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Tome onzième.
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AUX INDESORIENTALES;, LIVIII. H.̊

réſolus; détail auquel l'Auteur ne s'arréte, que pour faire juger quel auroitété le regret public, ſi cette belle jeuneſſe eũt péri à la vüe du Port, com-me elle en fut menacée. Le Vaiſſeau ayant mouillé le même jour dans larade de FOrient(b), y vit bien-tot arriver un grand Batiment, nomméle Soleil d.Orient, qui portoit M. Gueyton, autre Directeur de la Compagnie,& Député vers le Grand-Mogol au nom du Roi, avec un equipage detrois cens hommes,& ſoixante pièces d’'artillerie. Il Ctoit commandépar M. de Labreda. Ces deux Navires avoient ordre de faire voile enſem-ble,& n'attendoient qu'un vent favorable, qui fe leva le ſept. Mais àpeine étoient-ils ſortis de la rade, qu'ils eſſuyêèrent une tempeète ſi violen-te, que pendant trois jours les mats les plus forts du Solei! d'Orient ne pu-rent ſoutenir l'impétuoſité des vents& des flots. II les perdit tous avecun défordre ſi extraordinaire, que le Capitaine defeſpéré de ſon malheur,& ſe voyant pret à périr, ſans recevoir aucun ſecours du Saint Jeunt Bap-tiſte, dont il ne remarquoit pas que le péril&toit égal au ſien, tourna ſafureur contre ce Vaiſſeau,& voulut lui lacher ſa bordée pour le couler àfond. Mais Gueyton,& quelques Pères Capucins qui lui ſfervoient d'Au-moôniers, adoucirent ce tranſport& lui firent tourner ſes vœux vers le Ciel.Les deux Navires n'eurent plus d'autre reffource que de ſe ſoulager d'unepartie de leur charge, qui fut jettée dans la Mer,& de s'abandonner àleur deſtinée. Cependant le calme revint à la fin du troiſieéme jour. IIs'éleva, pendant la nuit, un brouillard épais, qui fit perdre de vüe le So-leil dOrient. Herpin conclut qu'au lieu de le chercher il devoit profiter dela Mouſſon, qui étoit déjà fort avancée. II prit la route du Cap-Verd, oùil arriva le 16 de Mai. Suivant la ſupputation des Pilotes, il avoit faitneuf cens lieues depuis le Port-Louis(c).

LaA fuite de ſa navigation fut plus heureuſe,& parut même agréable à1'Eſtra, qui n'ayant jamais fait de long Voyage ſur Mer, trouva beaucoupd'amuſement dans la variété continuelle des objets. Les différens lieux ouùle Vaiſſeau relacha offrirent une matiere à ſes obſervations. La péche&la chaſſe firent ſucceſſivement ſes plaiſirs(d). Mais ce qui étoit nouveaupour lui ne le ſeroit pas pour un Lecteur, qui a vu plus c'une fois la plo-part des mêmes remarques dans les Voyageurs précédens.

Ir arriva le 26 d'Octobre à Surate. Le Vaiſfeau n'avoit perdu que huithommes dans une ſi longue courſe,& quelques Déſerteurs qui étoient de-meurés au Cap de Bonne-Eſpérance. Herpin mouilla dans la grande radede Surate, à trois lieues de la petite rade de Sualis, où ſe trouvoit alorsune Flotte de France, compoſée de huit Vaiſſeaux de guerre,& comman-dée par M. de la Haye(e). Il falua le Pavillon Frangois de trente-ſix coupsde canon; M. Belot s'etant fait porter à terre alla rendre ſes premiers de-voirs à M. dela Haye, qui attendoit le retour de M. Caron, Directeur gé-néral, occupé alors à former un Comptoir dans PIle de Java. II n'arriva

de(b) L'Edition de Paris dit dans la rade de(³⁴) Ibid. pag. 14& ſuiv.Goa. R. d. E.() Voyez ci- deſſus le Voyage de cet4(c) Voyage de Eſtra, pag. 6& précé. Amiral.lentes.

Pp 2

LUEsSTRA1671.Autre Vaiſ-ſeau qui jointcelui de'Eſtra.

Tempétehorrible.

Suite de laNavigation.

Arrivée àSurdte,&rencontre deM. de la Haye.

ComptoirFrançois éta-bli à Bantam.