Cörz DEIEscLAvEs.RovxAuMh9˙ARDRA.
Politeſſe delaNation pourles Euro-DLens.
Commerceactif& paſſifdu Pays.
72e VvOYAGES AULONGDES CGTES
qui fournit Pétofe dont on envelope le cadavre, cette dépenſe tombe ici ſurle Gouverneur de la Place;& que le leu de la ſöpulture eſt ordinairement lamaiſon même que le Mort habitoit, où Pon conſtruit un caveau pour cetuſage. Ces enterremens ſe font avec peu de pompe& de cérémonies. LesRois méêmes ne ſont pas plus diſtingués; mais trois mois aprèes leur mort(1)on facrifie quelques Eſclaves, qu'on enterre pres d'eux. b
Tourg la Nation traite ici les ELuropéens avec beaucoup de conſidération& de civilité. On s'empreſſe de leur fournir toutes ſortes de commodités&de rafraichiſſfemens, à ſi bon marché,[qu'il ſemble toqjours que la politeſſe ꝙ;y ait plus de part que Pintérét.] Un baril d'eau fraiche, une charge de bois àbrüler ne leur coũte que deux bagues de cüiivre. On leur donne un boiſfeaude ſel pour quatre bagues, un pot de biêre pour une. Ces bagues ſe rédui-ſent en Poulgz. Quatre bagues, que les Habitans appellent un Jaune, fontcinq Pouleg.
[(QrrrauEs-vns des Eſclaves qu'on achète dans ce Pays ſont fournis,*comme contribution, par les Nations voiſines,& d'autres font vendus paleurs parens(m).]
LEs Hollandois font un Commerce conſidérable dans le Royaume d'Ardra.Celui des Anglois, ſans avoir autant d'étendue, leur rapporté auſſi de grandsavantages. IIs ont des Comptoirs ou des Loges dans les deux Villes de Praya& d Offra. Les Marchandifes qu'ils y achétent ſont des étofes de coton, despierres bleues, qui s'appellent Aigrir ou Akboris,& qui ſont fort recherchéesſur toute la Côrte; mais fur-tout un grand nombre d Eſclaves des deux ſéxes(„). La meilleure commodité qu'ils puiſſent apporter dans le Pays, eſt lamon-noie favorite des Négres, c'eſt-a-dire, des bujis, dont le cours eſt en uſageici comme celui de Or, de Argent& du cuivre en Europe. Les Eſclavesſe payent, moitié en bujis, moitié en marchandiſes; à moins que le Mar-chand, faute de bujis, ne ſoit obligé de faire autrement ſon Traité. Maisils N entrent tonjours pour un tiers, u du IOhD. Pour un quart. Les barresde fer plates riennent le fecond rang; car les Negres ne les aiment ni rondesni quarrées. Le corail long, les Sarcenets de la Chine, les cuirs dorées, lesdamas rouges& blancs, les draps rouges, les chaudrons&c les baffins de cui-vre, les bagues ou les anneaux de même métal, la verroterie de Veniſe&les colliers de differentes couleurs, les agates, les miroirs à quadre doré, lesſerges de Leyde, les toiles des Indes& de'Europe, leau-de-vie de France,de vin de Canarie, la malvoifie, les chapeaux noirs de Caudebec, les taffetasd'1talie blancs& rouges, les étofes dOr& d' Argent, les couteaux de Hol-lande qui ſe momment Boſmant, les armoizins à fleurs, ou rayés, les broca-relles dOr ou d Argent, les fuſils, les mouſquets, la poudre à tirer, lesgrands colliers de Rouen, les Sarcenets blancs à fleurs, les armoizins des In-des, les ſerviettes damaſſées, les grands pendans de corail, les coutelas lar-ges& dorés, les echarpes de ſoie, les grands paraſols, les pices de huit&les ſonnettes de forme cylindrique on pyramidale, ſont autant de marchandi-
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(¹) Barbot, pag. 348.& 353. dois l'emportent beaucoup ſur les Anglois&(m) Le méme pag. 352. Qu'ils tranſportent annuellement trois mille
(n) Barbot dit, pag. 350. que les Holan- Eſclaves.