OccIDENTALES pE UAFRIQUE, Lv. XIV. Cux. II. 483
N.
Av mois de Novembre 1710, il s'Cleva au Sud-Eſt un furieux ouragan, Kornqui pouſſa les vagues de la Baye ſi loin dans les terres, qu'en ſe retirant, elles 8. 8jaiſférent à ſec une prodigieuſe quantitée de toutes fortes de poiſſons. Mais Sönb
cet étrange accident arriva fi loin des lieux habités, qu'on n;en tira pas de 5s.
grands avantages. 1 1 1“
A la diſtance d'une heure de chemin de la Baye-Falſe, eſt la Vallée de la-Vache-Marine(b), ainſi nommée de la multitude de ces animaux qei la fré- I gequentoient avant que les Européens en euſſent fait un carnage, qui les a for-gées de chercher q'autres retraites. Cette Vallée renferme un Lac ou un 6. Vallée de latang, d'environ une lieué de tour, où les roſeaux croiſſent en ſi grand-x dasnombre& d'une hauteur ſi extraordinaire, qu'ils arrétent la vqe comme unbois. Les canards fauvages& quantité d' autres oiſeaux s'y retirent. Dans& ſon Etang.certains tems, lorſque le vent ſouffie impétueuſement du rivage, la Mer rem-pliſfant la méme Vallée de ſes flots, y tranſporte un nombre infini de poiſ-fons, qui s'accommodent fort bien de ce changement, à la réſerve de quel-ques eſpèces, auxquelles l'eau du Lac cauſe la mort en reprenant ſa douceurnaturelle(c.).
EE’S montagnes de la Hollande des Hottentots, entre leſquelles on comp- Moptosneste celle de la Levre-pendante, ſont beaucoup plus hautes que la Montagne dela Hollandede la Table,& couvertes, comme elle, dune nuée blanche pendant tou- Hottentote-te la durée des vents Sud-Eſt(4). Au centre des mêmes montagnes, eſtcelle qui a pris le nom de Montagne de la Brebis, de T'abondance de ſon her-be& des troupeaux qu'elle nourrit. Du ſommet de cette montagne on a laplus belle vne du monde, vers la Baye de la Table& ſur les Vaiſſeaux quis'y trouvent. Le Gouverneur Adrien Vanderſtel ſe propoſoit d'y faire bâtirune maiſon de plaiſance, lorſque ſa mauvaiſe adminiſtration le fit rappelleren Europe.
L.à Hollande-Hottentote eſt fans contredit Ja plus fertile, la plus commode Beauté de& la plus agréable partie de la Colonie de Stellenboch. Le meme Vanderſtel ce Pays.tiroit un immenſe profit des vaſtes campagnes, des vignobles& des jardinsqu'il poſfédoit dans ce Canton. Le nombre de ſes grands beſtiaux montoit àdouze cens,& celui de ſes moutons à plus de vingt mille. Il s'étoit mis enpoſſeſſion d'environ trente lieuẽs de pays, à Eſt, du còôͤté de la Tierra de Na-tal, ou il faiſoit multiplier ces légions d'animaux. Entre pluſieurs ſomptueuxédifices qu'il avoit élevés en differens lieux, il s'ctoit baàti dans le même Can-ron un ſuperbe Chaäteau, que la Compagnie Vobligea de démolir à ſes pro-pres frais, apres avoir confiſqué la plus grande partie de ſes biens.
DäANs Porigine de Etabliſſement, les Hollandois avoient près de la Baye- Ancien FortPalſe un Fort de terre, monté de quatre piéces de canon, pour défendre la ruine.Colonie de ce cêté-là contre les Hottentots& donner avis au Cap de tout ce
Frqui ſe paſſoit dans la Baye. Mais[dans la confiance que la Colonie prend au-jourd'hui à ſes propres forces 2¹ elle a laiſſé tomber ce Fort en ruines. Tout ce
Quartier, qui étoit autrefois ſa retraite des béêtes féroces, n'offre à préſent
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que(b) Comme on nomme vulgairement ces& des autres.animaux, dit'Auteur; car les Sçavans les(c) Kolben. Vol. II. pag. 30.& ſiuiv.appellent Hippopotames ou Chevaux de Riviè-(¹) Le même, pag. 27.
re. Mais ob a déja vü la différence des uns
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