OccIDENTALES bDr UAFRIQOUE, Liv. XIV. CHuar. I. 441
ArRks les Koopmans, on trouve du côté de„'Eſt les Sonquas, Nation vive& entreprenante, qui entend fort bien le métier des Armes. IIs doivent cettehumeur belliqueuſe à la diſpoſition de leur Pays, qui eſt montagneuſe, rem-plie de rochers,& la plus pauvre de toutes les Régions du Cap. Comme elle
fournit peu de commodités pour la ſubſiſtance des hommes& des bêtes, lesSonquas cherchent à gagner leur vie dans la profeſſion Militaire,& louent leursſervices aux autres Nations pour leur ſeule nourriture. La pauvreté ſert encoreles rendre fort adroits à la chaſſe; mais ils acquiérent cette adreſſe aux dé-pens de leur gibier, qu'ils détruiſent preſqu'entiérement. On peut concluredu Caractere de ce Peuple, qu'il m'eſt pas fort nombreux. Il eſt renfermé dansun petit nombre de Villages,& les beſtiaux même y ſont ſi rares, qu'on n'entue qu'aux fétes ſolemnelles, ou dans'extrémité du- beſoin. A la vérité le Paysproduit afſez abondamment des racines, des plantes& des légumes; maison ne lui connoit pas d'autre richeſſe, à exception du bois, que les Habitansbrülent pour chaſſer les bêtes farouches.
L. Es Sonquas ont beaucoup d'habileté à recueillir le miel dans le creux desarbres, odò les abeilles ſe plalfent à le dépoſer. IIs en font peu d'uſage poureux-mêmes; mais ils le cédent aux Européens du Cap, qui en font une liqueurfort agréable& fort rafraichiſſante en le mêlant avec de l'cau. Les marchandi-ſes qu'ils prennent en échange ſont des couteaux, des uſtenciles de fer& decuivre, de Peau-de-vie, du tabac& des pipes. IIs le mettent dans des ſacs decuir fort groſſiers,& donnent un de ces facs pour la moindre bagatelle.
L. z Pays des Sonquas eſt fuivi de celui des Dunquas, qui eſt tout-à-la-foisagréable& fertile,& plus uni que la plùpart de ceux qui environnent le Cap.IPeſt arroſé par- quantité de beaux ruiſſeaux, qui le traverſent pour ſe rendredans la Rivisre de Palamite. Les plaines& les montagnes y font égalementcouvertes d'herbes, de léegumes& de fleurs. Les beſtiaux& le gibier s'y trou-vent auſſi en abondance.
LES Damaquars, voiſins des Dunquas, n'habitent pas un Pays moins riche& moins agréable. II eſt msme beaucoup plus uni. Ses productions commu-
es font des melons d'eau& du chanvre fauvage. Il abonde en beſtiaux&en gibier. Mais à peine s'y trouve:t-il aſſez de bois pour la préparation desalimens;& les Habitans ſont réduits à brüler une ſorte de mouſſe, dont l'o-deur eſt fort nuiſible. Ce Territoire renferme pluſieurs Salines; mais éloignéescomme elles ſont des Européens du Cap, elles demeurent fans uſage, parceque les Hottentots ne mangent point de ſel. La Rivière de Palamite traverſele Pays des Dunquas avec tant de tours& de détours, que n'ayant point deponts, elle devient un obſtacle fort ennuyeux pour les Voyageurs. Ils la paſ-fent dans de petits canots ou ſur des radeaux. Le goũt que les Habitans ontpour le gibier leur fait aimer beaucoup la chaſſe,& leur procure de groſſesproviſions de pelleteries pour leur habillement.
ArRks les Damaquas, on rencontre les Gauros& les Gauriquas; au-delà deſ-quels Tachard place les Hottentots() du Monomotapa. Premierement, le
Monomotapa n'a point d' Hottentots. En ſecond lieu, il eſt certain que lereſte
() Kolben ſubſtitue encore ici les Hotten- retombe dans la mème erreur.tots à la place des Caffres; c'eſt-àdire, qu'il
VII. Part. Kkk
KoLBEN.1743.HorrENTroTrs.
Nation desSonquas.
Elle ſe louepour la guer-re.
Miel desSonquas.
Nation desDunquas.
Nation desDamaquas.
Gauros ouGauriquas,