OCCIDENTALES DE UPAFRIQUE, Lvv. IX. Cnxw. VIII. 347
cès que dans l'eſpace d'une nuit, elles n'y avoient laiſſé que les os. II ajoũte, Hrsrornr
ſur ſa propre expérience, que a morfire d'une fourmi noire cauſe des doun- NarunmCR
leurs inexprimables, quoiqu'elle n'ait Pas d'autre effet dangereux. Conrg 29,02.LIEIE méme Auteur parle, avec plus de menagement que Focquenbrog, de 4
certains Chefs qui paroiſſent gouverner les fourmis.] On diſtingue aiſ'ment, Rlles ont des
dit-il, à la téte de leurs Bataillons, trente ou quarante guides qui furpaſſenc Ditenn Poee
les autres en groſſeur,& qui dirigent leur marche. Leurs éxécutions ſe font, ac
ordinairement la nuit. Elles viſitent ſouvent les Européens dans leurs lits, 8
& les forcent de ſe mettre à couvert dans quelqu' autre lieu. Süls oublient
derriére eux quelques proviſions de bouchc, ou d'autres effets comeſtibles 4
ils doivent être sürs que tout ſera dévoré avant le jour. L'armée des four-.
mis ſe retire enſuite avec beaucoup d'ordre,& tocjours chargée de quel-
que butin qu'elle a la précaution d'emporter.
PLgNDANT le ſéjour gue l Auteur fit au Cap- Corſe, un grand corps de cettemilice vint rendre ſa viſite au Chateau. II Stoit preſque jour lorſque lavant(ap. Conegarde entra dans la Chapelle, ou quelques domeſtiques Négres étoient en-dormis fur le plancher. IIs furent réveillés par l'arrivée de ſeurs Hòôtes;&
P'Auteur, s'étant levé au bruit, eut peine à revenir de ſon étonnement. L'ar- Comment elriére: garde étoit encore à la diſtance d'un quart de mille. Aprés avoir tenu 5 Kconſeil ſur cet incident, on prit le parti de mettre une longue trainée de pou- 99
dre ſur le ſentier que les fourmis avoient tracé& dans tous les endroits où
elles commengçoient à ſe diſperſer. On en fit ſauter ainſi pluſieurs millions,
qui&toient déja dans la Chapelle. L'arrière-garde ayant reconau le danger,
tourna tout-d' un· coup& regagna directement ſes habitations.
SI les Fourmis n'ont point un langage, comme les Négres& pluſieurs Preuve qurel-Européens ſe le ſont imaginé; on ne peut douter, ajoũte l'Auteur, qu'elles les s'enten.m'aient quelque maniére de ſe communiquer leurs intentions. II s'en convain-. hipr ingsquit par Fexpérience ſuivante. Ayant découvert, à quelque diſtance desmids, quatre fourmis qui paroiſſoient être à la chaſſe, il tua un Cockroach,
& le jetta ſur leur chemin. Elles paſſéèrent quelques momens à reconnoitre ſi
C'Stoit une proye qui leur convint. Enſuite une d'entr'elles ſe détacha pour
porter Pavis à leur habitation, tandis que les autres demeurèrent à faire la
garde autour du corps mort. Bien-tôt l' Auteur fut ſurpris d'en voir parottre
in grand nombre, qui vinrent droit au corps& qui ne tardêrent point à
Fentrainer. Dans d'autres occaſions, ou il prit plaiſir à renouveller la même
expérience, il obſerva que ſi le premier Détachement ne ſuffiſoit pas pourla peſanteur du fardeau, les fourmis renvoyoient un ſecond meſſager, quirevenoit avec un renfort(m).
(m) Smith, ibid.
*Tr2*’e1989
888.
XX 2 g. VII.