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Tome onzième.
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RmopEs.1624.

Bois pré-cieux de Ca-lambouc.

Remarqueſur les nidsd'oiſeaux quiſe mangent.

Chataignesqui croiſſentdans un ſac.

356 VvOYAGES DANS L. E

ni de ſortir même des maiſons ſans une barque. De-là vient Puſage de lesclever ſur des colomnes, qui laiſſent un paſſage libre à l'eau.

Ir ſe trouve des mines d'or dans la Cochinchine: mais les principales ri-cheſſes du Pays font le poivre, que les Chinois y viennent prendre; laſoye, qu'on fait ſervir juſqu'aux filets des Pécheurs,& aux cordages desGaleères;& le ſucre, dont Pabondance eſt ſi grande, qu'il ne vaut pasordinairement plus de deux ſous la livre. On en tranſporte beaucoup auJapon, quoique les Cochinchinois n'entendent pas bien la manieère de Pé-purer(t).

Or s'magineroit qu'une Contrée qui ne porte point de bled, de vin nid'huile, nourrit mal ſes Habitans. Mais, ſans expliquer en quoi conſiſteleur bonne chèêre,'Auteur aſſure que les tables de la Cochinchine valentcelles de Europe(v).

C'rEsT le ſeul Pays du Monde ou croiſſe cet arbre renommé, qu'on ap-pelle Calambouc(x), dont le bois eſt un parfum précieux,& ſert d'ail-leurs aux plus excellens uſages de la Médecine. On en diſtingue trois ſor-tes; la plus eſtimée ſe nomme Calamba. L'odeur en eſt admirable; lebois, en poudre ou en teinture, fortifie le cœur contre toutes ſortes de ve-nins. IIl ſe vend au poids de l'or. Les deux autres ſont PAgquila& le Ca-lambouc commun, qui ont auſſi de grandes vertus, quoiqu' inférieures àcelles du premier(„).

LAuTrEUN aſſfure, contre le témoignage de pluſieurs autres Voyageurs,que c'eſt auſſi dans la ſeule Cochinchine què ſe trouvent ces petits nids d'oi-ſeaux, qui ſervent d'aſſaiſonnement aux potages& aux viandes. On pour-roit croire, pour concilier les récits, qu'il parle d'une eſpèce particuliè-re(z). IIs ont, dit-il, la blancheur de la neige. On les trouve dans certainsrochers de cette Mer, vis-à-vis des terres où croiſſent les calamboucs,&on n'en voit point autre part. C'eſt ce qui le porte à croire que les oi-ſeaux, qui font ces nids, vont ſuccer ces arbres,& que de ce ſuc, mélépeut-étre avec l'écume de la Mer, ils compoſent un ouvrage ſi blanc& deſi bon goũt. Cependant ils demandent d'etre cuits avec de la chair ou dupoiſſon;&'Auteur aſſure qu'ils ne peuvent être mangés ſeuls(a).

LàA Cochinchine produit des arbres, qui portent pour fruit de gros ſacs,remplis de chätaignes. On doit regretter que le Pêre de Rhodes n'en rap-porte pas le nom& qu’ il m'en explique pas mieux la forme(b).„ Un

„ ſeul

ſe trouvent dans les Moluques, à Gilolo,Celebes, Amboine, Patane, Java,&c.

(v) Pag. 65.

(t) Pag. 64.

(x) Cependant il croft particulierementà Sumatra, au Japon& dans quelques autreslieux. Voyez le Tom. X. de ce Recueil,pag. 186. K. d. E.

(y) Voyez Particle de la Chine,& celuidu Tonquin.

(z) Cette défaite, toute adroite qu'elleſoit, n'empéche pas qu’'on ne reconnoiſſePignorance du Pêre de Rhodes. Le PèreTachard étoit dans la même idée;& néan-moins il eſt conſtant que ces nids d'oiſcaux

On en diſtingue deux ſortes, les uns plusblancs que les autres; mais ceux de la Co-chinchine ne forment pas une eſpêèce par-ticuliere, ſuppoſé qu'il y en ait; car Ba-ron ſoùtient ſe contraire. D'ailleurs il n'eſt

ici queſtion que des nids,& non de la dif-férence qu'il peut y avoir entr'eux. R.(a) Pag. 64.(5b) Qn peut ſe confoler de l'omiſſion,

& ce fruit eſt ſi connu dans preſque toutesles