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Tome cinquième.
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OccIDENTALES DPEUAFRIQUE, ILrv. IX. Cuær. VII. 209

ARTus admire beaucoup que la maniére dont les petits ſont portés par Nonreleurs mêres ne paroifſe leur cauſer aucune incommodité& ne change rien DE IL. 4½aux proportions de leur taille. A l'age de huit mois(r), on les laiſſe ramper Corg n'O;sſur les genoux& les mains; on commence à leur donner des nourritures Epfa

ſéches;& cette méthode les rend ſi vigoureux qu'ils commencent à marcher,

& mémes à parler(), avant la fin de l'année. A la vérité, remarque Des-

Marchais, il leur arrive ſouvent de tomber; mais ſans aucun accident fâ-

cheux. Quoiqu'on les accoutume de ſi bonne-heure aux alimens ſolides, ilsd. ne laiſſent pas de ſuccer fort long-tems le lait de leurs mêres,[qui ne les

confient jamais à des nourriſſes.] On a déja remarqué que dans pluſieurs Can-tons, cet uſage ne dure pas moins de quatre ans. Dans d'autres, il ne du-re que deux;& Barbot affre même qu'il ſe réduit quelquefois à ſix mois.

Mais des quü'un enfant commence à quitter le dos de ſa mêre& qu'il eſt ca-

pable de marcher ſeul, on lui donne un morceau de pain ſec, avec lequel

on lui laiſſe la liberté de s'éloigner. S'il ne perd pas tout-d'un-coup la mai-ſon de vüe, il s'accoũtume par degrés à gagner la Place publique, les Champs,

& ſur-tout le bord de la Mer, ouù il apprend à nãâger par l'éxemple, ou parEsla force de la Nature(t).[Boſman remarque à cette occaſion que les Négres

ne ſe nourriſſent pas mieux, qu'ils ne nourriſſent leurs enfans,& que loin de

mériter de paſſer pour intempérans dans leur manger, on doit au contraire lesaccuſer de vivre trop chichement.]

A F'égard de l'habillement, les petits Négres ne ſont pas plùtêt au mon- Dequoi iisde, qu'on les charge de petites cottes d'écorce, de quelqu'arbre conſacré au ſont vêtusFétiche, d'amuletes, de chaines, de braſſelets, pour leur procurer un ſom-meil tranquille, pour les garantir des chütes, du faignement de nez,& detous les maux(v) qu'on appréhende de la malignité du Diable. A quatreans, on leur entoure les bras& les jambes de branches entrelaſſées,[que les

Espréêtres vendent bien chérement,] comme d'un préſervatif contre les dangers

& les maladies qui menacent cet àge. Boſman dit que les cordes& les chaines,

dont ils ſont chargés juſqu'à l'age de ſept ou huit ans, leur tiennent lieu d'ha-

bit,& qu'enſuite ils ſe glorifient de prendre un petit pagne d'une demie-aune

d'étofe(x).

CrsT ainſi qu'ils paſſent le tems de l'enfance, livrés à eux-mêmes, dans Fruit quiilsune oiſiveté continuelle, négligés par leur famille, courant en troupes dans vrent de leurles Champs& les Marchés, comme autant de petits pourceaux qui ſe veau-trent dans la fange,& tirant pour tout fruit de leurs premiéres années une Inconvé-

Psagilité extréme;&'art de nager,[& de plonger,] dans lequel ils excel- 189. ch.*

lent. S'ils ſe trouvent dans un Canot que le vent renverſe, ils gagnent en veisszens 38

un inſtant le rivage. Un grand défaut dans la liberté dont on les laifſe jouir,

C'eſt qu'ils mangent ſans diſtinction tout ce qu'ils trouvent de plus infect&2de plus dégoürant,[& que ſouvent il ſurvient entr'eux de vives querelles

pour le partage d'une charogne. IIs contractent ſans doute cette habitude en

voyant leurs Parens manger diverſes ſortes de mêts ſales& puans.] Artus en

nce

obſerve un autre: mélés comme ils ſont, gargons& filles, nuds& ſans au-cun

.&r) Artus dit quand ils ſont ſevrés.(t) Barbot. ubi ſup.

1() Vülault, ubi ſup.& Des-Marchais, pag.(v) Artus, pag. 13.& Villault, pag. 158.

282.(x) Boſman, pag. 122.

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