occiDENTALES DE vAFRIQONE, Iagv. X. Cuar. M. 471
lorſque leur mari commun refuſe d'* fatisfairen. La plüpart des Grands épou-ſent de jeunes filles de qualité, qui n'ont pas plus de neuf ou dix ans; maisils ne conſömment le Mariage qu'apres les avoir entretenugs pendant quelquesannées en qualité de ſervantes. Elles ſont toift à falt nues dans cet intervalle,& lorſque le tems de la conſommation eſt fncs hes commengent à ſe couvrird'un petit pagne ou d'une robe fort courts.
LEs Mariages ne demandent point d'autre cérémonie que le conſentementmutuel des parens. L'Uſage n'oblige hamme qu’à faire préſent de deux outrois pagnes neufs à la femme qu'il épouſe,& qu'à traiter ſes parens& ſesamis avec quelques pots de pitau. IIdéclare alors à l'aſſembléc qu' il prend lafille qu'il nomme, en qualité de ſa principale épouſe. Comme la naiſſance& la fortune ſont comptées pour rien dans ces Allianeces, le. Néogre de la plusbaſſe condition peut aſpirer aux femmes de la plus haute qualirg.
L2AIR d'Ardra n'eſt pas favorable à la propagation de Feſpéce humaine.Il eſt rare qu'une femme ait plus de denx ou trois enfans. Les femmesd'un homme de qualité ſont toujours reſpectueuſes en fa préfence,& nelui parleroient pas fans avoir regu fes ordres. Lorſqu un mari les fait paroitreaux yeux de quelqu' Etranger, elles ſont afſiſes une prés de Jautre, ſur desnattes, dans Penfoncement d'une chambre;& sil les avertit parſun ſigne, el-les ſe mettent à battre en cadence, avec deux bäàtons, ſur une perité clochede fer ou de cuivre, qui eſt'Inſtrument Muſical de leur ſExe. Une femmequi mettroit au monde deux enfans dans une ſeule couche, paſſerqit pour Adul-tere, parce que les Habitans ne peuvent ſe perſiader qu'elle puiſſe avoir à lafois deux enfans du même homme.
L.àA continence n'eſt pas ici plus connue des femmes que ſur le reſte de laCôte,& la crainte même de Eſclavage ne les empéche pas de ſe livreraux Etrangers lorſqu'elles en trouvent l'occaſion. Elles affectent de paroitrelaſcives& libertines, dans l'air& dans les manieères. Les hommes, encoremoins capables qe reree-e, zue. vorllent pas a leurs propres temmes& mer-
ſoins à féduire celles d'autrui. Cependant la contrainte où
tent tous leurs t 8clles ſont retenues par les Grands& les Riches, fait régner plus de modeſtie
& de ſageſſe dans les conditions ſupérieures. La liberté de les voir meſt ja-mais accordée aux hommes du méême Pays; les Européens même nePobtiennent qu'aprés avoir fait naitre une opinion fort avantageuſe de leurcaracteère.
LES Habitans de la Côte s'employent à la péche, à faire bouillir du ſel&aux éxercices du Commerce. Dans les terres, l'occupation des Négres d-Ar-dra eſt agriculturé. IIs cultivent la terre à force de bras, avec beaucoupd'aſſiduité& de vigueur au travail.
L. EuR Langue doit étre ou fort difficile ou fort déſagréable, puiſque danspuſage ils preférent ordinairement celle d-Alghemi(i),& qu'ils la trouventplus douce& plus commode(*).
LEuRs funcrailles ne different de celles de la Côte d'Or que dans deux cir-conſtances; lune, qu’'an-lieu que für la Côte d'Or c'eſt la famille du Mort
qu
(i) Angl. D'Ukami. R. d. E. bot, pag. 348.
2) A
(†) Deſcription de la Guinée par Bar-
V. Part. 242
CoTrE DESHEscLavEs,RoxAUMzD'ARDRA.
Uſages entreles deux SE-Xxes.
Incontinen-ce communeaux hommes& aux fem-m1es.
Leur Langage.
Funérallles.