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Tome cinquième.
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DP'EL BE r.

1670

Il retourneà Offra avecDubourg.

Il avoit étéami du Roidans leur jeu-

neſſe.

Députationdu Roi.

Le Princeſon fils vientlui meme.

Le Princeſe rend aubord de laMer.

½ VvOYAGCESs AULONG DES CUTES

DvoURG& Carlof partirent le lendemain pour Offra, où le FacteurAnglois leur avoit fait préparer un logement& des proviſions. Il n'étoit paspermis aux Négres de leur en offrir, ſans avoir regu Fordre du Roi pourPouverture du Commerce. Cependant le Viceroi fit à Dubourg un accueilfort civil. La réponfe de la Cour ſe fit attendre pendant pluſieurs jours. Car-lof en fut ſurpris. II avoit g&crit au Roi, pour lai rappeller leur ancienne ami-tié. Dans leur jeuneſſe ils avoient bũ plus d'une fois enſemble, bouche à bou-che, ſuivant le Langage du Pays; c'eſt-à-dire, dans le même verre;& cettemarque de confiance paſſe dans la Nation pour un gage ſi ſacré deſtime&d'amitiéë, qu il ne peut être violé ſans un prompt chàtiment du Ciel. On n'enprit pas moins la réſolution de faire débarquer les préſens que la Compagniede France envoyoit au Roi. II y avoit entr'autres un beau caroſſe doré, avecde magnifiques harnois. Les Portugais avoient introduit dans le Pays Puſagede cette voiture.

Là Cour d'Ardra fait attendre long-tems ſes réponſes aux Etrangers. Maisen faveur de Carlof& de l'ancienne amitié, le Roi voulut bien abréger lesdélais. Un Capitaine Négre, dépéché par ce Prince, arriva le 16 de Jan-vier à Offra,[cC'eſt-à-dire, dix jours apréès la datte des Lettres.] Il ſe ren-dit au logis du Sieur Dubourg;& demandant à voir Carlof au nom du Roi,il lui dit que Sa Majeſté étoit extrémement ſatisfaite de retrouver ſes anciensamis, lorſqu'elle les croyoit dignes de reparoitre devant elle; qu'il auroitPhonneur de la voir immédiatement;& que pour lui marquer qu'elle ſe ſou-venoit de lui, elle le diſpenſoit de la loi impoſée aux autres Etrangers, defaire leurs préſens avant que d'étre regus à l'audience. Le Meſſager ajoctaque le Roi étoit bien diſpofé en faveur des Frangois; qu'il leur accorderoitvolontiers tous les privilèges dont les autres Nations jouiſſoient dans le Pays,& qu'il x en joindroit de nouveaux; enfin, qu'il avoit donné ordre au Prin-ce ſon fils& au Grand-Capitaine dc Kwendre àk Ora, pour recevoir Carlof& le conduire à la Cour.

CrTrrE nouvelle, que les François affectérent de publier, mortifia beau-coup les Hollandois. Deux jours après, le Prince Héréditaire& le Grand-Capitaine arrivérent enſemble. Dubourg, accompagné de Carlof, ſe hàtade viſiter le Prince. Cette entrevũe ne ſe paſſa qu'en complimens mutuels;& comme la fin du jour approchoit, on remit les affaires au lendemain. Eneffet, dès le matin du jour ſuivant, le Prince, accompagné du Grand-Capi-taine, ſe fit conduire au logement des Frangois. Apreès les premières civili-tés, il dit à Carlof qu'il étoit envoyé par le Roi ſon pêère pour le conduire àMem; mais qu' auparavant il vouloit ble régaler;&] boire avec lui au bordde la Mer, d'ou ils reviendroient à Offra pour ſe rendre à la Cour. 1

CnTT viſite du Prince donna aux Frangois la liberté d'acheter des Habitans,toutes les proviſions dont ils avoient beſoin, non-ſeulement dans la Vilfe,mais fur leurs propres Vaiſſeaux; quoique cette permiſſion fut d'ailleurs inu-tile, parce que les Négres de la Céôte leur portoient toutes ſortes de rafras-chiffemens pendant la nuit. Quatre jours après(e), le Prince ſe fit porter aubord de la Mer, oul'on avoit pris ſoin de jui dreſſer une grande tente. II avoitpour cortége le Capitaine du Commerce, Dubourg& Carlof, 126cen-

nglois

(e) Angl. le 20. Janvier; c'eſt-q dire Ie lendemain. R. d. E.