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Tome sixième.
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Monta zne

du Vent.

bles& leurcauſe.

Montagnede la Vache.

MontagneBleue.

Baye du Dois.

865 voOoYAGESs AU LONG DES CSTDNS

tion qu'il puiſſe étre. Cette Ifle eſt ſituce à Pembouchure du Port, à troiVille du Cap.

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lieuẽs de laL.E pied de la montagne eſt ouvert par une petite anſe, ſur le bord de la-quelle Simon Vanderſtel, Gouverneur Hollandois, fit batir un petit Fort, mon-matre piéces de canon, avec une gucrite, pour s'oppoſer au commer-ſtin,& même au débarquement de'Ennemi, qui pourroit, à la fa-veur des brouillards, ſur-tout dans les mois de Juin& de juillet, mettre dumonde à terre ſans être

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appergu. Mais les ſucceſſeurs de Vanderſtel ayantjugé cette précaution inutile, ont laiſſé tomber ſon ouvrage en ruines.

LA montagne du Vent, que les gens de Mer ont nommé la montagne duDiable, meſt ſéparée de celle du Lion que par une fente. Elle doit vraiſem-blablement ces deux noms aux vents Sud-Eſt, qui ſont caufés, dit lAuteurpar la nuée blanche dont on vient de parler. Ces terribles vents ſortent decette nuée, comme de l'ouverture d'un ſac, avec une ſi furieuſe violence, qu'ilsrenverſent les maiſons& cauſent mille dommages aux Vaiſſeaux qui ſont dansle Port, ſans épargner davantage les fruits& ſes moiſſons. La montagne eſt

noins haute& moins large que celles de la Table& du Lion; mais elle s'e-tend juſqu'au bord de la Mer. Elles forment enſemble un demi- cercle, quirenferme la vallée de la Table. Dans F'éloignement, on prendroit la montagnedu Vent pour un lieu tout-a- fait ſtérile, quoiqu'elle ſoit remplie d'excellens pa-turages. La vüe s'étend de-(d) juſqu'à la Riviere de Sel, aux montagnes duTigre& aux déſerts voiſins.

LEs montagnes du Tigre, qui tirent ce nom de la varieté de leurs cou-leurs& de leur reſſemblance avec la peau du Tigre, ont environ huit lieuésde circonférence. La plus éloignée du Cap eſt à quatre lieués. Elles paſſentpour les plus fertiles de cet Etabliſſement,& cet avantage leur vient de lafiente des Daims qui s'y retirent en abondance. On y compte vingt-deux bellesMétairies, toutes bien bâties. Elles ſont cultivées dans toute leur étendue, àla réſerve d'un petit Canton que le Gouverneur ne veut pas louer, par conſi-dération pour les Habitans, qui en tirent de Peau dans les tems de féchereſſe.Un Habitant doit avoir plus de mille brebis& deux ou trois cens gros beſtiaux,pour être regardé comme un homme aiſé;& PAuteur en vit un grand nombrequi en avoient quatre ou cinq fois davantage.

LàA montagne de la Vache, à fix lieués du Cap, fut cultivée immédiate-ment aprés celles des Tigres; mais elle n'en approche point pour le nombredes Habitans, parce qu'elle manque d'eau& que le terroir en eſt beaucoupmoins fertile.

LàA montagne Bleue, ainſi nommée de ſa couleur, qui parodt bleue du còôtéde la Mer, fut cultivée après celle de la Vache. Elle eſt éloignée d'environ huitlieués du Cap, au Nord, du côté de la Baye de la Table. On T'eſtime auſſifertile que celles du Tigre; mails étamt mal fournie d'eau, elle a peu d'Habi-tans. Les bétes farouches, ſur-tout les Eléphans& les Daims, s'y retirent engrand nombre(e).

DERRIERE la montagne de la Vache(), on trouve un chemin pierreux& difficile, qui conduit, par-deſſus des montagnes hautes& raboteuſes, 8 la

aye

(d) Iid. pag. 13.& ſuiv.& ſuilvantes. 1() Voyage de Kolben, Vol. II. page. 7.() Angl. la montagne du Buiffon. R. d. E.