NEüoREsDE LA20TED'OR.
Luſage dela circonci-ſion eſt borné.
Si ces uſa-ges viennentdes Juifs.
Educationdes enfansNégres.
Diſtinctionentre les fem-
mes.
20 ½% VOYAGES AULONCGCDESCOTES
qui ſont tirés de quelque action remarquable, comme d'avoir(g) tué un Tygreou quelqu'ennemi. Il s'en trouve qui portent vingt de ces noms d'honneur. Leplus glorieux eſt celui qu'ils regoivent du Public, dans les Aſſemblées qu'ilsfont au Marché pour boire du vin de Palmier. Mais le nom qu'on emploiepour les appeller& pour les reconnottre, eſt toſjours celui qu'ils ont recu autems de leur naiſfance. On les nomme quelquefois auſſi du rang numérique deleur naiſfance, c'eſt- à-dire, huit, neuf, diæx,&c. mais c'eſt lorſqu'une fem-me eſt déja Mère de ſept ou huit enfans(5).
ARkTus rapporte qu'à un certain àge ils circonciſent leurs(i) enfans desdeux ſéxes avec de grandes réjouiſlances. Mais Boſman,& Barbot apréèslui, déclare que cette opération n'eſt connue ſur la Côte d'Or que dans leCanton d'Akra,& qu'elle ſe fait dans le même tems que l'enfant eſt nom-mé. Quelques Européens ont jugé que ces deux uſages viennent des Juifs,avec quelques autres, que les Négres paroiſſent avoir pris d'eux; commed'honorer la Lune dans certains tems, d'épouſer la femme de ſon frêere,&c. Pluſieurs de leurs noms ſemblent venir auſſi de l'Ancien Teſtament.Mais Boſman& Barbot croient qu'ils leur viennent plùtêt des Mahométansde(X) Barbarie, avec leſquels on ſgait que les Négres d'Ardra& de Juidaont des relations de Commerce. Neeſt-il pas encore plus probable qu'ils(2)les ont regus des Portugais& des Frangois? Villault& Des-Marchais nousapprennent que c'eſt un uſage aſſez commun parmi eux, de donner à leursenfans les noms des Européens auxquels ils ont quelqu'obligation(m).
LEs enfans des Néegres font d'une ſi bonne conſtitution, que les premièe-res années de leur vie demandent peu de ſoin. Au moment de leur naiſſan-ce,& lorſqu'ils ont été lavés dans la Mer, ou dans quelque riviére voiſine,on les envéloppe d'une piece d'étofe;& les plagant à terre ſur une natte,on les abandonne à eux-mémes pendant plus d'un(n) mois. Villault dit.qu'enſuite les Mères prennent leurs enfans ſur le dos, dans une petits caiſſede bois, les jambes liées ſous leurs aiſſelles& les bras paſſés autour de leurcol. Elles ne quittent ce fardeau que pendant la nuit(%.).
BARBOT les compare à ces femmes vagabondes que les Européens, nommentEgyptiennes(p). La fatigue du poids& celle qu travail ne les empechentpas de nourrir leurs enfans de leur lait; en les levant un peu ſur leurs épau-jes,& tournant vers eux le bout de leurs mammelles. Mais cette deſcription,ne regarde que les femmes du commun; car celles qui ont quelque fortune
en partage ne paroiſſent jamais avec leurs enfans,[qui par cette rai-.
ſon, n'ont pas le nez applati, comme les autres.] Dans toutes ſortes derang.& de condition, elles les lavent ſoigneuſement, matin& ſoir, elles les frottentd'huile de Palmier pour leur rendre les jointures fléxibles& leur tenir les po-res ouverts; enfin elles n'épargnent rien pour ſeconder l'ouvrage de la Na-ture(4).ART Us(g) L'Auteur remarque que pluſieurs noms remarque.viennent de la méme origine en Lurope.(m) Villault, pag. 155. Des-Marchais,(b) Boſman, pag. 209.& Barbot, pag. Vol. I. pag. 281.
244.(n) Artus, pag. 13.& Barbot, pag. 242.i) Artus, pag. 13.(°) Villault, pag, 157.(X) Boſman, pag 210.& Barbot, pag.(p) Artus les compare aux femmes des44. ſoldats Hollandois. 1(1) On a déja vü plus d'une fois la même(2) Barbot, pag. 242.& Villault, ubi- ſup.
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