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Tome cinquième.
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OCCIDENTALES DEz vAFRIQUE, Lrv. X. Cur. VII. 453

LàA Religion d'-Ardra eſt un amas confus de Superſtitions, qui ne peuventEtre rappellées aux principes naturels du bon-ſens. Lidée méme d'un Etrefupérieur m'a rien de fixe& de reglé dans P'eſprit des Habitans. IIs n'ont ni neSTemples;, ni aucune forme de culte. IIs n'offrent point de prieres ni de Sal pavs. 5 n daerifices. Toutes leurs vües ſe bornent à la vie préſfente, ſans aucun ſoupgond'un état futur. Tozifon, Roi d'Ardra, avoit été élevé dans un Couvent Por-tugais de IIfle S. Thomas. II n'avoit que du mépris pour la Religion de ſonPays;& dElbée n'auroit pas déſeſperé de ſa converſion, s'il n'eüt remarquéraſcendant du Grand-Prétre. L'autorité de ce Tyran eſt ſi-bien établie, qu'ilpourroit détrõner ſon Maitre au moindre changement qu'il entreprendroit defaire dans la Religion. C'eſt lui qui aſſigne à chaque famille les Fétiches ouDsles Idoles qu'elle doit adorer,[ ſi elle veut ſe garantir des malheurs inſcpara-bles, de la vie préſente].LEs Fétiches du Roi& de IEtat ſont de gros Oiſeaux noirs, qui reſſem- FFétiches dablent aux corbeaux de'Europe. On les nourrit avec beaucoup de ſoin,& Roi& del E-les jardins du Palais en ſont remplis; mais le culte qu'ils regoivent n'approche atpoint de celui qu'on rend aux Serpens de Juida. II fe réduit à croire qu'on nepeut les tuer ou les bleſſer ſans attirer ſur le Pays les plus grandes infortunes.Chaque Neégre a ſon propre Fétiche. Les uns choiſiſſent une montagne, d'au-tres un arbre, une pierre, une piéce de bois ou quelqu'autre ſubſtance inani-mée, qu' ils regardent avec reſpect, mais ſans priéres& ſans Sacrifices. Reli-gion commode& dégagée de toutes ſortes de cérémonies.Ox ne connott dans le Royaume d'Ardra qu'une ſeule pratique, oùu'on Pnatiquepourroit s/imaginer qu'il entre quelqu'ombre de Religion. Le Grand-Préetre a H. ebdans chaque Ville une maifon, ouù il envoye les femmes tour à tour, pour aAs. v bnnapprendre certains éxercices(a) qui demandent cinq ou ſix mois d'inſtruc-tion. Ce ſont des chants& des danſes, qui conſiſtent dans des mouvemens

X des ſauts fort pénibles, avec un mélange de gris& de hurlemens ouPon garde une certaine insſurs. Les femmés deltinées à Cet eéxercice s'aſ-

ſemblent dans une grande falle. On leur charge les pieds& les mains d'inſ-trumens de fer& de cuivre, pour augmenter le bruit,& ce fardeaurend encore leurs agitations plus fatigantes. Elles ne ceſſent de danſer qu'enrombant de foibleſſe& de laſſitude. Alors les vieilles maitreſſes appellentune nouvelle bande d'écolieres, qui continuent ce divertiſſement, ſans mar-quer beaucoup d'embarras pour le repos de ceux qui vivent dans le voiſina-ge: D'Elbée eut le malheur de s'y trouver logé,& ne put fermer les ycuxjour& nuit pendant tout le tems qu'il y demeura. Il trouva dans la Villed'-Aſſem quelques Chrétiens Négres, qui vinrent lui demander des chapelets& qui marquérent un deſir ardent d'emntendre la Meſſe. Mais il ne s'toitpas fait accompagner de ſon Chapelain. Ces Néegres avoient ſans douteété baptiſés par les Portugais, pendant qu ils étoient établis dans le Royau-me d'Ardra; mais il ne s'y trouvoit plus aucun Marchand de cette Na-tion(L).LE Commerce d' Ardra confiſte en Eſclaves& en proviſions. Les Européens SenFiestſe qu Faps.

⁵☛⸗(a)[Cette coutume paroit avoir quelque dont il a été parlé cy-devant.] 1rapport avec la manière d'élever on d'inſtrni-(5b) Relation de d'Elbee, ubi ſap. pag.ge les flles dans le Royaume de Juida,& 260.& ſuivantes,