjours à demi-pourris. Iis font rôtir ou bouillir la chair desbeſtiaux. Leur poifſon eſt cuit à Feau, ou ſous la cendre, avec uantité depoivre ou de ſel(c). 9 Frvxans
&☛(t) Labat Afrique Occidentale, Vol. II. Ila dévoroit. K. d. T.
pag. 268.& ſuiv.(2) IFringillas ou Peros, en Portugais.(v) Bofman, pag. 124.() ⸗„Ceſt platot le bec qui eſt rouge, du(Xx) Angl. de viande. moins ſi ce font les mêmes oiſecaux qu'on(y) Ibid. II paroit que ce jeune homme nomme Kurbalos ſar la Gambra.
Stoit d'ailleurs fort affamé; car l'Auteur ajou-(b) Artus, pag. 22.
te qu'il déroboit la nourriture des poules&(«.) Villauft, pag. 107.