Sa v ſit1'Hôtel de laCompagnie.
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qu’on lui pro-
Reſtrictionsqu'’'il y met.
62 VvIONYAX G.E,S A UU L-ON G DES COTES
pouvoient mouiller en sreté; que les tempetes y Etoient rares,& qu'il n'**
avoit point d'autre incommodité pour le débarquement que la violente&continuelle agitation de ia Mer au long du rivage: que le Roi ſon Mattreavoit des Voiſins puiſſans, aveg leſquels il étoit ſans ceſſe en guerre; quwe
dans ces occaſions il marchoit toüjours à la téte d'une nombreuſe Armée,qui Stoit compoſée de Cavalerie& d Infanterie, lune& Tautre bien fourmied'armes& ſomiſe aux loix d'une févère diſcipline.
Ex prenant congé de M. de Lionne, qui le reconduiſit juſqu'à ſon caroſ-ſe, il fut mené à Hôtel de la Compagnie, où tous les Directeurs s'étoientaſſemblés pour le recevoir. II leur dit qu'il attendoit depuis long-tems, avecimpatienge, Ioccaſion de leur faire ſes remercimens, pour toutes les faveursqu'il avoit regues& quiil recevoit continuellement de la Compagnie; que ſareconnoiſſance ſeroit éternelle,& qu'ils pouvoient le regarder comme unServiteur, dont le zéle&'attachement ne ſeroient jamais capables de ſerefroidir. Les Directeurs firent une réponſe convenable,& le remercièrentde la diligence avec laquelle le Roi ſon Mattre avoit expédié leurs Vaiſſeaux,la Concorde& la Juſtice,& de la faveur qu'il leur avoit accordée en leurpermettant d'établir un Comptoir dans ſes Etats.
L'AMBASSADPDEUR tümoigna quelque deſir d'apprendre d'eux-mêmes cequ'ils avoient à propoſer pour le progrès du Commerce,& leur promit deconſentir à toutes leurs demandes, autant que ſes inſtructions Iui en laifſe-roient le pouvoir. Alors un des Directeurs lui fit les Propoſitions ſuivantesau nom de la Compagnie.
10. Qun les Vaiſſeaux de la Compagnie, qui ſeroient envoyés pour leCommerce au Royaume d'Ardra, euſſent la préeférence ſur toutes les autresNations. 1
20. Quwerrs ne payaſſent pour les Droits que vingt Eſclaves, au-lieu dequatre-vingt que les derniers Vaiſſeaux avoient payés,& qu'en faveur de laFrance cer impöt füt réduir aux bornes qu'il avoit du tems des Portagais.
30. Quꝝ le Roi d' Ardra obligeât ceux de ſes Sujets qui devoient quelquechoſe au Comptoir de la Compagnie, à s'acquitter promptement.
40. QvuE les Facteurs Frangois fuſſent diſpenſés de faire erédit aux Seigneursd' Ardra, lorſqu'ils ne les croiroient pas capables de payer.
[50. Qort fut permis à la Compagnie de faire couvrir ſa loge& ſes.
magazins de tuiles, au-lieu de paille, qui les expoſoit trop au feu.]
60. Qv'rr plàt au Roi de prendre ſous ſa protection immsédiate, la Compa-gnie, ſes Facteurs& ſes Effets(g). 1
A ces conditions, la Compagnie promettoit de tenir ſes magazins conſ-tamment remplis de marchandiſes, juſqu'à la valeur de cinq-cens Eſelaves,pour ſervir comme de caution dans les mains du Roi; d'envoyer annuelle-ment un nombre de Vaiſſeaux pour le fonds du Commerce,& de ne s'enga-ger, pour la traite des Eſclaves, avec aucun autre Prince.
APRks avoir réfléchi ſur ces ſix Articles,'Ambafſadeur les approuvaſans reſtriction, à la réſerve du premier& qu dernier. Sur le premier,il répondit, que ſi la Compagnie vouloit promettre formellement de ne fai-
— re
(&.) Rclation de d' Elbée, ubi ſup. pag. 282.