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Tome cinquième.
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Onn'obtientai juſtice nireſtitution.

Habillemensde cette Na-tion.

Nudité desfilles& desgarçons.

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362 vOYAGES AULONGDES OCGITIES

des principaux Seigneurs du Pays, toute la Nation de Juida n'eſt qu'une-troupe de Voleurs, d'une expérience ſi conſommée dans leur profefſion, quede Paveu des Frangois, ils entendent mieuꝝ cet art que les plus habiles filoux deParis. A ſon départ, dit-il encore, il avoit fait ſes paquets avec beaucoupde ſoin,& les avoit enfermés juſqu'au jour ſuivant dans le magazin du Comp-toir;& s'étant pourvũ aufſi de quantité de poulets pour le voyage, il lestenoit au même lieu dans des cages. Mais le lendemain il ne retrouva ni ſespoulets ni ſes marchandiſes, quoique le Magazin fut un édifice ſolide& bienfermé. Toutes ſes recherches ne purent lui faire juger quelle methode lesNégres avoient employée pour ce vol. IIs lui avoient pris dans une autreoccaſion la valeur de ſoixante livres ſterling en marchandiſes; mais il avoitdécouvert au tott du Magazin, qui m'étoit que de roſeaux couverts d'argi-le, un trou, par lequel ils avoient tiré leur proie avec un long croc.Un jour, le magazin Frangois fut volé de méme,& le trou êtoit aſſezgrand pour le paſfage d'un homme. Les Anglois ayant une groſſe quantitéde bujis à faire tranſporter du rivage à la Ville, s'étoient aviſés, pour les ga-rantir du vol, de coudre leurs barils dans des ſacs. Mais cette précaution futinutile. Les Néegres trouvêèrent le moyen d'ouvrir les ſacs& d'enfoncer lesbarils avee des cizeaux de fer. Ils ont mille voies, dont il eſt impoſſible de ſedéfier,& qui trompent la vigilance des Gardes. S'ils ſont pris quelquefois ſur-le fait, ils demandent avec une effronterie ſurprenante ſi Pon les croit capa-bles de travailler pour un ſi petit ſalaire, ſans'eſpérance qu'ils ont de piller-Il ſert peu de perter ſes plaintes au Roi. On n'obtient ni juſtice ni reſtitution-Si ce Prince ordonne qu'on-faſſe quelque recherche, perſonne n'ôſe l'entre-prendre, parce qu'on a toũjours à redouter quelque Seigneur qui participe auvol,& qui protège les Voleurs(v).

ArkINs leur aà vü pouſſer l'effronterie juſqu'à dérober les pagnes des Ef-elaves qu'on amêène de l'intérieur des Terres(a).

LEs Neégres de Juida ſont généralement mieux vétus que ceux de la Còôted'Or, mais ils n'ont pas d'ornemens d'Or& d'argent. Leur Pays ne produitaucun de ces précieux métaux,& les Habitans n'en connoiſſent pas même loprix. IIs portent, Pun ſur autre, cinq ou ſix habits de différentes ſortes. Ce.jui qu'ils ont par-deſſus n'a pas moins de ſept ou huit aunes de long,& ſertà les envelopper fort décemment. Le droit de porter le rouge n'appartientqu'à la famille Royale. Les femmes portent auſſi pluſieurs robes, oupluſieurspagnes, mais qui n'ont pas plus d'une aune de longueur. Leur uſage eſt deſes fermer ſur le ventre avec une boucle ou un bouton. Les Négres mêmesbadinent ſur cette mode, qui eſt, de l'invention de leurs femmes,& pourlaquelle il faut ſuppoſer, difent-ils, qu'elles ont de bonnes raiſons.

Lrꝑs hommes, les femmes,& les enfans ont la téte raſée dans tout lePays de Juida;,& ne ſe la couvrent jamais, malgré la différence des ſaiſons.Ils en ont la barbe(y) beaucoup plus forte(z). Phillips dit que les fillesſont nues juſqu'au tems du mariage,& que c'eſt la preuve de leur virginité:Lhabitude les rend ſi peu ſenſibles à cette indécence, qu'il en a vũ plus de

200(v) Le méme, pag. 348.& ſuiv. IWV. R. d. T.(x) Voyage d'Atkins. pag. 112. On à dé-(y) Angl. la Téte. R. d. E.ja vü d'autres détails dans ſa Relation, Tom.(3) Bofman, pag. 350.& ſuiv.