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Tome douzième.
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Succès decette pieuſeruſe.

Commenton monte ſurles éléphans.

Autre ma-nière de mon-ter.

32 VvOYAGES DANS LE

ples pour les Bramines, qui ſont leurs Prêtres ou leurs Religieux, jugeaqu'en prenant Phabit Bramine,& vivant à leur maniere, il pourroit s'atti-rer la confiance de toute la Nation. Il communiqua ce projet à ſes Supé-rieurs, qui le propoſerent au Saint Siege. On l'examina au Tribunal de lapropagation de la Foi;„& ſur Pexpoſition que vhabit particulier des Brami-„ nes n'Etoit pas une marque de Religion, mais d' une nobleſſe& d'une„ qualité diſtinguée, on permit au Supérieur du Maduré,& à quelques au-„ tres Jéſuites du même ſentiment, d'éprouver ce moyen pour la conver-„ ſion d'un grand Pays. IIs prirent aufſi-tét la marque des Bramines,&„ commencèrent à mener la même vie“: c'eſt-à-dire, qu'on vit ces hom-mnes Apoſtoliques, la téte& les pieds nuds, marcher ſur le ſable brulant,expoſeés fans ceſſe aux plus grandes ardeurs du Soleil, parceque les Braminesne portent point de chauſſure& ne ſe couvrent jamais la téte; ne vivre qued'herbes,& paſſer trois ou quatre jours ſans nourriture, ſous un arbre, oudans un chemin public, attendant que quelque Indien, touché de gette é-trange auſtérité, vint les écouter. IIs ont converti, par cette voye, plusde ſoixante mille Indiens(!).

Ox m'a point oublié que le jour même de Paudience, le Roi devoit fai-re voir à Ambaſſadeur un combat d'éléphans. II avoit donné ordre qu'onen préparaât ſix, pour les ſix Jéſuites, qu'il vouloit voir préſens à ce ſpecta-cle. Le Seigneur Conſtancé leur donna un Mandarin pour les conduire.IIs trouvéerent, en fortant du Palais, ſix éléphans avec leurs chaiſes dorées& des couffins fort propres. Chacun s'ctant approché du ſien, I Auteur dé-crit la maniere dont on les y fit monter. Le Paſteur, c-'eſt le nom qu'ondonne à l'homme qui eſt fúr le cou de Féléphant pour le gouverner, fitmettre Panimal à genoux,& le fit enſuite coucher à demi ſur le côté; de-

ſorte qu'on pouvoit poſer le pied ſur une des jambes de devant qu’'il avan-

coit,& de-la fur ſon ventre:le temspeut aufſicommodité des Etrangers,

de quelque qualité qu'ils ſoyent,cou& les conduiſent eux- mêmes.

après quoi ſe redreſſant un peu, il donnoitde s'affeoir commodément dans la chaiſe qu'il porte ſur le dos. Onſe ſervir d'échelles, pour ſe mettre à ſa hauteur.

C'eſt pour la

ui ne ſont pas accoutumés à cette monture„.„. 2qu'on met des chaiſes ſur le dos de ces animaux.

Les Naturels du Pays,

à Pexception du Roi, montent ſur leCependant, lorſqu'ils vont à la guerre

ou à la chaſſe, ils ont deux Paſteurs, l'un ſur le dos,'autre ſfur la croupede Peléphant;& le Mandarin eſt au milieu du dos, armé d'une lance ou„ 2

d'une eſpèce de javelot.

(1) Pag. 212& ſuiv. Le Pére Tachardn'auroit- il point prêté au Seigneur Conſtan-ce, des idées qui étoient fi fort exaltées par lesMiſssionnaires de ſa Compagnie? Ce qu'ildit ailleurs des motifs qui retenoient le Roide Siam dans ſa Religion, pag. 262, ſembledu moins trop ſubtil pour un Prince Indien.Quoiqu'il en ſoit, il s'en faut de beaucoupque ces innovations dans le Maduré ayent

L' Auteur remarqua, dans une chaſſe, que le Roi,qui étoit fur ſon eléphant dans une eſpece de trône, ſe

leva fur ſes piedsiorſque

été approuvées à Rome. La mémoire desdifférends qui en ſont reſultés entre les Jé-ſuites& les Capucins Miſſionnaires, eſt en-core récente. On ſouhaiteroit que Mr. Pre-voſt n'eut point voulu toucher une corde ſidélicate; mais on ne peut ſe diſpenſer de ren-voyer le Lecteur àl'Ouvrage du Père Norbert,pour s'inſtruire à fond du Bour& du Contre decette bruyante& ſcandaleuſe Cauſe. R. d. E.