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upe quatre tables, qui furent couvertes d'oranges, de patiſſerie, de bierrede la Chine,& de fruits. Apréès cette collation, le Commandant Hollandoism'eut d'impatience que pour retourner à bord; mais on le preſſa d'attendreun autre Mandarin, qui devoit venir manger avec lui. IIl fut informé, en mê-me tems, que ce Mandarin étoit accompagné d'une troupe de Soldats,& cetavis lui fit encore hâter ſon départ. Le ſoir, les Chinois envoyerent, à bord,des paniers remplis de gateaux, de bierre, de confitures,& d'autres rafrat-chiſfemens, avec une fléche, qui ſignifioit que ce préſent étoit pour les Ma-telots. Tõus ceux qui en mangerent en reſſentirent des ſuites facheuſes: enun mot, dit 1'Auteur, ils jettèrent viſiblement du poiſon.
CEPENDANT les Otages Mandarins avoient continué de demeurer à bord,& les Députés Hollandois étoient encore au rivage. Comme T'on apperce-voit, des deux Yachts, quelques apparences de mouvement ſur la rive, lesMandarins affürêérent que c'étoit une Féte qu'on y célébroit à Poccaſion daTraité,& que chaque Officier Chinois étoit bien aiſe de faire quelques poli-teſſes aux Députés, en les faiſant manger avec lui.(hb) Mais, vers la nuit,les Hollandois virent deſcendre environ cinquante Ioncs enflamés, qui s'avangoientvers les deux Yachts. L. Eraſmus fut touché par deux de ces Brülots, dont l'unmit ſi promptement le feu à la vergue du grand màt, que les flames gagnèrentjuſqu'au Perroquet. Pluſieurs petites Pyrogues environnant le même VaiſſeauFaccrocherent, par le meyen d'un grand nombre de petits crochets attachés àleurs voiles, qui étoient humectées d'huile,& farcies de poudre& de feuxd artifices, qu'ils jettérent dans le Yaeth, tandis que ceux qui étoient à borddes Pyrogues, en jettoient eneore plus de la main. Ce Baàtiment ſouffrit beau-coup; mais s'étant enfin dégagé, les Hollandois éteignirent le feu, coupè-rent le cable,& mirent à la voiſe. IIs mauroient pas évité néanmoins quaranteautres Joncs qui les menaçoient, ſans le ſecours d'un vent frais qui s'élevatout d'un coup. IIs curent᷑ le tems de diſpoſer leur canon. Une bordée qu'ilslächerent aufütèt, fic perdre aux Chinois Fenvie de s'approcher davantage;mais s'arretant à peu de diſtance, ils mirent le feu à leurs Brülots,& les laiſ-ſerent derrière eux en ſe retirant. L'équipage Hollandois eut le bonheur deles écarter(1).
LE Muiden éCtoit auſſt à la voile; mais déjà les flammes s'étoient attachéesau corps& aux voiles du Vaiſſeau. Deux ou trois Brülots l'ayant abordé dans leméeme tems; il fe hata de gagner PIſle de Glan-ſan, où il fut conſumé. Ce-pendant la plus grande partie de TEquipage ſe ſauva heureuſement, avec lestrois Mandarins qui étoient à bord. A Ja pointe du jour; l'Eraſmus chercha lâChaloupe& les Députés; mais, m'appercevant que trente ou quarante Joncs;qui arboroient des marques de triomphe, il rejoignit le Groningue& le Sam-ſon, qui étoient demeurés à ancre ſous un Temple. Le jour ſuivant, ils ren-contrérent trois Joncs de guerre, qu'ils mirent en feu avec leur canon():
Enſuite ils ne penfêèrent qu'à retourner aux Piſcadores.
LE 19 de Janvier, de rannée 1624, les Hollandois étant retournés à l'em-
bouchüre
(5) Angl.& que chaque Mandarin obli- ſuivgeoit les Dsputés de lui faire quelques pré-&) Apparemment à boulets rouges. Hn'*'yſens,& de manger avec lui. R. d. E. a rien de ſi mal conçu que tous ces détails dans⁵-(i) De Rechteren, ubi ſup. pag. 151& la Rélation de Van-Rechteren. R. d. T,.V 2
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IIs mettenten feu’ lesdeux Vaiſ-ſeaux Hollam-
Le Muideneſt conſumé.
Les autres“