RoLBEN.13.CoLoNlEsJloLLANDoOI-s8Es.
Avanturesde l'Auteur.
Tierra deNatal.
Différencesentre les Caf-fres& lesHottentots.
Commercedes Caffres deNatal.
Anglois de-venu Caffre,& ſon avantu-re.
462 vOYAGES AU LONG DES COTEBH
coulé deux heures. Celle qui eſt derriére les montagnes de la Hollande desHottentots, environ trente milles au Sud-Eſt du Cap, eſt tres fréquentée.Elle dépend d'un certain Appel, qui en tire un profit conſiderable. L. Auteur,qui ſe loue beaucoup de ſes effets, étant un jour en chemin pour s'y rendre,rencontra ſix Eléphans, qui paroiſſoient chercher un ruiſſfeau voiſin. Ce ſpeo-tacle lui cauſa une extréême frayeur; mais ils paſſèrent ſans le regarder. Dansun autre voyage qu'il faiſoit au bain, trois Hottentots qu'il avoit pris pour eſ-corte, allumêèrent du feu, pendant la nuit, dans lavſle d'effrayer les bêtes féro-ces,& dreſſêrent ſa tente, où il ſe mit à dormir. Mais ſon ſommeil fut bien-têt interrompu par l'approche d'onze Lions, qui s'avancerent avec des rugiſſe-mens furieux. Ce terrible bruit pénétra l'Auteur juſqu'au fond de l'ame& luifit craindre à chaque moment d'être déchiré par ces cruels animaux. Cepen-dant les Hottentots ayant pris quelques tizons enflammés, qu'ils jettérent bruſ-quement devant eux, cette vüe effraya les monſtres& leur fit prendre la fuite.
OXx a deéja fait obſerver que les Hollandois ont acheté la Terre de Natal,pour aggrandir leurs poſſeſſions au Sud de l'Afrique. Elle eſt habitée par lesCaffres, qui, ſuivant toutes les informations que Kolben fut capable de ſe pro-curer, n'ont aucune ſorte de refſfemblance avec les Hottentots& forment uneNation tout- à-fait différente. II apprit du Capitaine Gerbrand Vanderſchelling,homme de probité& d'intelligence, qui avoit touché pluſieurs fois à la Ter-re de Natal, que les Habitans ne ſe graiſſent pas le corps comme les Hotten-tots; qu'ils mont pas le même bégayement ni la même prononciation; qu'ilshabitent des maiſons quarrées,& de platre, maniére de batir qui n'eſt pasconnue des Hottentots; qu'ils portent au cou des croix ſuſpendues, ornementqui n'a pas d'éxemple chez les Hottentots; qu'ils ſement une ſorte de bled deTurquie,& s'en font un breuvage, au-lieu que les Hottentots ne ſement nine braſſent.
Cxs Caffres ſont en commerce avec les Corſaires de la Mer Rouge, quileur apportent en échange des étoffes de ſoie pour des dents d'Eléphans.IIs revendent ces étoffes, pour des commodités de l'Europe, aux Vaiſſeaux
ui relächent ſur la Còte méême de Natal. Leur choix tombe ordinairementur du goudron, des ancres& des cordages, dont ils font d'autres échangesavec les mêmes Corſaires. La ſoie qu'ils ne peuvent vendre aux Européensſur leur Côte, ils la portent aux Caffres du Monomotapa. Les Portugais deMozambique entretiennent auſſi un commerce aſſez conſidérable avec eux.
VaAaNDERSCHELEING avoit trouvé, dans le Pays de Natal, un Angloisqui ayant déſerté de ſon Vaiſſeau, s'étoit établi parmi les Caffres. II y avoitpris deux femmes, dont il avoit pluſieurs enfans. Son habillement étoit celuides Caffres, ſans aucune différence dans ſa vie& ſes manières. Il fit voir auCapitamne de groſſes piles de dents d'Eléphans,& plaſieurs chambres rempliesd'étoffes de foie, avec leſquelles il ſe propoſoit de ſe rendre au Cap, enquittant ſon établiſſement& ſa famille. Mais le Roi du Pays ayant découvertſon deſſein, ſe le fit amener, lui reprocha ſa perfidie& ſon ingratitude pourune Nation qui l'avoit regu& traité ſi généreuſement, lui repréſenta la mi-ſére oùð ſfa famille alloit tomber apres ſon départ, enfin, Jui parla ſi vive-ment de la tendreſſe qu'il devoit à ſes femmes, à ſes enfans,& de la cruautéquꝰil y avoit à les abandonner, qu'il lui toucha le cœur& le fit renoncer à ſaréſolution. Ce fut le Déſerteur même qui fit ce récit au Capitaine. eoer en
perdant