KoLerX.1713.CorLoNlIEsHorLANpoOI-8E8.
Baye Falſe,ou fauſſe.
Sa deſcrip-tion.
Elle eſt fortpoiſſonneuſe.
Pécherie dela Compagnie.
Les Gouver-neurs l'onttournée à leuravantage.
482 VOYACGCES AU LONG DES CGTES
ſCe, elle a paru le Canton le plus propre, autour du Cap, à nourrir les bef.
tiaux de la Compagnie. On trouve deux chemins qui conduiſent du Cap àla Hollande des Hottentots; l'un par-deſſus des Collines ſabloneuſes, nom-mées Duynen, ou Dunes, dans la grande vallée du Tigre, qui gaverſe e.partie de Stellenboch; T'autre par une fente que les Hollandois nommentKloof,& par-deſſus une montagne qui ma point encore regu de nom. Celuiqui conduit par Jla- vallée eſt le plus commode; mais Fautre, quoiqu'aſſez dif-ficile, eſt le plus agréable, par la beauté de ſes perſpectives. La Baye Falſe
qui en eſt une, eſt formée par une chaine de montagnes, dont celles qui re ar-dent'Eſt portent le nom de Montagnes de la Hollande des Hottentots. Cel-les de l'OQueſt, qui ſont contigues aux montagnes de Pierre, n'ont point en-core été diſtinguées par un nom, à l'exception de celles qui, terminant la Bavedu même côté, s'étendent Feſpace de ſix lieués en Mer„ s'allongent en pamn-te, comme la plüpart des montagnes de la Cote de Norvége; ce qui les faitnommer Norvegen.
CETITE Baye a dix lieués de circonférence. On s'étoit imaginé aſſez long-tems que ſon fond étoit couvert de pierres,& qu'une ancre„ par confé-quent, n'y pouvoit être en süreté. Mais cette opinion s'eſt trouvée ſans fon-dement& Iui a fait donner le nom de Falſe. Elle fut éxaminée en 1702 parun Matelot expérimenté, qui trouva effectivement le mouillage peu sr, maisſeulement de la part des vents Sud-Eſt, qui ont quelquefois arraché les Vaiſ-ſeaux de deſſus leurs ancres, malgré les plus gros cables,& les ont, ou faitéSchouer fur le rivage, ou briſés en piéces contre les écueils. On dẽécouvre, aucentre de la Baye, un grand Rocher, qui s'élève beaucoup au-deſſus deLeau,& ſur lequel un grand nombre d' Oiſeaux de Mer pondent leurs gufs,Efüle produit d'aifleurs diverſes eſpéèces d'excellent poiſſon. E'Auteur ſe faäi-ſöit un amuſement d'y jetter le fllet avec ſes amis,& chaque fois il rempor-toit la charge d'un chariot trainé par huit bœufs, qui ſont lattelage ordi-naire du Pays. Un jour il prit d'un ſeul coup de fllet douze mille grandesAloſes, avec un nombre infini de petits poiſſons ſemblables au harang,&quantité d'autres qu'il appelle Poiſſons d'or& d'argent,&c.
LEs embouchures des Rivieres de Stellenboch& de la Hollande des Hot-tentots, qui tombent dans la Baye, ſont’ toutes extrémement poiſſonneuſes.Mais Pendroit qui l'eſt le plus,& qui ſe nomme Fish-Huik ‚ eſt le deſſous d'unRocher ou d'une montagne 28G termine la Baye du cêté de'Eſt,& qu'on ap-pelle Hanglip, ou lévre pendante, à cauſe de ſa reſſemblance avec une lévrequi tombe fur le menton. La Compagnie y entretenoit une pécherie, pourla proviſion de ſes Eſelaves au Cap; car ils préférent le poiſſon ſale& Ié risau pain& à la viande. Mais les rapports infideles qu'on lui en a faits& qu'ona réuſſi à faire pafſer pour conſtans, Iui ont fait prendre le parti de abandon-ner. Enſuite le Gouverneur Adrien Vanderſtel s'étant emparé des filets& descanots dont elle s'Etoit fournie pour cet uſage, a fait bâtir une pécherie ſomp-tueuſe. Son pêre& ſon frère avoient en méme-tems les leurs dans d'autreslieux; de forte qu'ils ſe ſont rendus mattres de toute la peche du Cap. D'unautre côoté, le Gouverneur défendoit de pêécher dans la Baye de la Table, ſousprétexte du tort les Bourgeois en pouvoient recevoir; Mais les plaintespaffêrent enfin juſqu'à la Compagnie(a). Av
(·) Voyage de Kolben, Vol. II. pag. 25.& ſuivantes.