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Tome cinquième.
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218 vVOYAGES AU LONG DES CGCOTES

Nicgazs perche, ne doivent aucun tribut. Les Pêécheurs font eux-mêmes leurs filets,LAàA d'’'écorce d'arbre, ou de roſeaux& de joncs. Dans la chaleur extrême du cli-2 P'On. mat, le poiſſon ne conſerve pas long-tems ſa fralcheur;& les Habitans nele trouvent bon que lorſqu'il commence à pourrir. Mais les Européens doi-vent ſe häter, s'ils veulent le manger frais(d).Sebss 1e LES Cantons les plus celebres de la Còôte d'Or, pour la fabrique des Ca-Canots. Lieux nots, ſont Axim, Akcron, Boutri ou Boutro, Taborari, Commendo, Cormantincélébres pour& Wineba. Ce Commerce eſt conſidérable avec les Européens& les Habi-ce travail. tans des Contrées voiſines. Les plus grands ont quarante pieds de longueur,ſix de largeur& trois de profondeur. On en trouve enſuite de longueursdifférentes, juſqu'à douze ou quatorze pieds. 4LEs plus grands ſe font dans le Canton d'Axim& de Takorari. Ils ſontcapables de porter huit, dix,& quelquefois douze tonneaux de marchandi-ſes, ſans y comprendre Péquipage. On s'en ſert beaucoup pour le paſſagedes Barres,& dans les lieux trop expoſés à l'agitation des vagues, tels que lesCòôtes d'Ardre& de Juida. Les Négres de Mina, qui ne ſont pas des plusadroits à les conduire, ne laiſſent pas de viſiter dans ces frêles Baàtimens toutesles parties du grand Golfe de Guinée, juſqu'à la Còôte méême d Angola. IIsemploient des voiles,& prennent douze ou quinze rameurs, ſuivant la gran-deur du Canot. Les Canots de guerre portent quinze ou ſeize hommes, ou-tre des munitions& des proviſions pour quinze jours. II y a des Canots defête& de plaifir, qui ſont de cinq ou ſix tonneaux,& dont Pufage meſtguéres réſervé qu'aux Directeurs des Comptoirs de l'Europe. Le GénéralDanois, du tems de Barbot, en avoit un d'une rare beauté, au milieu du-quel on avoit pratiqué une ſorte de cabane, environnée de rideaux bleus& rouges, à franges d'Or& d-Argent. Derriere, on avoit placé des bancsfort commodes,& couverts de tapis de Turquie.ö LEs voiles des Canots ſont ordinairement des nattes de joncs; ou des éto-b. fes d'écorce d'arbre,[qui comme le Coco donne des fils velus, qu'on file&xdont on fait enſuite de la toile.] Les cordages ſont de feuilles de Palmier(*). La groſſiéreté des Négres mempéche pas qu'ils ne recherchent vorne-ment dans leurs Canots. Ils ont yart de les peindre en dedans& en dehors.IIs y mettent un grand nombre de Fétiches ou d'’Idoles, qui ſont ordinaire-ment des épics de bled-d'Inde, des tétes féches cu- des muſeaux de Lions, deChèvres, de Singes& d'autres animaux. S'ils ont à faire un long voyage, ilsſuſpendent à l' Arriêère une Chêvre morte. 1Prodigieuſfe Ox peut juger, par la grandeur des Canots, qu'elle doit être celle desgrandeur des arbres du Pays, puiſque les plus ſpacieux de ces Bâtimens ne ſont compoſẽsarbres dont ils que d'un ſeul tronc. On doit s'imaginer aufſi quel eſt le travail des Négres;ompo- pour abbattre de ſi grands arbres& ſeur donner la forme néceſfaire, avec de1 petits inſtrumens de fer, qui ne méritent que le nom de couteaux. On croi-roit cet ouvrage impoſſible, ſi l'on ne ſgçavoit que ces arbres ſont des coco-tiers(†), C'eſt⸗à-dire, un bois tendre& poreux.

LoRksoaumſage, mais d'autres grands arbres, nommés& Des-Marchais, Vol. I. pag. 311. Kapots, dont on verra la deſcription dans'His-(2) Angl. ſont de fil de palmiers. R. d. E. toire Naturelle de ces Contrées. Le Traducteur(f) Ces Canots ne ſe font point de Coco. a lu ſans doute dans 1'Original, Coco, au-

(4) Artus, pag. 73. Villault, pag. 229.

tiers, qui ne ſont nullement propres à cet u. lieu de Copot, qui s'y trouve. R. d. E.