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Tome cinquième.
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OCCIDPDENTAILES DPEUAFERIQ2UE, IIV. X. Cux. HIL, 36 x*

dis que les hommes s'occupent aveg gett ardeur, les femmes ne demeurent Cowg orpas Oiſives. Elles braſſent de la bierre, elles préparent des alimens, ſoit pour Escravgss.la ſubſiſtance de leur famille, ſoit pour les vendre au Marché avec les fruits

du travail des maris. Leémulation femble animer les deux ſéxes. Auſſi vivent-

ils ſplendidement& ne ſe refuſent-ils rien; pendant que les Négres de la

Côte d'Or n'ôſent manger un morceau qui leur coũte quelque choſe(%).

PHAILELIPS obſerve que les femmes s'occupent particuliérement à faire des Occupationsétofes qui portent le nom de Juida, des nattes, des paniers, du kanki, ¹es kemmes.du pito,& à planter ou ſemer leur bled, leurs ignames, leurs patates,&c.

LU'Stofe, ou le drap de Juaida, eſt long d'environ deux aunes& large d'unquart. L'uſage eſt d'en joindre trois piéces enſemble. On en fait de diverſescouleurs; mais ordinairement il eſt à raies blanches& bleués. Pour une livrede tabac, quelque mauvais qu'il pot étre, lAuteur achetoit une meſure decette stofe, qui auroit coüté plus d'un gcu à la Barbade. II en obtenoit lamême quantité pour huit couteaux, qui ne lui revenoient qu'à vingt-quatre

ſols la douzaine.[Pour faire ges étofes, particulierement celles qui ſont avec

— des raies bleués, les Négres déefilent les perpetuanes qu'ils achetent des An-glois](p).

LEs gages des ouvriers ſont fort mêdiocres; mais ils veulent Stre payés Salaire desd'avance. Le principal ſervice qu'ils rendent aux Hollandois, conſiſte à ourvrters.tranſporter leurs marchandiſes du rivage à la Ville Royale, où la Compagniede Hollande a ſon Comptoir. La diſfance eſt de trois lieués;& le prix,pour chaque fafdeau, eſt depuis huit juſqu'à douze ſols, ſuivant ſa peſan-teur. On ne ſgauroit ſe plaindre de la cherté; mais les porteurs ſe dédom-magent en pillant, comme on I'a déja fait obſerver. Avec un poids de huitcens(4) fur la téte, ils marchent ſi légérement, que les Hollandois, ſansaucune charge, ont peine à les ſuivre.

CEux qui ont acquis des richeſſes conſidérables ne ſe bornent point àagriculture, dont iſss laiſſent le ſoin à leurs femmes& à leurs domeſti-qués. IIs éxercent le commerce des Eſclaves& de diverſes ſortes de marchan-diſes(r).

MaAIs fi les Habitans de Juida ſurpaſſent tous les autres Négres en induſtrie melinationcomme en politeſſe, ils''emportent beaucoup aufſi par le goũt& la ſubti- 1“lité qu'ils ont pour le vol. A l'arrivée de Boſman dans ce Comptoir, le Roi.lui déclara qne ſes Sujets ne reſſembloient point à ceux d'Ardra& des autresPays voiſins, qui étoient capables, au moindre méecontentement, d'empoi-ſonner Jes Européens. C'eſt, lui dit() le Prince, ce que vous ne devez ja- Exemplesmais craindre ici. Mais je vous avertis de prendre garde à vos marchandiſes, des larcins decar mon peuple eſt fort éxercé au vol,& ne vous laiſſera que ce qu'il ne Wida.pourra prendre. Boſman, charmẽé de cette franchiſe, réſolut d'tre ſi atten-tif qu'on ne püt le tromper aiſément. Mais il éprouva bien-têôt, confeſſe-t'illui-même, qu'il avoit compté ſans ſon Höòte,& que l'adreſſe des Habitans ſur-paſſoit toutes ſes précautions(t). II ajote qu à Pexception de deux ou gens

es

-) Boſman,) Le méme.:—) 1

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