RENxNErFohRr.
1666.
Sa généro-ſitẽ.
Arrivée d'unHoucre Fran-gois.
Madagaſcarnommée l'IſleDauphine.
Retour deRennefort enFrance ſur laVierge debom port.
VOYXAGES DESFRANCOIS 3
Voyage. Ce Guerrier, qui depuis neuf ans n'avoit tiré que des mauvaistraitemens& des chagrins pour fruit de tant de belles actions, parut extré-mement ſenſible à'honneur qu'il recevoit du premier Corps de ſa Nation.Il offrit d'entreprendre la conquête entière de'Ifle(c); mais il avoit en-core des ennemis ſecrets, dont la jalouſie traverſa ſes glorieux deſſeins.Lorſqu'il eut appris que Rennefort retournoit en France, il le pria d'aſſu-rer les Directeurs geénéraux& la Cour même, qu'avec des ſécours médio-cres, il exécuteroit ce qu'il avoit propoſé au Conſeil,& qu'il demandoit,pour unique récompenſe(d), de n'etre pas ſujet à rendre compte de ce quilui ſeroit accordé. On verra, dans le Supplément qui ſera joint à cette Re-lation, quel fond l'on auroit pü faire ſur ſes offres. Rennefort, affligé dele voir preſque nud, lui envoya des dentelles& deux juſtaucorps; maisplus ſenſible à l'honneur qu'à l'abondance& aux commodités de la vie,il ne voulut recevoir ce préſent qu'apréès avoir fait accepter à ſon Bienfai-teur quelques pierreries qui faiſoient toute ſa richeſſe(„).
LE 12 de Février, on vit entrer dans le Port un Houcre, nommé leSaint-Louis, qui étant parti au mois de Juillet de l'année précédente, ap-portoit une Colonie de cinquante hommes, ſans autre artillerie que deuxpetites pieces. On apprit, par cette voye, les changemens qui s'étoientfaits dans la Direction générale de la Compagnie,& que par un ordre duRoi l'Ifle de Madagaſcar avoit été nommée Ile Dauphine(†). La Cheſ-naie, Capitaine de la Vierge de bon-port, n'en eut que plus d'empreſſementpour ſon retour en France. II avoit promis à la Compagnie d'abréger ſonVoyage autant qu' il lui ſeroit poſſible. En vain le Conſeil& Chamargou,qui devoient eſpérer peu d'approbation pour leur conduite, s'efforcèrentde retarder ſon départ, ſous prétexte de lui donner, au-lieu de ſon Vaiſ-ſeau, qui étoit fort uſé, le Taureau, preſque neuf& vacant par la mortde ſes Officiers. II mit à la voile, avec Rennefort, dans ſon ancien Na-vire, qui avoit fait vingt fois le Voyage de l'Amérique,& qui devint le-ſujet de vingt paris au Fort Dauphin, qu'il ne pourroit pas doubler le Capde Bonne-Eſpérance( 9).
LANcCRE fut levée ſe 20 de Février,& la navigation ne fut troubléepar aucun accident juſqu'à I'Iſle de Sainte-Helene. On ne regarda pas mê-me comme une diſgrace de trouver dans cette Ifle un Fort Anglois, dontles gens du Vaiſſeau n'avoient encore aucune connoiſſance(5);& Renne-fort ne s'attache au récit de ce qui s'y paſſa, que pour faire une triſtecomparaiſon des politeſſes que les Frangois y regurent, avec la v
ont
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„ ans), qui, dans ſon enfance, donnoit(d) Pag. 115.„ déjd de ſi belles eſpérances de ſeconder(e) Ibidem.„ un jour la piété& la vertu de ſes Ayeux“.(†) Iieſt dit dans la Déclaration qui ordon. R. d. E.
noit ce changement de nom, que c'toit„pour 65) Pag. 117.
„ reconnoftre envers Dieu, les graces qu'il(5) LOriginal ne le dit pas; au contrai-
„ verſoit tous les jours ſi abondamment ſur re, il ſe trouvoit ſur le Vaiſſeau quelques
„ la Famille-Royale,& particuliéerement Matelots à qui l'Iſle de Sainte-Helène etoit
„ d'avoir beni le Mariage de S. M., par la bien connue,& qui y avoient vn autrefeis
„ naiſſance d'un Daupbin,(alors ze- de 4 une babitation Angloiſe. R. d. E.
(c) Pag. 114.