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Tome sixième.
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occoiDENTALES pg rAFRIQUE, Lrv. XIV. CHar. II. 465

ſordre. Les Bourgeois, dans chaque Canton, ſont obligés de faire la garde pen-dant la nuit; mais cette Ordonnance eſt mal obſervée(b). Cependant Pétatfloriſſant des Colonies du Cap eſt une preuve éclatante du zele infatigable& dePinduſtrie des Hollandois.

LEs appoincemens des Officiers& des Domeſtiques de la Compagnie mon-tent chaque annẽe à quatre cens mille florins. Ceux du Gouverneur ſont d'en-viron fix mille florins. Mais pour le fonds de cette dépenſe, la Compagnieleve le dixiéme de toutes Ies productions du Pays& des rentes foncieéres. Lesdroits ſur le vin, le tabac, l'eau-de-vie& la biere, font affermés à ſoixantedix mille florins par an. Ces taxes, joint au profit qu'elle tire de ces marchan-diſes, en le faiſant monter à ſoixante quinze pour cent, ſont preſque ſuffiſantespour fournir aux dépenſes du Gouvernement. Si l'on y joint les terres dontelle seeſt réſervé la propriété, les progres continuels de chaque Colonie luidoment une juſte eſpérance de tirer bien-tot un revenu conſidérable de cetEtabliſſement. Le nombre de ſes Domeſtiques eſt de ſix cens,& celui de ſesEſclaves à peu-pres le même.

ELEE pouſſe fort lain''indulgence& la genéroſité pour les nouveaux Ha-bitans qui commencent à s'établir. Non-ſeulement elle leur fournit des uſten-ciles& des inſtrumens pour leur entrepriſe; mais lorſque les terres produi-ſent peu,& que le Laboureur parolt pauvre, elle lui remet la taxe du dixié-me juſqu'à ce qu'il ſit en stat d'y fatisfaire. Si le feu ou quelque autre acci-dent ruine les édifices, elle fournit des matériaux pour rebâtir,& chargeſes propres Ouvriers de contribuer au travail(c).

TourEs les Nations des Hottentots vivent dans une alliance conſtante a-vec les Hollandois,& ſont également forcées de les reſpecter par la terreurde leurs armes& par la ſageſſe de leur Gouvernement. Cette bonne intelli-gence eſt entretenue par des Députations annuelles de la plüpart de ces Na-tions, qui apportent des préſens de beſtiaux au Gouverneur du Cap. II lesregoit civilement,& leur offre à ſon tour ce qu'il juge de plus conforme àleur goüt. Cette conduite Ilui donne tant d'aſcendant ſur tous ces Barbares,qu'il eſt le Juge ordinaire de tous leurs différends, avec plus d'autorité ques il Stoit Roi du Pays(4).

Ox a déja remarque qu'avant le Traité d'alliance les hoſtilités étoient aſſezfréquentes entre les Hottentots& les Colonies. Dapper nous apprend qu'en1059 les Garinhaiquas, par leſquels il faut peut-gtre entendre les Gungemans,diſputérent aux Hollandois la propriété de quelques terres voiſines du Cap,K sefforcerent de les en chafſer. IIs alléguoient en leur faveur une poſſes-ſion immémoriale. Pendant cette querelle ils tuerent quantité de Hollandois,ils enlevérent leurs beſtiaux, avec une attention continuelle à choiſir pourle combat, les tems de pluie& de brouillards, parce qu'ils avoient remarquéque les armes à feu étoient alors moins redoutables. IIs avoient pour Chefsdeux Hottentots braves& expérimentés, dont Pun ſe nommoit Garahinga,&FTautre Nomoa. Les Hollandois donnoient au ſecond le nom de Doman. IIavoit paſſé cinq ou ſix ans à Batavia;& depuis ſon retour au Cap, il avoit

vẽcu

(5b) Kolben, Vol. I. pag. 340.

c) Voyzge de Kolben, Vol. I. pa;

F T. Part.

KoLBßEN.1713.CoLoNlIEsHorLLANDoOI-8SEs.

Revenus dela Compagnieau Cap.

Encourage-mens qu'elledonne auxHabitans.

Alliance desHollandois avec les Hot·tentots.

Leurs ancien-nes guerigs.