PAYS cI-h-CONVOISINS.IAO0G64s.
Sépulturedes Jjaggas.
Royaume deMatama.
426 vOYACUGCES AU LONGDES COTES
aſſiſtans, un Sorcier de chaque côté. Quarante ou cinquante femmes for-moient un cercle autour de lui, portant à la main une queue de Zébra ou deCheval fauvage, qu'elles faiſoient voltiger,& joignant leurs chants à cetéxercice. Derrière elles étoient un grand nombre de Petes, de Ponges& detambours, qui faiſcient beaucoup de bruit avec leurs Inſtrumens. Au centredu cercle on allumoit un grand feu, ſur lequel on plagoit des poudres blan-ches dans un pot de texre. Les Sorciers commençoient par ſe ſervir de ces
oudres, pour colorer le front& les temples du grand-Jagga. IIs lui peignoientenſuite eſtomac& le ventre en travers, avec des enchantemens& des céré-monies ennuyeuſes. Alors ils lui préſentoient ſon Kaſengala, eſpéce d'armefort ſemblable à la hache,, en lui recommandant de ne pas ménager ſes enne-mis, parge qu'il avoit avec lui fon Mokiſſo. Auſſi-tot on Jui amenoit um en-fant male, qu'il tuoit ſur le champ. Cette premiere victime Stoit ſuivie dequatre hommes(p), qu'il frappoit auſſi pour leur donner la mort. Ceux quine la recevoient pas du premier gœup, étoient conduits hors du camp& tuéspar d'autres mains.
LoRsaugn cette boucherie étoit préte à commencer, lées Sorciers ordon-noient à Battel de ſe retirer, parce qu'il étoit Chrétien,& que le Diable, di-ſoient-ils, alloit ſe préſenter à leurs yeux. Pour dernier acte d'une ſi barbaretragédie, le Grand-jagga faiſoit égorger cinq vaches dans le camp,& cinqdehors. On immoloit le même nombre de chévres& de chiens. Le feu étoitarroſé de leur fang,& les corps dévorés avec beaucoup de joie. La mêmefeête étoit quelquefois célebrée, avec les memes cérémonies, par les autresChefs du camp.
PocR enterrer leurs Morts, ils font un caveau, dans lequel ils mettent lecorps aſſfis. Mais c'eſt aprés lui avoir accommodé fort proprement les che-veux, l'avoir lavé& comme embaumé avec des poudres odoriférantes. IIs leparent de ſes meilleurs habits;& le faifant porter par deux hommes, ils leplacent dans ſon dernier domicile, avec deux de ſes femmes, qui s'aſſeient prèsdellui,&(4) fes armes, quw'om briſe dans le même lieu. Alors on ferme lecaveau en le rempliſſfant de terre. Ceux qui meurent dans leur Pays ſont en-terrés de même, mais on met avec eux, dans le caveau, tous leurs uſtencilesdomeſtiques. Chaque mois, les parens du Mort s'aſſemblent au tombeau pen-dant trois jours,& font des libations de ſang de bouc& de vin de Palmier.Cette cérémonie s'obſerve aufſi long⸗tems qu'il reſte quelqu'un dela famille envie. Les Jaggas ſont fort humains entr'eux pendant qu'ils jouiſſent d'une bon-ne fanté; mais dans la maladie, ils ne connoiſſent aucune loi d'humanité& decompaſſion naturelle(7
ENTRE le Royaume de Benguela& le Pays des Hottentots, les Géogra-phes placent une Contrée fort vaſte, qui borde la Mer, ſous le nom du Royau-
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(pb) Angl. Il en tuoit deux, au hazard,&faiſoit tuer les deux autres hors du Camp.R. d. E.
(2) Il y a dans l'Original que ce ſont lesarmes de ſes feommes qui ſont briſées& nonpas celles du Mort, comme le dit le Traduc-teur. D'ailleurs, comme on ne voit point que
ces femmes euſfent des armes,& que le metAnglois, rendu par armes, ſigniſie auſſi les bras, ilſemble qu'il faudroit traduire que ces femmesqu'on enfermoit dans le caveau avoient leursbras caſſés. R. d. E.
(r) Battel, dans Purchaſf, Vol. II. pꝛzg.977.& Vol. V. pag. 773.