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Tome cinquième.
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HrsTrorRENATURELLE;DE LACôrz D'On.

Néceſſité dupoiſſon ſur laCôOte d'Or.

Poiſſon d'eaudouce. Troiseſpèces re-marquablesdans les Ri-vieres.

Poiſſons deMer.

Dorade.

348 VOYRGES AU LONG DESCÖOTES

HeeN AMH.Peiſſon de Mer& de Rivièreg.

A diſette ou la mauvaiſe qualité des viandes& des autres proviſions,

rend ici les ſecours de la Mer fort utiles à la conſervation de la ſanté&de la vie. II ſeroit impoſſible de ſubſiſter long-tems ſans cette reſſource; carnon-ſeulement les Négres, mais la plüpart même des Européens ne viventque de poiſſon, de pain& dhuile de Palmier. Ceux qui aiment le poiſſonpeuvent ici s en raſſaſter pour cinq ou’ ſix ſols;& v'ils ne s'attachent point àchoiſir le plus rare& le plus beau, ils peuvemt ſe ſatisfaire aifement pourla moitié de ce prix- 8i la pêche m'eſt pas heureuſe, comme il arrive ſouventFans la ſaiſon de Phiver ou dans le mauvais tems, la vie du Peuple eſt fortmiſérable.[Mais dans d'autres tems, on peut toſjours en avoir d'une ouFautre eſpéce; les Rivières& la Mer paroiſſant ſe diſputer Pavantage d'enproduire Ies meilleurs.]

LEs Riviéres fourniſfent particulisrement trois fortes de poiſſons, quePAuteur appelle d'eau douce, poaur les diſtinguer non-ſeulement du poiſſon deMer, mais encore de celui qui vient de la Mer dans les Riviéres. La pre-mière eſpèce ſe nomme Carmon. Dans toute ſa grandeur, elle eft longue detrois quarts d'aune,& de'épaiſſeur ordinaire du bras. Sa chair eſt blan-che, R ſeroit délicieuſe ſi elle mavoit quelque choſe de trop gras& de trophuileux. La ſeconde ſorte eſt le Mulet. II n'eſt guéres différent du Carmonque par la téte(a), qui n'eſt pas ſi epaiſſe. II eſt auſſi moins grand. Maisil ne lui céde en rien pour la bonté. La troiſieme ſe nomme Batavia. Lesgros poiſſons de cette eſpece ſont aſſez bons, lorſqu'ils ne ſentent point labousé. Ceſt leur défaut commun. Quelques Européens les ont pris pourdes perches; mais Boſman n'y trouve pas la moindre reſſemblance(b).

VITLAUUYT nomme, entre les poiſſons de Mer, la bonite, les Jacos,qui ſont de la groſfeur d'un veau, le brochet de Mer, la morue, le thon&la raye. Les petits poiſſons, fur-tout les ſardines, y font dans une extrèmeabondance. On y vöoit une forte de poiſfon volant, qui eſt d'un fort- bongolt,& blane comme la nége. D'autres Auteurs en nomment un beaugoupplus grand nombre. Artus pretend que le meilleur poiſſon qu'on trouve dansCette Mer eſt la Dorade. Elle a le goüt du ſaumon. Les Anglois lui don-nent le nom de Daupbin()& les Hollandois, celui de poiſſon d'Or. Onle regarde comme le plus léger de tous les Animaux qui nàgent. Il gentrouve toljburs une quantité à la ſuite des Vaiſſfeaux. Les Dorades ſe lais-ſent prendre aiſément lorſqu'elles font preſſées de la faim. Elles ſont ordi-nairement longues de quatre ou cinq pieds;& depuis la téte juſqu'à l'extré-mité de la queus, elles ont une nageoire, qui ſert à la vivacité de leur mou-vement. Leur peau eſt douce& unie, ſans la moindre écaille. Si l'ons'enrapporte à Fobſervation des Matelots Hollandois, lorſque la faim les preé ſſe

(a) Barbot en a donnè la Figure, pag. 224. un poiſſon différent. Voyes les Figures du(b) Boſman, pag. 277. Tome I.(e) Ceſt une erreur, car le Dauphin elt

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