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Réponſe duRoi à l'Am-Haſſadeur.
Audiencede la Reine.
Audiencede M. le Dau-phin.
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„ plie inſtamment Votre. Majeſté de les accepter,& d'stre perſuade que ſiſon Pays proqduiſoit quslque choſe de plus curieux ou qu'il püt croire plus„agréable à Votre Majeſts, il vous auroit envoyg avec beaucoup de joie;„ ne geſtrant rien plus ardemment que de perſüader à Votre Majeſté que ſesEtats vous appartiennent autant qu'à Jui. 1
LrE Roi prêeta beaucoup d'attention à ce Diſcours,& fit répondre à'Am-baſfadeur, qu'il éroit fort obligé au Roi d'Ardra ſon Maitre de ſes compli-mens,& de lui avoir envoyé un Ambaſſadeur dont la perſonne lui étoit fortagréable: qu'il acceptoit'offre qu'il lui faiſoit de ſes deux fils; qu'ils demeu-reroient auprés de leur pêre pendant le ſéjour qu'il feroit à Paris, après quoĩil prendroit ſoin d'eux lui-même;& que pour ce qui concernoit le Commer-ce, il le renvoyoit à la Compagnie.
APRks cette réponſe, M. de Berliſe ayant fait ſigne à l-Ambaſſadeur qu'iletoit tems de ſe retirer, il ſe proſterna encore aux pieds du Roi. Enſuite il ſeleva. IIl fit une profonde révérence,& reculant en arriere, ſans ſe tourner,il fit une nouvelle révégrence à la porte de la gallerie. M. de Berliſe le fitremonter dans le caroſſe du Roi,& le reconduiſit à Hòôtel de Luynes dansle même ordre qu' il Stoit venu.
LE lendemain, qui étoit le 20 de Décembre, à deux heures après-midi,M. de Berliſe vint le prendre avec le même cortége, pour le conduire à'audience de la Reine. II trouva ſur le haur de Peſcalier les Cent-Suiſſes dela garde ſur deux lignes,& le Capitaine des Gardes le regut à la porte. IIfut introduit dans l'appartement de la Reine, qui étoit environnée des Prin-ceſſes& de toutes les Dames de la Cour, auſſi parées, que le dueil où PonStoit alors pouvoit le permettre.
UAunAsSADRUH fit trois profondes révérences en entrant. Lorſqu'il futA quatre pas de la Reine, il ſe proſterna, comme il avoit fait devant le Roi,avec ſes trois femmes& ſes trois enfans,& tous ſept ils commencêrent à battredes mains, pour exprimer Ieur vénération. Enfuitce U᷑Ambaſſadeur ſe mit àgenoux& fit ſon compliment en Portugais. La Reine l'obligea de ſe levermalgré toute ſa réſiſtance,& lui fit une réponſe fort gracieuſe en Eſpagnol.Il ſe mit encore à genoux, ſe leva,& reculant en arriere il fit trois révé-rences juſqu'à la porte. Ses femmes& ſes enfans imitérent fon éxemple&firent paroitre une extrème admiration par leurs regards. La foule gtoit ſigrande, qu'ils ne purent arriver aux caroſſes quavee beancoup de difficulté.
LE jour ſuivant,*Ambaffadeur fut conduit au Louvre à l'audience de Mon-ſeigneur le Dauphin& regu par M. de Monraulier, qui Lintroduiſit dansrappartement de ce Prince. II obſerva les mémes gersmomes qp’ à'audiencedu. Roi.& de la Reine. Dans ſon compliment, il felicita le Dug de Montau-ſier, d'avoir été choiſi pour education du premier Prince du Monde. II dità Monſeigneur le Dauphin que le Prince héréditaire d.Ardra F'avoit chargéde Paſfürer de ſon reſpect& du defir qu'il avoit de mériter ſon eſtime& ſonamitié. Enſuite il lui préſenta quelques armes que ce Prince lui envoyoit. LeDauphin ayant fait une réponſe obligeante à ce compliment, IAmbaſſadeurſe retira& fut reconduit, comme Jes jours précédens.
IT rendit enſuite ſa viſite aux Miniſtres& aux principaux Seigneurs de laCour, qui le viſitérent à leur tour, avec toutes les careſſes& les civilitéspoffibles. On le conduiſit à la Comédie, où on donna pour eux le E2. de
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