90 VOYAGES DANS' LE MPIRE
MoxrAsus. choix, a des prix raiſonnables& ſuivant l'ordre des marchés. Ce refus avant1664. fait changer le ſujet de la converſation, le Sccretaire apprit aux Hollandoisque Iſj e-kan-tſya s'Etoit ſoümis, avec ſix mille des plus braves Soldats Ko-xingans; mais qu'un de ſes principaux Officiers, changeant de réfolurionavoit tenté de s'Schaper dans un Jonc[qui étoit pres durivage&] que les gensge=du Viceroi avoient arrété. IIs lui auroient coupé la téte à P'inſtant, s'il m'eütété frere de l'ancien Gouverneur de Hay-tan, qui avoit intercédé pour lui.
Soùümiſſion
[Que cependant on vavoit mis en priſon.] gDimücultes QvETLQuEs jours apréès Hogenhoek alla demander au Kon-hon, ou an Gou-naun la ente verneur, un paſſeport pour tranſporter ſes marchandiſes dans la ProvinceJolg. de Kyang-nam ou de Che-Hyang, en lui déclarant que la difficulté qu' il trou-
voit à les vendre dans Hok-ſyeu, lui faiſoit chercher des lieux olr il ſe flat-toit de les échanger pour des ſoies en œuvre. Le Gouverneur lui réponditqu'il ne pouvoit accorder lui-même cette permiſſion; mais qu'ilen écriroit vo-lontiers au Général. Cependant il ajouta que ſi les Hollandois n'avoient pasvendu plütôt leurs marchandiſes, ils avoient à ſe reprocher de les avoir miſesà trop haut prix; que les Chinois donnoient le fac de poivre pour neuf ou dixraẽëls, le bois de ſandal(¹) pour vingt-deux, ſ le vif-argent pour cent-dix, ous=cent-vingt,] raune de drap pour trois taëls ou trois& demi,& P'ecarlate pour 4cinq eu fix tagls. Hlogenhock repliqua qu'il men étoit pas furpris, parce quedes marchandiſes derobées devoient étre moins chêres que celles qui sachétent.oſsts den Le Gouverneur ne s'expliqua que par un ſoũrire.
Tatateh.. I. E 2 d Avril, les Hollandois apprirent d'un des Sécretaires du Viceroi qu'ilGtoit arrivé dans la Ville deux Agens, avec deux Mandarins revéêtus du titrede I ſou-zou, qui ſignifie Gouverneur,& des préſens de la Cour Impérialepour récompenſer les fervices de 1-Amiral Bort. Quelques jours après, Hay-tan-kou, Gouverneur de Sink-ſyeu(K), mit à la võile pour les Manilles avêcdeux Jones chargés de ſoie crue& travaillée;& le bruit ſe répandit que leViceroi& le Général avoient formé le deſſein d'envoyer au Japon une Flotteentière des mêmes marchandiſes, qu'ils avoient déja fait acheter dans cettevüe. Vers le même tems, à l'occaſion d'une ſéchereſſe qui faiſoit craindrebeaucoup pour les moiſſons de riz, le Gouverneur défendit, par une Ordon-nance publique, de tuer& de manger des porcs. Enſuite[ comme la ſéchereſſete-continuoit,] il fit des proceſſions ſolemnelles à divers Temples, accompagnéde tous les Mandarins à pied,[ce qui juſqu'alors ne s'étoit jamais v,] por-.=tant des parfums& de riches offrandes aux Idoles. Les Préêtres lui for-
Iis font des moient un cortége, en chantant des priéres& pouſſant des lamentations pourpriéres pour obtenir de la plule. Mais, ſuivant la remarque de'Auteur, ce zele venoit de
D la crainte d'une baſtonnade, dont le Gouverneur les avoit menacés s'il ne pleu-voit point dans huit ou dix jours.
LE Viceroi& le Général s'étant rendus avec leurs Joncs à Tong-ſua& àLarmoua, pour recevoir la ſoumiſſion de Tfye-kan-tſya, furent furpris de n'ytrouver que les payſans de ces Ifles. Koxin-king-ſya s'toit retiré avec tou-tes ſes forces,&'on prétendoit que Tſye-kan-tſya avoit emporté de Tay-wan
quantite
³(i) Ou Sanders. R. d. E. ¹ cheu fu, quoique PAuteur la confonde auſſ
(*) L.'Auteur écrit tantot Cbin-zieu, Chin- avec Hok-ſyeu, qui paroit être Fu-cheu Fu, ca-cben. Chin cheo. C'eſt la meme Ville que Chan. pitale de la Province de Fo-kyen.