occIDENTALES per vAFRIQOUE, Lw. X. Caasr. VIII. 463
re la traite des Eſclaves qu'avec le Roi ſon Maftre, il pouvoit l'aſfürerqu'elle auroit toljours la preférence& que ſes Vaiſſeaux ſeroient chargésavant ceux de toute autre Nation. A T'egard du ſixiéme, il ne vouluts'engager qu'à faire tous ſes efforts pour Fobtenir du Roi d'Ardra, parce quen'étant pas sür de ſes intentions, il ne pouvoit ſe rendre garant du ſuccès.
Tyr fut le réſultat de cette Négociation. La Compagnie en fit dreſſer Acte du
Greun Acte autentique[écrit en Frangois& en Portugais,] dont on tira deux Traits& 8copies, qui furent ſignées des deux Parties; lune pour étre conſervée en WFrance, Pautre pour être remiſe entre les mains de l'Ambaſſadeur. II fitpréſent à'Afſemblée d'un tapis d'écorce d'arbre,& les Directeurs lui don-nérent un grand miroir avec un cadre de cuivre doré, dont il parut fortſatisfait. En prenant congé d'eux, il fut reconduit par toute'Aſſembléejuſqu'à ſon caroſſe.
PENDANT le reſte de ſon ſéjour à Paris, il n'eut plus d'autre occupationque celle de recevoir& de rendre des viſites. Dans tous les lieux ou il pa-rut, on ne ceſſa point de le traiter avec des témoignages diſtingués de poli-teſſe& de conſidération. Pluſieurs perſonnes de quaſité lui firent des pré-ſens. Les Dames en firent à ſes femmes, qui avoient bien-tòt appris à met-tre beaucoup de différence entre les manières de TEurope& celles de leurPays. Elles firent connoitre par leurs expreſſions qu'elles auroient volontierschoiſi la condition de leurs enfans,& qu'elles portoient envie au bonheurqu'ils avoient de demeurer en France.
LAMBASSADEUR eut ſon audience de congé avec les mêmes cérémonies IL. Ambaſfa-que la premiere. IIs toit familiariſé ſi promptement avec les uſages de France,—qu'en reparoiſfant devant le Roi, la Reine& le Dauphin, il parut aufſi peu 22*contraint dans ſa figure que dans ſes diſcours. II partit de Paris vers le mi-lieu de Janvier 1671, pour ſe rendre au Havre-de-Grace, 0uù il étoit atten-du par deux Vaiſſeaux(b). Les ordres furent donnés pour le défrayer ſur laroute& pour lui rendre tous 1So honneurs imaginables. Lorfqhu'on- apportadevant lut les préſens du Roi pour ſon Maitre& pour lui- même, il parutégalement frappé de leur nombre, de leur richeſſe& de leur beauté. Il ré-pêta pluſieurs fois, comme s'il fut ſorti d'une profonde extaſe:„[II nn a„ qu'un Roi au Monde: il faut que tous ceux qui prennent ce titre fléchiſſent„ les genoux devant celui de(i) France.] Mon Mattre ne croira jamais ce„que j'ai à lui raconter. II doutera même de ce qu'il verra de ſes propres yeux.
Ox ne ſqauroit douter que ſi la Compagnie eũt ſubſiſté plus long-tems, Ia Compa-elle n'eüt tiré de grands avantages de cette Ambaſſade; mais diverſes rai- gnie tire peuſons() la firent fupprimer quelques années après,& les Ifles Frangoiſes defruit de cet-de PAmérique, avec toutes leurs Concefſions, furent réunies à la Couronne. te Ambaſlſade.La Compagnie du Sénégal, qui ſuccéda au Commerce de Guinée, négligea1'Etabliſſement d'Ardra,& ſe détermina, par des conſidérations particulie-res, à fixer ſon Comptoir dans le Pays de Juida. L. Auteur remarque que
c'eſt
Son départde France.
&(b) Barbot dit qu'il s'embarqua ſur un Vaiſ- la grandeur de leur Monarque.
ſeau nommé le Saint-George.(X) Voyez ci-deſſus l'Introduction à l'e-.ꝙ i, Laiſfons aux ſeuls Frangois la méême tabliſſement des Frangois en Afrique, T. III.ſatisfaction de vanter leur Pays,& d'exagérer R. d. T.
F. Part. Ppp