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Tome onzième.
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Volcan deSangir&ſes ravages.

20 VOYVAGES DES HOLLANDOIS

tout à Caboulouſou, qu'ils regardent comme un lieu ſaint, pour y offrir leursſacrifices, ſoit au Démon qu'ils craignent beaucoup, ou à quelqu'autre Di-vinité imaginaire. On congoit que ce culte a du inſenſiblement s'établir,ſur la coũtume dont on s'eſt d'abord bien trouvé, de relaächer dans cette Ifle& de s'y arrêèter juſqu'à-ce que le danger ſoit paſſé, ou que l'on att des indi-ces certains de calme, parce que la Mer étant ici fort orageuſe au, moindrevent, leurs chétifs bàtimens courroient trop de riſque en s'y expoſant ſanscette préecaution.

A Eſt de Sangir, on a les Iles Batou, Wingko, Noeſſa, Togban, Boukit,Beeng, Tomare, Torrang, Batouinko, Laveſang, Bing& Bellande. Au Sud-Oueſt,Para, Sangalouban, Katbitang, Nitouſaba, Salengkere, Babondeke, Maſape, Kea-ma& Marouma, ce qui fait en tout vingt-huit Ifles, outre dix-huit ſansnom, tant grandes que petites, parmi leſquelles il s'en trouve qui ſontaſſez conſiderables.—

SANGIR, qu'on nomme auſſi Sangi, a environ quinze lieues d'étendue duNord au Sud, mais ſa largeur eſt fort inégale. Au bout ſeptentrional elle eſtde cinq lieues; ailleurs tantêòt de trois, tantõt de deux,& dans quelquesendroits ſeulement d'une lieue& demie. Cette Ifle étoit autrefois ſoümi-ſe à deux Rois, mais vers les années 1670& 1680, on en a v0 juſqu'à huitqui uſurpoient tous ce titre. Aujourd'hui ils ſe trouvent réduits à quatre.Ce ſont les Rois de Candabar, de Tarouna, de Taboucan,& de Mangenitou,ſans compter un cinquième qui eſt celui de Tamaco,& qui relève du Roi deSjauw, autre Ifle voiſine. Leurs Etats n'offrent qu'une deſcription aſſezſéche de Bourgs& de Villages, diſperſés autour de'Ifle. Ils peuvent met-tre enſemble environ quatre mille hommes ſous les armes,& lenombre deshabitans de Sangir va à prés de treize mille. Is font tous profeſſion duChriſtianiſme, à exception des ſujets du Roi de Candahar, qui ſont moi-tié Mahométans. En 1709, les Hollandois y avoient onze Ecoles publiques.Candahar eſt à l'OQueſt de la pointe ſeptentrionale de Hle. On trouve en-ſuite les Royaumes de Tarouna, de Mangenitou& de Tamaco. A l'ſteſt Taboucan, où les Hollandois ont une Loge. La rade n'y eſt pas ſibonne qu'à Tarouna. C'eſt-la que les Vaiſſeaux vont ordinairement mouil-ler, dans une anſe fort profonde, entre ce Bourg& celui de Mangenitou.La Compagnie tenoit autrefois ici une garde de quelques Soldats ſous lesordres d'un Sergent, mais elle en a été retirée aprêès la mort du Roi de cenom, arrivée en 1694. C'étoit un Prince dangereux,& qui a ſouvent cauſéde Finquiétude aux Hollandois, par ſes intelligences ſecrettes avec lesEſpagnols des Manilles, qu'il cherchoit à attirer dans PIſle. Ces Roiteletsde Sangir ſont tocjours en differend les uns avec les autres& donnent beau-coup d'embarras aux Commiſſaires qui vont chaque année faire la viſite des

uartiers ſeptentrionaux.

LIsLE produit une abondance de ſagu& de noix de cocos. Le ter-rain en eſt aſſez plat du cêté de l'Eſt, mais l'Oueſt eſt rempli de montagnes.On y découvre celle d'Abou, qui eſt d'une hauteur prodigieuſe,& du ſom-met de laquelle il ſort continuellement de la fumée. Une éruption de ceVolcan, fit périr en 1711, le Roi de Candahar avec tous ſes ſujets, tantChrétiens que Maures, au nombre de deux mille& trente, y Sere.

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