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Tome onzième.
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ROXAUME DE TONOUIN, Lrv. II. 357

ſeul de ces ſacs fait la charge d'un homme. Auſſi la Providence ne les a-t-elle pas fait ſortir des branches, qui n'auroient pas la force de les ſc--tenir, mais du tronc même. Le ſac eſt une peau fort épaiſſe, dans la-quelle on trouve quelquefois cinq cens chàtaignes, plus groſſes que lesnêtres. Mais ce qu'elles ont de meilleur eſt une peau blanche& ſavou-reuſe, qu'on tire de la chataigne avant que de la cuire(c).LEs difficultés de la langue étant un des plus grands obſtacles qui arrè-tent le progrès des Miſſionnaires, lAuteur comprit que cette étude devoitfaire ſon premier ſoin. On parle à-peu-près la même langue, dans lesRoyaumes du Tonquin, de Caubar,& de la Cochinchine. Elle eſt enten-due auſſi dans trois autres Pays voiſins: mais elle eſt entieérement différentede la Chinoiſe. On la prendroit, ſur-tout dans la bouche des femmes, pourun gazouillement d'oiſeaux. Tous les mots ſont monoſyllabes,& leur ſigni-fication ne ſe diſtingue que par les divers tons qu'on leur donne en les pro-nongant. Une méme fyllabe, telle par exemple que Dal, peut ſignifiervingt-trois choſes tout-à-fait différentes. Le zéele de 1'Auteur lui fit mépri-ſer ces obſtacles. Il apporta autant d'application à cette entrepriſe qu'il enavoit donné autrefois à la Théologie;& dans l'eſpace de quatre mois, il ſerendit capable de précher en langue de la Cochinchine. Mais il avoue qu'ilen eut Fobligation au ſecours d'un petit gargon du Pays, qui lui apprit, entrois ſemaines, les divers tons de cette langue,& la manire de prononcertous les mots. Ce qu’il y eut d'admirable,& ce qui mérite d'être propoſéen exemple, c'eſt qu'ils ignoroient la langue l'un de l'autre. Le Pêre deRhodes étoit ſurpris de trouver, dans cet Enfant, une pénétration& une mé-aoire admirables. On le fit ſervir, dans la ſuite, de Catechiſte aux autresMiſſionnaires;& par affection pour ſon Ecolier, il ſe fit honneur de pren-dre ſon nom(d).

DEꝶ Rhodes, apréès ſon retour en Europe, fit imprimer à Rome, un Dic-tionnaire Cochinchinois, Latin& Portugais, avec une Grammaire,& unCatechiſme qui contient la méthode que les Miſfſionnaires employent pourfaire goũter aux Payens les Myſtéres du Chriſtianiſme(e).

LEs fucces de Evangile, pendant dix-huit mois que P'Auteur exergaſon zéle à la Cochinchine, appartiennent moins à''Hiſtoire des Voyagesqu'à celle de 1 Egliſe Chrétienne. II y avoit vü croftre le nombre dées Fi-deles, lorſque le Pére Baldinoti fut envoyé de Macao, dans un Royaumedont les Jéſuites ne s'étoient point encore ouvert Pentrée, parceque tousleurs efforts s'étoient tournés vers le Jjapon. C'etoit le Tonquin, où les Por-tugais méme n'avoient porté que depuis peu leur Commerce. Baldinoti,qui mavoit aucune connoiſſance de la langue, reconnut bien-tõt qu'il n'avoit

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Tlenles Contrées des Indes, qu'l eſt étonnant, plus que des choſes extraordinaires. R. d. E.que Mr. Prevoſt ne ſe ſoit pas ſouvenu du(c) Pag. 66.Faca, aprés en avoir déja fait tant de fois(4) C'eſt l'Ecolier qui prit le nom duà P.la deſcription(1). Mais il paroit ſi frap- de Rhodes. R. d. E.pe du merveilleux qui règne dans la Rela-(e) Pag. 74& précédentes.

tion du Pére de Rhodes, quw'il n'y cherche

.(r) Voyez entr'autres Tome VIII. pag. 351. Tome X. pag, 184. de nötre Edition; ci-deſſus, pag. 15 7.&ci-deſſous, dans la Deſcription du Tonquin. On la retrouve encore, arec une Figure, dans le Volume Xl.Pag. 151. de PEdition de Paris, qui nous reſfte à donner.

RHopns.

1 624.

Langue dela Cochinchi-ne,& com-ment l'Auteurl'apprend.

& Grammairede cette lan-L'Auteurpaſſe au Ton--

quin.