OcCIDENTALES DE FAFRIQ2UE, Lrv. XNV. Cnar. I. 443
pres duquel les Gouverneurs ont une fort belle maiſon de plaiſance;'au-tre Newland: ou Terre nouvelle, parce qu'il eſt nouvellement planté. Cesdeux jardins ſont bien arroſés par quantité de ſources qui viennent de lamontagne,& rapportent un revenu- conſidérable à la Compagnie(c).
QuELaQur tems avant larrivée de Kolben, on avoit vͤ paroitre, l'eſpaced'un mois;, pendant la nuit, ſfur le ſommet de la montagne, une eſcarbou-cle fort brillante, qui ſembloit couronner la téte de quelque ſerpent. Ce phé-noméne cauſa tant de frayeur, que perſonne n'eut la hardieſſe d'aprofondir lavérité. Quelques années auparavant, on avoit eu le même ſpectacle dans leméme lieu.
Au milieu de la montagne, on trouve une ouverture où la nature a pro-quit pluſieurs grands arbres. Is'y raſſemble un grand nombre de ruiſſeaux,qui deſcendent du ſommet,& qui entrainent beaucoup de terre dans les val-lées pendant la faiſon des pluies. Auſſi remarque-t-on que Fouverture s'ag,grandit beaucoup dans cette faiſon.
SoR la moncagne on voit deux petits bois, dont on a nommé Fun l'Enfer,& Pautre le Paradis. Depuis quelques années on a découvert entre deux uneMine d'argent, qui faiſoit nattre de grandes eſpérances; mais le profit nia pasrépondu aux frais du travail. Pendant la faiſon féche, depuis le mois deSeptembre juſqu'au mois de Mars,& ſouvent dans le cours des autres mois,on voit pendre au ſommet de cette monragne& de celle du Vent, une nuéeblanche, qu'on regarde comme la cauſe des terribles vents Sud-Eſt, qui ſefont ſentir au Cap. Lorſque les Matelots appergçoivent cette nuée, ils diſent,comme en proverbe: La table eſt couverte, ou la nappe eſt ſur la table. Auſſi-tot ils ſe mettent en mouvement pour le travail.
LàA montagne du Lion, qui n'eſt ſéparée de la Table que par une petitedeſcente, regarde l'OQueſt, du centre de la vallée;& s'etendant au Nord,elle eſt arroſée par l'Océan. Quelques-uns prétendent qu'elle a tiré ſon nomde la multitude de Lions auxquels elle ſervoit autrefois de retraite. Dautresle tirent de ſa forme, qui repréſente du côté de la Mer un Lion couché,&la tête élevée, comme s'il guettoit ſa proie. La tête& les pieds de devant re-gardent le Sud-Oueſt,& le derriere eſt tourné à Eſt. Dans P'intervalle quieſt entre cette montagne& celle de la Table, on a bâti une cabane, où deuxhommes font la garde, pour donner avis à la Fortereſſe du- Cap de l'appro-che des Vaiſſeaux. Du ſommet de la montagne du Lion, qui eſt ſi eſcarpéequ'on eſt obligé de faire une partie du chemin avec des échelles de corde,
on peut découvrir en Mer le plus petit Baàtiment à douze lieués de diſtance.
Auſſi-tõt que l'un des deux Gardes appergçoit un Vaiſſeau de ce poſte, il aver-tit autre par le mouvement d'un baton;& celui: ci[ va d'abord porter] le mêmeavis à la Fortereſſe,[pendant que le premier] tire une petite piéce de canon,&déploie le pavillon de la Compagnie. S'il paroit plus d'un Vaiffeau, il tirepour chacun,& préſente autant de fois le pavillon. Le bruit de la piéce va
juſqu'au Fort lorſque le vent eſt favorable;& pour peu que le tems foit elair,
le pavillon n'eſt pas vü moins aifément. D'un autre côté, on donne les mè-mes ſignaux de l'Ifle de Robin à la vüe du moindre Vaiſſeau, de quelque Na-
EKoLn ENSA12713.CoLoNIEsHoLrLANpor-8Es.
Eſcarbouclequi cauſe del'effroi-
Singularités“de la Mon-tagne de la
Montagnedu Lion.
Lieux d'ob-ſervation.
Iſle de Robing
tion
() Eidem. pag. 4.