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Tome cinquième.
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OCCIDENTALES pz vAFRIQUE, Lm. N. Cnxv. VIII. 443

Anglois& les Ecrivains ou les Sécretaires du Comptoir Hollandois. Il arriva vRaür.au rivage ſur les neuf heures du matin. Auffi-tõt qu'il parut, d' EIbée, qui 1670.étoit demeuré à bord, le ſfalua de quatre décharges de douze piéces de ca-

non,& ſe mit dans une chaloupe pour deſcendre à terre., Le Prince envoya„ D Elhee ſ-au-devant de lui quelques gens de ſa ſuite, qui le prirent fur leurs épaules& 5 A. a.;Frapportéèrent heurenſement de plus de ſoixante pas en Mer(f); tandis que 8d'autres Négres, avec autant d'adreſſe que de force, lancèrent à la même

diſtance la Chaloupe ſur le rivage(g). Ces Négres étoient des hommes de

haute taille& fort robuſtes, mais tout-à- fait nuds, à la réſerve d'une pisce

de coton qui leur couvroit la ceinture.

LoksouE d'Elbée fut avancé de quelques pas, un Officier Négre vintle Coremoniesprier, en Langue Portugaiſe, de s'arréter dans le lieu ouù il étoit. Il y con- avec leſquel-ſentit;& tout le Peuple que la curioſité avoit amené pour le voir, s'étant re- 8 il y eſt re-tiré par un mouvement de reſpect, il demenra ſeul avec ſon cortège&'Of. 90.ſicier Négre. Bien-tét il vit venir vers lui une troupe de Négres, qui por- Marche detoient de petites baniéres, dont le manche étoit un bäton courbé dans la la ſuite duforme d'une§,& qu'ils agitoient de mille manieres avec beaucoup d'adreſſe Prince.

& de légèreté. Divers Inſtrumens de muſique fuivirent immédiatement. Les² premiers, qui étoient des tambours, avoient leurs caiſſes peintes pointuespar les deux bouts,]& fort-bien ornées. Is battoient juſte, avec des caden-ces agréables. D'autres, qui venoient à leur ſuite, portoient de petites clo-ches de fer poli, ſur leſquelles ils frappoient avec des baguettes, ens'accor-dant avec le ſon des tambours. IIs étoient ſuivis d'une grande troupe de Co-médiens ou de Baladins, les uns danſant, d'autres chantant, avec des mou-vemens& des attitudes fort comiques; d'autres récitant des avantures réjouiſ-ſantes,& d'autres encore jouant différens airs fur des flütes de cuivre& d'i-

voire, dont les ſons répondoient à celui des autres Inſtrumens. Cetrte premiè-re bande compoſoic la rIIUfi Jaeola Drinese, G I'accompagne toüjours lorſqu'il

marche avec la pompe de ſon rang. Elle paſſa devant d'Elbée en fort bon or-dre,& ne manqua pas de lui donner ſa meilleure ſymphonie. Les Officiers dela Maiſon du Prince s'avancéèrent enſuite à la téte de ſes gardes, qui mar-choient aprés eux le fuſil ſur l'épaule, avec de grands fabres à poignées do-rées. Enſuite venoit le Grand-Ecuyer ou le Grand-Mattre de la Cavalerie,qui marchoit ſeul, richement vêtu& le chapeau ſur la téte. II portoit ſur ſonSpaule le fabre du Prince, comme on porte à Genes l'épée de PEtat devantle Doge. Enfin, le Prince ſfuivoit immédiatement. Quelques Négres ſoũte-noient ſur ſa téte un grand paraſol. II marchoit lentement, appuyé ſur deuxde ſes Ofciers. Le Grand-Capitaine, ou le Général des Armes, étoit à ſa droi-te;& le Grand- Capitaine du Commerce à ſa gauche. Il avoit à ſa ſuite quan-tité de Nobles ou de Seigneurs,& la marche etoit fermée par une trouped'environ dix mille Négres.Ir s'arréta lorfqu'il fut à dix pas des Frangois. L'Officier Négre qui étoit Complimentdemeuré avec eux avertit leur Commandant qu'il étoit tems de s'avancer. quiil regoit de

EIbA d'Elbée& ſaD'Elbée réponſe.

„(F) Angl. qui le prirent ſur leurs Epaules(g) Angl. enlevérent la chaloupe avec l'e-des qu'il fut prét d'aborder,& le portèrent quipag ¹ la portèrent à plus de vipgt brafà terre. R. d. E. ſes du rivage. R. d. E.