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Tome cinquième.
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ornemens de

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222 vOYAGES AULONGDRS COTIS

qu'ils fument dans cet état, ſans avoir eu juſqu'à préſent Pinduſtrie de lesmettre en rouleau(⁷).

AFRks le Marché, qui finit ordinairement vers trois heures, on voit lesfemmes de la Campagne retourner gaiement à leurs Villages, en chantant&

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ur les chemins.[Elles fourniffent aux Equipages des Vaiſſeaux †+ο

zens les rafraichiſſemens dont ils ont beſoin, pour de Tail, des épin-

des petits miroirs, des rubans, des pierres à feu, des morceaux d'a-

cier& autres bagatelles ſemblables().] Elles n'ont jamais d'inquiétude pour

le crédit, car les Négres ne le connoiſſent point,& veulent toũjours être

payés comptant. Si ce qu'ils achétent ou ce qu'ils vendent eſt peu conſidéra-ble, ils péſent l'Or fur le bout du petit doigt. S'il eſt queſtion d' une plus groſſeſomme, ils emploient des balances. Au-lieu de poids, ils ont certains grainsrouges, qu'ils appellent Takous, chacun du poids d'environ deux liards,avec leſquels ils péſent fort éxactement un marc d'Or. Leurs balances ſontdeux petites piéces de cuivre, de la grandeur d'un écu, ſuſpendues commeles nôtres, aux deux bouts d'un petit bàton, avec un nœud de fil au milieu,pour y paſſer le pouge& les foſtenir. Quelques riches Marchands ont des ba-lances dOr,[ſemblables à celles dont lés Européens ſe ſervent(t).]

LàA monnoie courante, dans les Marchés, conſiſte en poudre d'Or, ou enpetits lingots, nommés Krakra, qui ſont en uſage ſur toute la Cõte, excep-té dans le Canton d'Akra, où, pour les petites marchandiſes, on ſe ſert d'une(v) ſorte de groſſe épingle de fer, avec un demi-cercle à Textrémité. Artusfait entendre que ces épingles étoient la monnoie de Mina& de toute laCôte, en 1600,& que les Négres n'en connoiſſoient pas(x) d' autre. Il ob-ſerve aufſi que les Krakras ſont de petits lingots quarrés, chacun d'un ſeru-pule, ou d'un grain, qui ont été inventés par les Portugais de Mina pourla commodité du Commerce; car il ne ſe faiſoit d'abord que par des échan-ges(*†).

LEs Négres ont d'autres Marchés, qui reſſemblent à nos Foires& qui neſe tiennent que deux fois an. Fous les Habitans du Pays g'y raſſemblent;car le tems en eſt ſi-bien réglé, que jamais ils ne tombent aux mêmes jours.On y porte toutes les marchandiſes qui s'achétent des Européens au long dela Cêôte, pour les diſtribuer de-là dans l'intérieur des terres(2).

Cnsr dans ces Aſſemblées qu'on voit éclater particuliérement la paſſiondes Négres pour la danſe. Elle eſt ſi générale, für-tout parmi les femmes,qu'au moindre ſon d'un Inſtrument, ou même de la voix, on leur voit quit-ter leurs plus pénibles éxercices& ſe mettre auffi-tot à danſer. C'eſt unuſage immémorial, pour la plus grande partie des Habitans d'une Ville ou-d'un Village, de ſe raſſembſer tous les jours au ſoir ſur la Place publique,pour danfer, chanter,& ſe réjouir Peſpace qhune heure avant que de ſe met-tre au lit. IIs ſe parent alors de leurs meilleurs habits. Les femmes, qui ſonttoujours les plus ardentes, portent aux pieds quantité de grelots. Les hom-

mes(r) Villault, pag. 171.—(x) Il parott que les Bujes ou les Kowris(g) Barbot ubi ſup. mEtoient point alors en ufage.(t) Villault pag. 172. G2.☛y) Villault-. u 2i up.(v) Barbot, ubi ſup.(2), Artus, vubi ſu.