OCCIDENTALES Dr PAFRIQUE LMv. IX. Cnar. VII. 287
gas moins pour chercher les moyens de faire tomber quelqu'un dans leurs fi. Niüongs
jets,& de ſe procurer des liqueurs par cette voie(5). Geet
LA fierté& l'ambition n'étant pas moins communes parmi les Négres de CorE P.On.la Côte d'Or, que la pauvreté& la convoitiſe du bien d'autrui, il s'éleve Guerres desentr'eux des querelles fréẽquentes„ qui deviennent l'occaſion des plus ſan- Négres de laglantes guerres. Lorſqu'un Roi prend la réſolution d'attaquer ſes voiſins, il Cote d'Or.fait avertir ſes Sujers, par le miniſtere des Gouverneurs(c), de s'affembler Conſeil quen armes, au jour& dans le lieu qu'il lui platt d'indiquer. Là, formant un ſe tient,& de-Conſeil de ſes Capitaines& de ſes Nobles, il leur expoſe le ſujet de ſes plain- ciaration detes& de ſes reſſentimens, il les exhorte à ſoũtenir leur réputation de valeur, Suetre-
& leur faiſant eſpéerer la victoire au nom des Fétiches, il leur promet un bu-
tin conſidérable. Après cette Aſſemblée, il fait partir un Titi, ou un Hé-
raut, pour déclarer la guerre à ſes ennemis, en leur faiſant aſſigner auſſi le
lieu, le jour& T'heure de la Bataille. Tous les Capitaines ſe rendent à la téte
de leurs Troupes, qui ſont compoſées de leurs propres Eſclaves& de tous
les hommes du Pays au-deſſus de vingt ans(d).
PENDANT qu'ils s'occupent de leurs préparatifs, le Roi& les Grands re-tournent à la Cour, d'où ils reviennent bien-tôt avec leurs femmes& toutesleurs familles. Si la querelle eſt vive& fait prévoir une guerre ſanglante,ils commencent par détruire leurs propres Villes& leurs Villages, dans ladouble vüe d'ôter à Ennemi tous les avantages de ſa conquête, s'il eſt Victo-rieux,& de faire perdre à leurs Troupes l'envie de quitter les armes avant
Pla fin de la Campagne.[Mais ſi la diſpute n'eſt pas de grande conſéquence,
ils ſe contentent d'envoyer leurs familles dans quelque Ville neutre, en laiſ-
ſant leurs maiſons vuides, car perſonne ne penſe à revenir chez lui avant
la fin de la Campagne(e)].
LEs Negres de la Cêôte, qui vivent ſous la protection des Forts Euro- Alflespéens, demandent aux Facteurs la permiſſion d'y réfugier leurs familles& qu'ils trou-jeurs effets, avec un azile pour eux-mêmes, s'ils ont le malheur d'etre 1““
vaincus. En 1087, les Habitans du Pays d'Acra auroient été détruits juſqqu'au ropéens.dernier par les Aquambos, ſi le Gouverneur du Fort Hollandois de Creve-cœur ne les eut regus dans ſes murs,& n'ent fait tirer fur l'Ennemi pour'é-loigner(e')
Pendant la guerre, les Rois Négres ont toüjours une garde nombreuſeautour de leur perſonne, ſoit qu'ils tiennent la campagne, ſoit que ſe fiantà leurs Généraux, ils prennent le parti de demeurer dans leurs Palais. Com-me v'Auteur ne vit que cette partie de leur Milice, il en fait une Deſcriptionfort effrayante. La figure de tous ces Guerriers, dit-il, eſt ſi terrible, qu'onles croiroit prêts à dévorer tout ce quw'ils rencontrent. Ils affectent de grin-cer les dents& de mettre de la fureur dans leurs regards. IIs ſe colorentbizarrement le vifage de raies blanches, rouges& jaunes. Le reſte du corpseſt peint auſſi de diverſes figures, qu'ils crolent propres à les rendre plusformidables. IIs n'oublient pas de ſe paſſer, autour des épaules, pluſieurscoliers de verre, chargés de Fétiches, pour leur propre sreté au milieu
Hideuſe fi-gure des gensde guerre.
des(⁵) Boſman, ahi ſup. Barbot, pag. 293.. Artus, ubi fup. pag. F2(e) Artus, ubi ſup. pag. 53.(4) Des-Marchais, Vol. I. pag. a20,& f arb ag. 23 Pg. 320.&(F†) Barbot, pag. 294,