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Tome cinquième.
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OCCIDENTALES DE EAFRIQUE, Lrv. IX. Cuar. VII. 223

mes ont à la main de petits éventails(a), d'un bout de quenòë d'eléphant ou-de cheval, aſſez ſemblables pour la forme aux gros pinceaux de nos Peintres,mais dorés aux deux bouts. L'heure ordinaire de leurs rendez-vous eſt le cou-cher du foleil. Leur muſique eſt compoſée de cornets, de trompettes, detambours, de flutes& d'autres Inſtrumens.

LEs hommes& les femmes, qui ſont diſpoſés à danſer, ſe partagent encouples, l'une vis-à-vis de l'autre, comme dans nos contredanſes,& for-mant enſuite une danſe générale, ils s'abandonnent à toutes ſortes de ſauts,de geſtes& de contorſions ridicules. Is avancent les uns vers les autres, ilsreculent, ils frappent la terre du pied, ils baiſſent la téte en paſſant l'un prèsde Pautre& prononcent quelques mots; ils font claquer leurs doigts, ilsſecouent leur éventail. Leurs mouvemens ſont tantòt vifs, tantôt lents, tan-Utöt accompagnés d'une voix baſſe&(h) tantòt d'un cri.[Enfin c'eſt un dé-ſordre, qui m'eſt pas ſans méthode, puifqu'il ſe renouvelle avec une exacteimitation;& que chacun parost fort-bien inſtruit des pas& des attitudes quiConviennent à chaque danſe.]

ARTUS& Villault ajontent qu'ils ſe frappent alternativement 1'épaule aveceurs queués de cheval; que les femmes ont des cordons de paille, qu' elles

alancent en cercle dans leurs mains,& par-deſſus leſquels elles ſautent aveceaucoup d'adreſſe; qu'elles les jettenr en l'air avec le pied,& qu'elles lesregoivent avec la main(c),&c. Toutes ces gambades paroiſſent leur plairecaucoup; mais elles n'aiment pas trop à les faire devant les Etrangers, par-Ce que les voyant rire du ſpectacle, elles prennent leurs riſées pour une rail-lerie. Aprés une heure d'exercice, elles retournent tranquillement dans leurscabanes(d).— Cns danſes varient, ſuivant les tems, les circonſtances& les lieux. Cel-es qui ſe font à l'honneur des Fériches, ſont plus graves& plus férieuſes. II„Fa des danſes publiques, ordonnées par le Roi, comme celle d'Abrambo,Sgrande Ville du Royaume de Fétu, ou, pendant huit jours conſécutiſs, qu'onnomme a ſaiſon des danſer,] il s'aſfemble une prodigieuſe quantité de Négreses deux ſéxes. Chacun ſe pare avec ſoin pour cette ſolemnité(*)..

ARFps raconte qu'ils ont certains édifices ſéparés, dont'unique uſage eſtPour y donner aux jeunes-gens des legons de danſe& de muſique. Mais ilarrive ſouvent qu'échauffés par la nature de ces éxercices& par le vin deauquel ils ſont fort livrés, ils ne ſortent de-là que pour courir armés

ans toutes les rues,& pour y commettre beaucoup de défordres. Quoiqu'ilsnée Prennent point aifément querelle, iltement lorſqw'ils„offenfent,& rarement ſe ſéparent-ils ſans effuſion dé ſang.

Tovrns les réjouiffances publiques des Négres de Guinéc ſe réduifent àla danſe, à la muſique& à des combats ſimulés, qui ne laiſſent pas de ſe ter-

miner quelquefois d'une maniéere ſanglante. Le 26 d'Avril 1667, on célébra

au Cap-Corſe, ſous la conduite d'un Prince Négre, gendre du Roi de Fé-

tu, qui faiſoit ſa réſidence dans ce Canton, l'anniverfaire d'une victoire qu'ilavoit

(c.) Villault dit qu'elles danſent autour d'un

cercle, qu'elles lancent en l'air avec le pied.(d) Artus, ubi ſup.& Villault, pag. 218.(*½) Barbot, pag. 276.

doe prtus dit, une quens de cheval; Bar-

65) Fephant,& VIllault l'une ou l'autre.Nan0. Artus, pag. 89. Villault pag. 217.&378.

DE ACÖTE d'On.

Deſcriptionde la danſedes Négres.

Variété dansles danſes&les fêtes.

Lecons dedanſe& demuſique pourles jeunes-gens.

s ſont capables de beaucoup d'empor-

Féte pourl'anniveraſired'une victoi-18