Band 
Tome septième.
Seite
349
JPEG-Download
 

DbE LA CHIN E, LIv. I. CHAr. XV. 349

de la légation,& ſur lequel il n'auroit

qu'à réfléchir ſérieuſement; qu'elle députeroit enſuite un de ſes Officiers à

Rome; mais qu'elle lui recommandoit de ne pas s'ffliger,& d'attendre les

Ee=evenemens d'un air tranquille.[Mezza-Barba voulut répondre, mais les In-

—terprétes l'avertirent de n'en rien faire. Aucun d'eux ne s'entretint avec] Em-pereur que le P. Fan,& tocjours en ſecret.]

LE 14 fut ſignalé, ſuivant le langage de ſAuteur, par une quatriéme Au-dience, beaucoup plus ſolemnelle que toutes les précédentes. Sa Majeſté or-donna que tous les Européens y fuſſent préſens, ſans en excepter les mala-des,& nommeément le Peêre Caſio. Apréès les cérémonies ordinaires, l'Em-pereur fit au Légat pluſieurs queſtions de peu d'importance. II s'Etendit ſurſe peu de probité, qui ſe trouve dans les Nations étrangères,& ſur celle desChünois, qui haiſſent, diſoit-il, Partifice& la fraude. Enſuite ſe tournantvers Mezza-Barba, il exhorta, d'un air gracieux, à propoſer ce qu'il avoit àdire, avec toute la force& la liberté dont il étoit capable.

LE Légat, encouragé par cette invitation, répondit qu'il avoit trois cho-ſes à propoſer ou à demander de la part du Pape. La premiere, que lesChrétiens de la Chine fuſſent libres de ſe ſoũmettre à la Conſtitution de ſaSainteté concernant les cérémonies Chinoiſes: Sur quoi 1Empereur lui deman-da encore une fois ce que le Pape trouvoit de reprehenſible dans ces cérémo-

nies. De Pavis des Interprètes, Mezza-Barba n'inſiſta que ſur un point,&repréêſenta que le Souverain Pontife avoit expreſſément condamné la vénéra-tion ſuperſtitieuſe ‚qu'on rendoit aux tablettes& aux cartouches. Sa Majeſtérépliqua que cette vénération n'étoit pas de l'établiſſement de Confucius,&qu'elle avoit été introduite dans la Réeligion Chinoiſe par des Etrangers: quece n'étoit pas néanmoins une affaire peu importante; mais qu'il n'appartenoitpoint au Pape d'en juger,& que ce ſoin regardoit les Vicerois& les Man-darins des Provinces; enfin qu'il ne vouloit plus rien entendre ſur cet ar-

tés ſeroient expliquées ſur l'affaire

ticle.MEZZA-BARBA ayant ajoté que le Pape dẽéſapprouvoit les titres de Tye:

& Chang-ti, que les Chinois donnoient au- véritable Dieu. L. Empereur répon-

dit que c'eétoit une bagatelle,& qu'il s'étonnoit que la diſpute durat depuistant q'années ſur un point de cette nature. II démanda ſi le Légat étoit bienperſuadé que les Européens euſſent commis une idolatrie, en rendant juſqu'a-jors des reſpects aux tablettes,& que le Pêre Ricci, fondateur de la Miſ-fion, fuͤt tombé dans Verreur. Mezza-Barba paſſa légerément ſur la premiere

de ces deux queſtions& n'y fit que des réponſes vagues. A la ſeconde, ilré-pondit, avec beaucoup de précaution(t), que le Pêre Ricci avoit erré in-nocemment ſur de certains points, parce que toutes ges Matières n'avoientE-point encore été reglées par la déciſion du Saint Siége.[Qu'elle tergiverſation!v'écrie le Journaliſte. Nicci avoit permis d'aſſocier au Chriſtianiſme des RitesIdoldtres,& toutes-fois il avoit erré innocemment en les permettant, parcequ'alors la Cour de Rome ne les avoit pas encore condamnés! Mais, ſi ces Ri-tes étoient innocens, à les conſidérer en eux méêmes, d'où vient que le Papeles

(t) Angl. avec tout le ménagement que l'on peut avoir, pour des gens que l'on craint.

R. d. E.XX 3

8₰52

—bo 8 28

Quatrièmeaudience.

Demandesque le Légatfait à l'Empe-

reur.

Demandecaptieuſe.