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OCcIDENTAEES BzrHFRIQUE L. N. CHar. VIII. 46.8
Pjierrenn Un ſpectacle ſi nouveau parut Tamuſer heaucoup. II affiſta ſouveht„Erhtnau Service Divin dans les principales Egliſes,& ſon attention y fuüt tocjours 10„2ο.édiftante. ELes Directeurs de Jla Compagnie lui donnèrent unè fète à Ram-bouillet(F†) avec un concert des haut-hois du Roi, qu'il trouva plus agréa-ble que la muſique de ſon Pays. II dit pluſieurs fois aſſez plaiſamment:„ IIs„ me prendront pour un menteur, lorſque je leur raconterai ce que j'ai vq-„ en France,& mon récit ſurpaſſera toutes leurs imaginations. II y avoit àRambouillet quatre tables de douze couverts, qui furent toutes ſéervies enméme-tems avec beaucoup d'élégance. L-Ambaſſadeur fut placé à la premis-re, avec les Gentilshommes de la Maiſon du Roi qui l'accompagnoient,&quelques Directeurs de la Compagnie. Ses enfans& quelques autres Direc-teurs occupèrent la ſeconde. On plaga ſes femmes à la troiſieme, avec plu-ſieurs Dames Frangoiſes, qui s'étoient fait un amuſement de les accompa-gner. La quatriêème fut remplie par quelques Directeurs, avec les amis qu'ilsavoient invités. Les haut-bois jouérent pendant le feſtin. Tout le monde ad-mira la politeſſe, le bon ſens& la fobristẽ de PFAmbaffadeur. Aprées le diner,on lamuſa quelque-tems par divers ſpectacles. Enfuite on le conduiſit àVincennes, où il parut prendre bsaucoup de plaiſir à voir les appartemens& la richeſſe des meubles. II dit dans cette occaſion, qu'après avoir vl laFrance il étoit inutile de voir le reſte du Monde.
Ir fut ramené à la lumiêre des flambeaux. On lui fit employer les jours ſui-vans à voir divers Palais de Paris& les belles maiſons de campagne qui ſontaux environs.
DaANS''audience qu'il ent de M. de Lionne, Sécretaire d'Etat pour les Af. Audienc-faires Etrangères, il fut regu par ce Miniſtre au haut de l'eſcalier& conduit quril eut de
au travers de pluſieurs riches appartemens juſqu'au grand cahinet, où ils 83 de Lior
s'aſſirent chacun ſur un fauteuil, au-milieu d'un gränd nombre de perſonnesde diſtinction qui avoient ſouhaité d'être témoins de cette viſite. L'Ambaſſa-deur dit à M. de Lionne, en Portugais, Gtl'ayaulft Ele. envoyeée par le Roi ſonMaitre pour offrir au Roi de Francs ſes ſervices& la diſpoſition de ſes E-tats; il regardoit eomme ſon principal devoir d'engager le Miniſtre d'un ſigrand Prince à ne point Spargner ſes bons offices pour entretenir la correſ-pondance que le Commerce alloit Stablir entre les deux Etats,& qu'il ſeflattoit d'autant plus d'obtenir de lui cette grace, qu'il 6toit bien informé deſon mérite particulier& du zéle dont il étoit rempli pour honneur de ſonSouverain.
LE Miniſtre Frangois lui répondit, en Langue Eſpagnole, qu'il employe. Explicationsroit avec joie tout fon crédit pour le ſervice du Roi d'Ardra& pour Pentre- qu'il donnetien de la bonne intelligence qu'il deſiroit. Enſuite il lui demanda quels Ports für ſon Pays.le Roi ſon Mattre avoit dans ſes Etats, ſi le Royaume d'Ardra étoit d'unegrande étendue& s'il avoit ſouvent la guerre avec ſes voiſins? L. Ambaſſa-deur repliqua que le Pays d⸗Ardra ne s'etendoit pas beaucqup au long de laCôte, mais que dans Pintérieur des terres il falſoit quinze jurs pour le tra-verſer; que ſur la Côte d-Ardra& dans toute la Guihée, on ne trouvoit pointde Ports ni de Havres, mais de bonnes Rades, ouù les plus grands Vaiſſeaux
pouvoient
(†) Ceſt le Rambouillet du Fauxbourg Saint-Antoine. R. d. T.