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Tome onzième.
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398
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DescarrroNb ToxouiN.BAhoN.

1685.

Couronne-ment de'Empereur.

Succeſſionau trône.

Cérèmoniesempruntéesde la Chine.

398 VvOYAGES DANE 1L. E

plus beau laque. La première Cour offre les Ecuries des meilleurs che-vaux& des plus gros cléphans. Derrière le Palais, on trouve des Jardins,ornés d'allées, de boſquets, d'étangs,& de tout ce qui peut ſervir à ra-muſement d'un Prince, qui s'Cloigne rarement de ſa demeure. Taverniers'Gpuiſe dans la deſcription des Fêtes qui ſe font au Couronnement deEmpereur(v). Mais l'Auteur les traite de fables, qui n'ont pas mêmede fondement.- Les ſeules cérémonies qui font alors en uſage, conſiſtentdans un grand nombre de préſens qu'on apporte à la Cour,& dans les ſa-lutations Chinoiſes, auxquelles les Tonquiniens donnent le nom de Sombey.IIs célébrent Fanniverſaire de la naiſfance de ce Monarque avec plus demagnificence,& l'Auteur en donne une raiſon fort ſimple: c’eſt que ledeuil, pour ſon Prédeceſſeur, s'obſervant avec beaucoup de rigueur, ilsremettent à la Fête annuelle toutes les marques de joye qu'ils n'ont pu fai-re éclater au Couronnement. Mais pour expliquer avee un peu d'indulgen-ce tant d'erreurs qu'il ne ceſſe pas de reprocher à Tavernier„ il ajoqte quece Voyageur, confondant les Pays& les Cours, applique ici au Tonquince qui appartient réellement au Royaume de Siam(*).

A F'égard de la Succeſſion au tréne, rEmpereur méême ignore ſouventlequel de ſes fils doit lui ſuccéder, lorſqu'il en a plus d'un;& s'il m'en aqu'un, il nieſt pas plus certain de lui laiſfer ſa Couronne, parceque cettediſpoſition dépend du Chova, qui n'étant borné par luſage qu'à fairerégner un Prince du ſang impérial, favoriſe celui qui convient le mieux àſes deſſeins.

LE Tonquin a diverſes cérémonies, empruntées de la Chine, qui don-nent à l'Empereur les ſeules occaſions qu'il ait de ſe montrer au Peu-ple. Telle eſt celle de la bénédiction des terres, que le Prince ſolem-niſe après beaucoup de jennes& de prièéres,& dans laquelle il labou-re la terre comme Empereur de la Chine, pour mettre l'agricultureen honneur. Cette Féte ſe nomme le Can- Jja. Celle qui ſe nomme Thec-by-da,& dont le but eſt de purger les Etats du Tonquin de tous les eſ-prits dangereux, ne ſe célebre pas avec moins de pompe& de formali-té. Mais comme toute la Milice eſt en droit d'y afſiſter, la critique duChova Fa retranchée du nombre de celles que Empereur honore de ſapréſence, dans la crainte que ce Prince ne prenne un jour occaſion de

quelque mécontentement des Troupes, pour rétablir l'ancienne autoritéde ſa famille(„).

(v) Le treizième chapitre de ce Voyageur cinquante millions d'écus. Cette ſomme,n'eſt, ſuivant les termes de Baron, qu'une dit- il, ſurpaſſe toutes les richeſſes du Royau-ſeule erreur, ſans aucun mélange de vérite. me. Pag. 29,.

II le ratlle ſur- tout de falre dépenſer à l'Em-(x) Pag. 30. II reléve quantité d'autrespereur, pour ce ſeul jour, un million de Pa. fautes.ues d'or, qui montent en argent à cent.(y) Pag. 32.

g VI.